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26/06/2018 16:05 EDT | Actualisé 26/06/2018 16:05 EDT

«Découvrez les sujets qui sont une priorité pour la société québécoise!» Vraiment?

Dans la réalité, tout au long des dernières années un débat social s'est engagé autour de la priorité à donner à l'éducation.

Getty Images/iStockphoto

Voilà, comment le Baromètre CIRANO présente sa dernière étude. J'avais bien hâte de voir où se situait l'éducation. À ma grande surprise dans le résumé de La Presse, la santé et l'économie sont présentées comme les enjeux qui préoccupent le plus les Québécois, sans aucune mention sur l'éducation. Le Journal de Montréal souligne que «l'éducation ne préoccupe pas non plus outre mesure les Québécois alors que seuls 28 % des répondants ont dit s'inquiéter de l'accès à l'éducation». Le Devoir mentionnait que «les enjeux liés à l'éducation – le décrochage scolaire ou encore l'accès à l'éducation universitaire (frais de scolarité) - ont glissé respectivement au 24e et 34e rang des priorités de l'heure des Québécois». La conclusion qui semble se dégager et qui est reprise en chœur par les différents médias, c'est que l'éducation ne serait pas une priorité pour la société québécoise. Incroyable!

Selon cette étude, les infrastructures routières seraient plus importantes que les infrastructures scolaires? Rien pour diminuer le cynisme de la population. Je n'y crois pas!

Dans la réalité, tout au long des dernières années un débat social s'est engagé autour de la priorité à donner à l'éducation. Un consensus social juge que l'éducation est un investissement et non une dépense; la population refuse que les écoles ferment pour cause de moisissures ; les inégalités de notre système d'éducation sont dénoncées de toute part ; le financement de l'école privée est remis à l'ordre du jour ; l'intégration des élèves en difficulté sans les services nécessaires n'est plus acceptée ; la valorisation de la profession enseignante devient une nécessité ; la surpopulation dans les écoles est devenue un enjeu majeur. Même le Conseil du patronat du Québec souligne dans sa plateforme économique 2018-2021 que «le contexte actuel invite à refaire de l'éducation une priorité nationale». Le Baromètre CIRANO ne semble pas être sur la même planète!

Rien de mieux que la période électorale pour en discuter. C'est un moment privilégié pour discuter des grandes orientations que doit prendre l'éducation. Ce n'est pas le temps de minimiser ce débat par une pseudo étude et de le reléguer aux oubliettes comme souvent ce fut le cas. Les Québécois ont compris que l'éducation c'est notre avenir à tous et le ciment de notre cohésion sociale. La population a besoin de savoir ce que les politiciens apportent comme solutions à notre système d'éducation.

Prenons comme exemple le projet du parti libéral d'investir plus de 1,2 milliard dans des outils numériques. C'est cinq fois plus que les fameux tableaux blancs, dans le même laps de temps, qui ont été implantés dans la plus complète anarchie. Déjà des dizaines de millions sont dépensés en pleine improvisation, à toute vapeur avant la fin de l'année, sans vision d'ensemble. Quelle place doit vraiment occuper le numérique dans l'éducation de nos jeunes?

L'effet collatéral de cette étude est de marginaliser le débat sur l'éducation en laissant croire que ce n'est pas une priorité, alors que la réalité est toute autre. Les études ou les sondages ne doivent pas nous dire quoi penser! Ah, les Québécois et les Québécoises pensent ceci ou pensent cela. Poser la bonne question apporte une réponse bien différente.