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29/12/2017 09:00 EST | Actualisé 29/12/2017 09:00 EST

L’aplatissement canadien face aux États-Unis

Chaque pays doit pouvoir prendre ses décisions en fonction de ses politiques nationales et ses visions du monde comme il devrait être.

Getty Images/iStockphoto

Ce 21 décembre 2017, une résolution de l'ONU (Organisation des Nations Unies) a condamné la position des Américains face au statut de la ville de Jérusalem. En effet, l'administration Trump avait décidé, quelques plus jours plus tôt, de reconnaître la ville de Jérusalem comme étant la capitale d'Israël. Sur les 193 pays présents autour de la table de l'Assemblée générale de l'ONU, seuls 128 pays ont décidé de condamner cette action des Américains. Parmi ces pays, nous retrouvons notamment la France et le Royaume-Uni. Mais qu'en est-il du Canada? Il fait partie des 35 pays ayant recouru à l'abstention. Notons que seuls 9 pays ont voté contre une condamnation des États-Unis.

L'un des éléments choquants de cet épisode de la vie diplomatique et politique est notamment la menace des Américains envers les autres pays. Il s'agit, de fait, d'une vraie intimidation en bonne et due forme de la part de Monsieur Trump et son administration. Celui-ci a explicitement déclaré qu'il prendrait note des pays votant contre sa décision afin de revoir les aides ou les relations économiques existantes. En résumé, si vous ne faites pas ce que Maître Trump décide alors vous subirez sa foudre colérique.

La neutralité comme stratégie. Est-ce une bonne chose ou non ? L'avenir nous le dira.

L'autre moment tragique est celui de la position adoptée par le Canada. En lieu et place de prendre ses responsabilités, de suivre ses lignes directrices et ses opinions, le Canada a décidé de s'abstenir pendant ce vote. La neutralité comme stratégie. Est-ce une bonne chose ou non ? L'avenir nous le dira.

Néanmoins, les déclarations des autorités canadiennes, à l'issue de ce vote, peuvent nous rendre perplexes et dubitatifs. En effet, le gouvernement canadien a déclaré qu'il espérait une issue pacifique au conflit israélo-palestinien. Mais peut-on envisager une sortie pacifique quand les États-Unis prennent une décision unilatérale de reconnaître Jérusalem comme la capitale d'Israël ? Non, j'en doute fortement.

Face à cela, le Canada aurait donc dû condamner la position des États-Unis en réitérant ses positions politiques. Certes, les États-Unis en auraient pris note, mais doit-on céder face aux chantages, aux menaces, aux intimidations, aux pressions des Américains ? La réponse est négative.

Dans ce cas, si le Canada avait voulu rester cohérent, il aurait dû condamner cette position américaine.

Chaque pays doit pouvoir prendre ses décisions en fonction de ses politiques nationales et ses visions du monde comme il devrait être. Dans ce cas, si le Canada avait voulu rester cohérent, il aurait dû condamner cette position américaine. Une position qui ne fait qu'envenimer les relations et engendrer de nouvelles tensions dans le conflit israélo-palestinien.

Mais, qui savons-nous ? Peut-être que les Américains ont des intérêts cachés dans ce conflit s'il demeure vivant ? Que cache cette décision des Américains ? Est-ce une simple lubie trumpienne ou un calcul économico-militaire ?

La seule chose que nous pouvons regretter, aujourd'hui, est le manque de courage et de cohérence de nos dirigeants canadiens dans cette situation. Une fois de plus, le gouvernement canadien montre des faiblesses et se montre incapable de faire face au géant américain. Une fois de plus, il y a eu un aplatissement canadien face aux menaces et aux propos de nos voisins américains. Quel dommage!

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