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08/03/2018 09:00 EST | Actualisé 08/03/2018 09:40 EST

8 mars 2018: de l’indignation à l’action!

Que cette journée internationale des femmes nous rapproche davantage de l’égalité et de la prospérité, pour toutes les femmes, dans toutes les sphères de notre société.    

Getty Images/iStockphoto

Difficile d'aborder la Journée internationale des femmes sans repenser à l'actualité des derniers mois en ce qui concerne les relations hommes-femmes. La vague de dénonciations de différentes formes de violence sexuelle, particulièrement en milieu de travail, m'a secouée, comme elle a touché des millions de personnes dans le monde.

Si vous ne l'avez pas encore fait, abordez la question franchement avec les femmes qui vous sont chères. Vous découvrirez qu'elles ont pratiquement toutes une histoire à raconter. Souvent sans conséquence, parfois touchante, mais la plupart du temps malaisante. L'une parlera d'un patron un peu trop entreprenant, l'autre se souviendra de son embarras face aux « jokes de mononcle » de ses collègues. Et si vous êtes particulièrement proche de l'une d'entre elles, dans un moment de délicate confidence, elle vous dévoilera peut-être une agression qu'elle garde enfouie depuis des années.

La parole comme moteur de changement

Les confidences et les dénonciations nous font passer à travers une vaste gamme d'émotions : indignation, frustration, impuissance, empathie, tristesse. Puis on se dit : « il faut que ça serve à quelque chose de positif; que ça devienne un puissant moteur pour changer une culture d'abus de pouvoir, de domination, qui n'a aucune raison d'être! » Parce que le courage de ces femmes nous a permis de prendre conscience de la gravité et de l'impact de ces comportements dans nos milieux de travail. Grâce à ces femmes courageuses, on voit que la réflexion et le dialogue sont lancés. On pense notamment au mouvement « Time's Up », aux États-Unis et à la déclaration « Et Maintenant », qui vise à éveiller les femmes et les hommes pour une véritable égalité entre les genres.

Parce que le courage de ces femmes nous a permis de prendre conscience de la gravité et de l'impact de ces comportements dans nos milieux de travail.

Pour passer de l'indignation à l'action

Et mon souhait pour l'avenir, en ce 8 mars 2018 : passer de la parole aux actes, de l'indignation à l'action! J'invite chacun et chacune d'entre nous, au-delà de la prise de conscience, à réfléchir sur ce que nous pouvons faire pour que nos milieux de travail soient plus respectueux. Quelles actions peut-on entreprendre, quels gestes peut-on poser au quotidien pour rendre notre environnement de travail plus sain, plus humain, plus harmonieux et donc plus productif?

Éliminons l'environnement de travail toxique

Oui... oui... plus productif! Car soyons réalistes, le climat de travail a un impact majeur sur la productivité de nos entreprises, sur la capacité d'innovation et de créativité. Difficile de donner le meilleur de soi dans un environnement de travail toxique. Et les femmes peuvent et doivent y jouer un rôle important. Non pas en assumant seule toute la responsabilité, ce serait une erreur, mais bien en assurant un leadership exemplaire dans l'amélioration des conditions de travail.

Pour une société plus humaine et plus prospère

Plus largement, les femmes doivent également prendre leur place et participer activement à la transformation sociale, économique et juridique enclenchée par les dénonciations de l'automne dernier. Par solidarité, parce que les victimes sont majoritairement des femmes, mais aussi pour vivre dans une société plus humaine, plus respectueuse, plus prospère et surtout plus égalitaire. C'est au quotidien que je vois toute l'importance de la parité, de l'équité et de l'égalité.

Équité en affaires

Oeuvrant plus spécifiquement dans le monde des affaires, je vois tout le progrès réalisé au fil des ans et je suis fière de ces avancées des femmes sur le marché du travail. Au-delà de la bonne volonté, les gouvernements prennent des mesures un peu plus contraignantes :

  • Le gouvernement du Québec a modifié la Loi sur la gouvernance des sociétés d'État pour assurer un nombre égal d'hommes et de femmes au sein de ces CA;
  • Le budget fédéral est soumis à une analyse comparative entre les sexes (qui permet d'établir de quelles façons les mesures touchent les femmes et les hommes différemment);
  • Le fédéral augmentera à 15% la part des marchés publics fédéraux à des PME dirigées par des femmes.

Cette dernière mesure concrète qui peut avoir beaucoup d'impact, étant donné que le gouvernement fédéral est le plus gros acheteur de biens et de services au Canada. Au RFAQ, ça fait plus de 7 ans que l'on parle de l'importance de cet enjeu. C'est donc un grand pas pour nous! Ce que j'espère maintenant, c'est que ce geste d'importance permette d'influencer d'autres gouvernements et aussi des grandes entreprises. Bref, que ce soit le début d'un changement de pratiques d'affaires qui permette aux femmes de prendre leur juste place comme fournisseurs de biens et de services dans le monde des affaires.

L'égalité pour atteindre la prospérité

Je termine en vous disant que l'égalité entre les sexes passe notamment par la prospérité économique des femmes. Et cette égalité n'est possible que dans le respect des uns envers les autres. Au fur et à mesure que les changements s'amorcent, que la sensibilisation prend de l'ampleur, soyons fiers (femmes ET hommes) des progrès réalisés et restons à l'affût des défis complexes qu'il reste à relever. Que cette journée internationale des femmes nous rapproche davantage de l'égalité et de la prospérité, pour toutes les femmes, dans toutes les sphères de notre société.

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