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06/01/2018 08:00 EST | Actualisé 06/01/2018 10:25 EST

Les maudites résolutions

Endettés, épuisés et les ventres distendus par toute la bouffe grasse ingérée, on trouve que c’est le moment idéal pour prendre de nouvelles résolutions.

Cecilie_Arcurs via Getty Images

La fin du temps des fêtes. Ce moment de l'année où les festivités retombent. On émerge lentement d'une période intense qui a chamboulé nos balises habituelles. On tente encore le déni concernant le retour au travail et la reprise de la petite routine. Encore un peu zombies, on entre dans la nouvelle année. Et qui dit nouvelle année, dit nouveau départ.

Là, y'a comme une pression de profiter de cette possibilité de renouveau qui s'offre à nous périodiquement. Endettés, épuisés et les ventres distendus par toute la bouffe grasse ingérée, on trouve que c'est le moment idéal pour prendre de nouvelles résolutions.

Lendemain de veille du temps des fêtes, en plein hiver, dans le frette intense et le manque de lumière. Ben oui. Pas les meilleures conditions, mettons. Mais on y croit. C' est le début d'un temps nouveau!, on a l'impression qu'on peut refaire sa vie. Le coup de pied au cul, là, on va se le donner solide. On va finalement faire tout ce qu'on sait qu'on doit faire depuis longtemps et qu'on ne fait jamais. Mais là, on va le faire. Parce que c'est le début d'une nouvelle année et qu'on va partir ça du bon pied. Tsé.

Faque, on s'engage, on fonce, on plonge dans les résolutions. Pis pas n'importe quoi là.

On se lance de la poudre aux yeux.

Arrêter de fumer ou de boire, se remettre en forme, partir un compte épargne et épargner pour vrai... Des grosses décisions de même. Des affaires de long terme qui exigent un engagement ferme et continu. Encore sur le high du changement d'année (ou celui de la surdose de bûche), on se croit. On se lance de la poudre aux yeux. On se fait nous-mêmes des accroires en se projetant dans un futur parallèle dans lequel on est beaucoup plus motivés et disciplinés.

Un beau déploiement collectif d'une naïveté débordante. Parce qu'on le sait qu'en vrai, on ne les tiendra pas.

On le sait tellement que bien des compagnies basent une bonne part de leur chiffre d'affaires là-dessus. D'autres en font une stratégie de vente et l'exploitent au niveau marketing. C'est un gros running gag sociétal, les résolutions non tenues. Ça en est ridicule. Ça ne nous empêche pas d'y croire pareil.

Honnêtement, je n'ai jamais réussi à tenir une résolution. Partiellement peut-être, mais complètement non. Le problème, c'est que je suis une personne de principes et que je suis dure avec moi-même. Moi, quand je dis quelque chose, je le fais. Je ne fais pas de promesse si je sais que je ne pourrai pas les tenir.

Je ne fais pas de promesse si je sais que je ne pourrai pas les tenir.

Sinon, ya un petit goût amer de déception qui me remonte en bouche. Un sentiment de culpabilité qui cohabite dans ma tête. Un ressenti d'échec pas agréable qui plane et qui m'envahit. Un nuage de négatif complètement inutile qui alimente mon anxiété. J'ai donc décidé il y a plusieurs années d'arrêter de me faire subir ça. D'arrêter de me stresser moi-même avec des résolutions exigeantes que je ne tiendrai pas. Moi, les engagements à long terme, je suis mieux de ne pas me mettre de pression avec ça.

Alors quand mon ventre sera dégonflé et mon portefeuille rééquilibré, je ferai comme d'habitude : j'avancerai un coup de pied au cul à la fois entre deux périodes de déni.

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