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06/10/2016 10:08 EDT | Actualisé 06/10/2016 10:08 EDT

Aux Québécois inquiets que Trump devienne président

Le président Trump? Juste de l'autre côté de la frontière... Imaginez!

Le président Trump? Juste de l'autre côté de la frontière... Imaginez!

En tant qu'ancien conseiller politique américain vivant maintenant à Montréal, on me demande souvent si une victoire de Donald Trump aux présidentielles est vraiment possible. Et les gens poursuivent en disant ; «mais il est tellement près d'Hillary dans les sondages!» ou encore: «il a gagné un point dans le tout dernier sondage!».

Au cours du mois septembre, il semble que l'équipe de Trump ait réussi à calmer le jeu après une période tumultueuse de gaffes suivant la convention républicaine. Il détient maintenant une avance d'un point sur Hillary Clinton, selon les derniers sondages de Reuters et Rasmussen, parus dans les derniers deux jours. Par contre, il est important de préciser qu'il ne s'agit que de deux sondages, et pour une élection présidentielle américaine, les sondages ne sont qu'une partie de l'équation.

Aucune raison de faire de l'insomnie, donc.

Un facteur important est à considérer si Donald Trump est en avance dans certains sondages ou le devient dans un avenir rapproché: le collège électoral. Un facteur que l'équipe Clinton a décidé d'exploiter tôt, depuis le tout début de la campagne, en se positionnant de façon stratégique dans chacun des 50 États, mais surtout en se concentrant sur certains États clés, en cherchant à gagner le support d'un certain nombre d'électeurs leur permettant de remporter l'élection. L'équipe Trump a pris du retard dans ce domaine en raison de ses périodes de conflits avec le comité national républicain.

D'abord, voici quelques informations importantes au sujet du collège électoral. Il est composé de 538 électeurs. Le nombre minimal d'électeurs requis pour être élu président est de 270, dans le cas où seulement deux candidats de deux partis différents participent au processus. Chaque État a droit à un nombre d'électeurs égal au nombre de membres de sa délégation au congrès; un pour chaque membre de la Chambre des Représentants, deux pour les sénateurs.

L'équipe Trump se voit en arrière dans certains États traditionnellement républicains comme la Floride, la Pennsylvanie et la Caroline du Nord.

En tenant compte de cela, la campagne de Mme Clinton a pris de l'avance dans plusieurs États traditionnellement républicains tels que la Pennsylvanie, la Caroline du Nord et la Floride, et maintenant il semble, selon Bloomberg, que l'équipe Trump devrait être inquiète de perdre l'appui des électeurs de l'État de la Virginie, qui lui sont normalement acquis. Les derniers sondages y montrent les démocrates et les républicains nez à nez, ou avec une légère avance républicaine.

Pendant ce temps, la campagne de M. Trump se concentre sur un plus petit nombre d'États pivots (swing states) qu'ils doivent absolument gagner, et cette stratégie inclut la Pennsylvanie, qui n'a pas vu de victoire républicaine depuis George H. W. Bush en 1988. L'équipe Trump se voit en arrière dans certains États traditionnellement républicains comme la Floride, la Pennsylvanie et la Caroline du Nord.

Au cours des six dernières élections présidentielles, les démocrates ont gagné de façon régulière et systématique un ensemble de 18 États, leur donnant à la base 242 voies du collège électoral avant même de prendre en ligne de compte les États pivots comptant le plus d'électeurs. La campagne de Donald Trump se retrouve donc sur la défensive dans une grande majorité de ces États pivots habituels et même dans certains États votant traditionnellement républicain, qui semblent pencher du côté démocrate lors des différentes élections cette année. Cela donne à la campagne de Mme Clinton une perspective offensive dans les mêmes États.

Les premiers débats entre les candidats présidentiels et les candidats vice-présidentiels ont servi à réaffirmer la position de la campagne d'Hillary dans les sondages.

La plupart des projections, incluant les moyennes des sondages de tous les États, montrent une victoire de Clinton contre Trump avec 322 votes contre 216, incluant tous les États pivots, selon realclearpolitics.com. Cela correspond à une victoire de l'ordre de 60% si les élections devaient avoir lieu aujourd'hui.

Avec l'exception d'une attaque terroriste en sol américain, je crois que cette course est en voie de devenir la plus grande victoire par le collège électoral depuis l'élection de 1992 qui avait vu George H.W. Bush perdre à 168 voix contre 370 pour Bill Clinton. Il nous reste exactement deux mois avant l'élection. C'est sur que c'est la course présidentielle de notre vie! Mais cet ancien conseiller politique américain vous rassure: il n'y a pas de raison de vous inquiéter.

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