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18/12/2018 10:13 EST | Actualisé 18/12/2018 10:15 EST

Taxe scolaire: quand 1$+1$ ne donne pas toujours 2$

Ce sont des millions de dollars qui retourneront directement dans les poches des contribuables, qui seront tous tarifés de la même façon pour recevoir le même service.

Contrairement aux autres mesures plutôt ciblées annoncées jusqu’à présent, cette uniformisation de la taxe scolaire aura un impact sur presque tous les Québécois.
Vedrana Sucic / EyeEm via Getty Images
Contrairement aux autres mesures plutôt ciblées annoncées jusqu’à présent, cette uniformisation de la taxe scolaire aura un impact sur presque tous les Québécois.

L'un des thèmes les plus importants pour la Coalition avenir Québec lors de la dernière campagne électorale était de remettre plus d'argent dans les portefeuilles des Québécois. Bien que nous attendions encore de voir des mesures qui auront un impact significatif dans le portefeuille de l'ensemble des contribuables, et non quelques centaines de dollars remis par-ci, par-là à l'aide de crédits d'impôt ultraciblés, une mesure récente nous donne de l'espoir: leur volonté d'uniformisation de la taxe scolaire.

Quand on parle d'uniformisation de la taxe scolaire, c'est d'abord et avant tout une question d'équité. Les Québécois ont accès au même système d'éducation public, où qu'ils soient dans la province. Les tests gouvernementaux sont standardisés, les écoles ont un standard provincial à respecter et le programme doit être approuvé par le ministère. Les commissions scolaires sont simplement chargées de donner l'accès dans leur région à un service quasi uniformisé.

Alors que les services sont sensiblement les mêmes, les taux de taxe scolaire payés par les parents, eux, diffèrent grandement d'un bout à l'autre de la province.

Par exemple, une famille vivant à Laval paie 23 sous par 100$ de propriété, une famille de Montréal paie 18 sous par 100$, et une famille de Boisbriand ne paie que 10 sous par 100$. Un pont peut faire toute une différence lorsque vient le temps de payer son compte de taxe scolaire.

C'est le genre de disparité dans les modes de financement qu'on ne tolère pas ailleurs. Les Gaspésiens ne paient pas un taux différent pour avoir accès aux soins de santé, les CPE ne coûtent pas plus cher dans le fin-fond de la baie James et les propriétaires des Laurentides ne paient pas leur électricité plus cher que les Montréalais. Pourquoi notre lieu de résidence devrait-il avoir un impact sur notre taux à payer pour financer l'éducation, alors qu'il n'en est rien pour les autres services gouvernementaux que nous recevons?

Cette disparité entre les taxes régionales finit par coûter plusieurs centaines de dollars par année aux familles du Québec.

Selon les estimations de la CAQ, c'est 175 millions de dollars qui pourraient être remis dans les poches des contribuables dès l'an prochain, et plus de 700 millions de dollars à terme. Cet argent, les familles pourraient l'utiliser pour acheter des manuels scolaires, de la nourriture, mettre de l'essence dans la voiture. Il pourrait aider à diminuer la pression financière qu'elles vivent à la fin du mois.

Et contrairement aux autres mesures plutôt ciblées annoncées jusqu'à présent, cette uniformisation de la taxe scolaire aura un impact sur presque tous les Québécois. Qu'ils soient parents ou non, retraités ou non, cette baisse du fardeau fiscal se répercutera directement dans les portefeuilles de l'ensemble des propriétaires, et indirectement dans celui des locataires.

En faisant ainsi, la CAQ mettrait fin à l'une des iniquités majeures entre les différentes régions du Québec. Ce sont des millions de dollars qui retourneront directement dans les poches des contribuables, qui seront tous tarifés de la même façon pour recevoir le même service.

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