LES BLOGUES
01/02/2018 09:00 EST | Actualisé 01/02/2018 09:00 EST

Ne soyez pas différent, soyez un biscuit

Soyez ce dont la société, les dirigeants et la classe dominante aimeraient que vous soyez.

MmeEmil via Getty Images

Avant de rentrer dans le vif du sujet de ce billet, je me dois de vous expliquer le titre. De fait, pourquoi est-ce que je parle de biscuit ? Cela remonte à bien des années. Alors que nous sommes en réunion d'équipe, notre cheffe nous demande d'agir et de prendre des décisions en lien avec des situations, et ce, tous de la même manière. Aucune dissidence, aucune objection ne doivent avoir lieu. À la sortie de la réunion, alors que notre cheffe nous demande si nous avons bien tout compris dans les directives, je signale notre compréhension en disant que nous serons de bons petits biscuits. Nous ne serons pas différents et nous rentrerons tous dans le même moule. Depuis ce jour, l'expression est restée : nous serons des biscuits.

Voilà, lecteurs et lectrices, l'explication de « sois un biscuit ». Revenons maintenant à l'article et le sujet en tant que tel.

Nous vivons dans un monde bipolaire, indécis et fait de contradictions. La majorité veut être différente en étant semblable. C'est peut-être même la triste réalité existentielle de chaque être humain. Alors, dans cette tension entre le même et le différent, nous tentons de trouver un juste milieu. Nous essayons de demeurer un être semblable aux autres, en préservant une partie d'inconnu et de fantaisie. Cela n'est cependant pas aisé. Car, de manière globale, nous devons tous penser grosso modo de la même manière, sous peine de nous faire abattre publiquement. Nous serons évincés des futures discussions, des réunions d'amis ou de collègues, des fêtes ou du réseau de proches. Oui, nous pouvons être différents, mais pas trop.

Oui, nous pouvons être différents, mais pas trop.

Regardez le traitement réservé à ces enfants surdoués. Ils ne peuvent suivre de cours en même temps que la moyenne des autres élèves. Étant surdoué, l'enfant s'ennuie et finit par ne plus aimer aller à l'école à cause d'un désintéressement grandissant. Aujourd'hui, il existe très peu de solutions pour ces enfants. Parfois, ils pourront sauter des classes. Souvent, ils devront rester dans la classe en fonction de son âge alors que son quotient intellectuel est largement au-dessus des autres élèves. À cela, nous devons ajouter le regard des autres parents, des élèves et des professeurs. Cet enfant est différent, il ne cadre pas avec les règles instaurées en classe comme dans l'école. Ces enfants surdoués sont laissés à eux-mêmes, en famille ou avec un professeur privé.

Ce n'est malheureusement pas le seul évènement.

Prenons le cas des personnes vivant un handicap. Elles font l'objet quotidiennement de diverses discriminations ou de moqueries. Elles ne disposent pas des mêmes services comme chacun en a le droit. Ces personnes doivent redoubler d'efforts, de persévérances afin d'avoir les mêmes droits. Elles doivent demander aux instances des adaptations. Combien de temps avons-nous dû attendre pour que les stations de métro s'adaptent et construisent des ascenseurs afin de donner accès aux métros de façons aisées aux personnes en mobilités réduites?

Une autre différence est la pensée. Si vous pensez différemment et voulez agir en conséquence, vous ne serez pas considéré comme un membre à part entière de la communauté sociétale. Vous serez regardé comme un clown, un vagabond, un extraterrestre ou encore un fou. L'êtes-vous ? Non. Les fous sont ceux qui se trouvent normaux. La normalité n'est le fruit que des classes dominantes voulant faire de nous des petits moutons ou, comme je l'ai dit plut tôt, des petits biscuits.

En conclusion, ne pensez pas comme vous le désirez, n'adoptez aucune posture contraire à la norme, n'ayez pas des vêtements extravagants, ne soyez pas d'une autre religion que celle du pays dans lequel vous êtes installés. Soyez comme tout le monde. Soyez ce dont la société, les dirigeants et la classe dominante aimeraient que vous soyez. Si vous ne correspondez pas à leurs visions, vous serez alors marginalisé et stigmatisé. Cette posture de montrer du doigt le différent, l'inconnu ou l'Autre engendre un sentiment de suspicion et un rapport d'intolérance. L'intolérance nait de la peur et de l'aversion envers celui ou celle qui ne pense pas, n'agit pas ou ne réagit pas comme nous aimerions qu'il le fasse.

L'intolérance nait de la peur et de l'aversion envers celui ou celle qui ne pense pas, n'agit pas ou ne réagit pas comme nous aimerions qu'il le fasse.

Si vous voulez être accepté coûte que coûte, soyez un beau et gentil biscuit.

Sinon, demeurez vous-même, et ce, peu importe les réactions. Aimez ce que vous voulez, acceptez ce que vous voulez accepter. Soyez l'être que vous désirez être et devenir.

Biscuit or not biscuit, c'est là, la question !

Galerie photoLes billets de blogue les plus lus sur le HuffPost Voyez les images