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20/11/2013 12:30 EST | Actualisé 19/01/2014 05:12 EST

Le nouveau maire de Montréal et les partis politiques

Le nouveau maire élu de Montréal, Denis Coderre, répète à qui veut l'entendre que «le conseil municipal de Montréal est une administration et non un gouvernement» et que «les partis politiques ne devraient pas exister».

L'apport de la cohérence et de la profondeur d'un parti politique comme Projet Montréal est très important dans les débats à l'Hôtel de Ville. D'abord pour surveiller l'administration en place (puisqu'il forme l'opposition), mais aussi pour apporter des pistes de solution aux différents problèmes existants à la ville et amener l'administration à travailler pour le bien commun des Montréalais. Malgré «le grand souhait» du nouveau maire Denis Coderre lors de son assermentation, qu'on se le tienne pour dit, les partis municipaux ne sont pas morts, du moins certainement pas Projet Montréal.

Au cours de la dernière année qui a précédé cette élection, Projet Montréal a démontré qu'il était capable d'être un parti d'opposition à la fois cohérent et responsable. Un parti cohérent dans le sens qu'il est un parti avec une vision, des projets, un programme de développement durable pour notre ville, tout ça grâce à l'implication de centaines de membres dans ses instances démocratiques. Un parti également responsable, puisque Projet Montréal a joué un rôle constructif tout au long du dernier mandat, acceptant de participer au Comité exécutif (CE), collaborant avec l'administration quand l'intérêt des Montréalais était mis de l'avant. Et dans la très vaste majorité du temps, il y a eu cette collaboration.

D'un autre côté, bien qu'il tienne un discours sur l'importance de «travailler ensemble», Denis Coderre tente de ridiculiser l'opposition officielle et sa vingtaine de conseillers en les cantonnant dans le rôle de la « méchante opposition ». Le début ce lundi des nominations au Comité exécutif ainsi qu'au conseil de l'agglomération en est un bon exemple. Denis Coderre n'a jamais essayé d'intégrer ne serait-ce qu'un seul élément de Projet Montréal au sein du CE. Pourtant, il existe un certain consensus chez ceux qui analysent la scène municipale pour dire que plusieurs conseillers de Projet Montréal pourraient contribuer positivement à l'administration montréalaise.

Cela donne l'impression que Denis Coderre tente d'importer les vieilles façons de faire de la politique qu'il a connues à Ottawa. Or, le conseil de ville de Montréal, après la démission forcée de Gérald Tremblay (novembre 2012), a fait l'expérience positive du travail de collaboration entre les différentes forces en présence. Comme formation politique, nous avons su évoluer dans un esprit de collégialité pour faire marcher la Ville tout en gardant notre cohérence et notre vision de ce qu'on veut faire de Montréal.

Mais le nouveau maire ne souhaite pas ce type de travail. Malgré son faible score de 32% et sa minorité de 27 conseillers, il a préféré neutraliser des membres de la Coalition Marcel-Côté (tels que les Copeman, Ménard et Lefèbvre), ainsi que quelques indépendants, afin de s'assurer une majorité au conseil et de pouvoir agir à l'image d'un parti majoritaire au parlement canadien, campant donc Projet Montréal dans le rôle de son seul adversaire.

Projet Montréal, par la force de son nombre de conseillers élus à l'Hôtel de Ville (une vingtaine de conseillers, en plus de huit autres conseillers d'arrondissement), et par sa vie démocratique garantie par des centaines de militants investis pour un meilleur Montréal, un Montréal durable, Projet Montréal est de loin la plus grande force cohérente au niveau municipal, si ce n'est la seule !

Les partis qui se mettent sur pied que le temps d'une campagne pour aller chercher du financement ne survivront probablement pas très longtemps. Mais quand on parle d'un vrai parti avec une vie démocratique, des militants, un programme conçu et décidé par eux et elles... c'est pour durer ! Projet Montréal est là pour rester, et ses centaines de militants continueront d'être là jusqu'en 2017 pour parler de la ville que nous souhaitons. C'est une bonne chose pour la démocratie, pour une clarification des enjeux, pour l'implication d'un plus grand nombre de citoyens à la vie démocratique.

En refusant le bien fondé de la présence d'un parti politique au municipal, le nouveau maire démontre qu'il connait mal les enjeux qui touchent une «administration» municipale. Beaucoup plus que les nids de poule à réparer, le déneigement, les poubelles à ramasser... les villes de la dimension de Montréal sont de plus en plus interpelées en matière de pauvreté, d'environnement, d'aménagement, de transport en commun. Les grands enjeux du 21e siècle passeront de plus en plus par les villes. De là l'importance d'avoir des partis politiques qui sont capables de réfléchir et de proposer des solutions de notre temps, c'est-à-dire qui répondent aux défis du développement durable.

Nous cantonner dans un seul rôle d'opposition comme le souhaite faire le nouveau maire est une autre preuve de sa méconnaissance de la joute qui se fait en conseil municipal. Souhaitons qu'il se ravise, pour le meilleur de Montréal...

> De l'importance des partis politiques au municipal, selon Jean-Paul L'allier, Michel Venne et Laurence Bherer.

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