LES BLOGUES
11/02/2013 05:20 EST | Actualisé 13/04/2013 05:12 EDT

Cinq raisons d'appuyer Justin Trudeau à la chefferie du PLC

AP
In this June 19, 2012 photo, Liberal MP Justin Trudeau stands on the front lawn of Parliament Hill in Ottawa, Canada. Trudeau has told Montreal's La Presse that he will run for the leadership of the federal party. The next Liberal leader will be elected April 14, 2013, in Ottawa. (AP Photo/The Canadian Press, Sean Kilpatrick)

Alors que le Parti libéral du Canada offre une liste intéressante de candidats désireux de remplacer Bob Rae comme chef du parti, peu d'entre eux ont la tonicité nécessaire pour extirper les clés du 24 Sussex des mains de Stephen Harper.

En tant que francophone, il est difficile d'envisager des candidats qui ne peuvent pas communiquer efficacement avec 25% de l'électorat. (Même Stephen Harper a compris que la maitrise du français est une condition préalable pour l'ascension au pouvoir). C'est avec surprise qu'on apprend que la Britanno-Colombienne Joyce Murray s'exprime en français, et que son curriculum vitae est garni d'une vaste expérience en entreprise et en politique provinciale. Puisque l'immigrante africaine a dû autrefois s'acclimater à la vie au Canada, elle peut s'exprimer sur les luttes auxquelles font face les membres des communautés ethnoculturelles avec une sincérité toute particulière - parce qu'elle les a vécues.

L'étoile politique a vu sa lumière rabattue une fois arrivée à Ottawa en 2008. Sans doute un parti du Ol 'Boys Club n'a pas su ou pas voulu la placer dans un poste de haute visibilité. Que peut-on conclure à propos d'un entraîneur qui met un joyau comme Sidney Crosby sur la 3e ligne? Le tour du chapeau de Mme Murray, c'est qu'elle soit prête à sortir des sentiers battus, déterminée à remettre en question le statu quo et disposée à tenir un discours trempé de franchise. S'il y a un brin de bon sens dans les coulisses du PLC, Mme Murray viendra rehausser l'éclat du parti après la course à la direction dans un poste d'envergure. Si le but ultime du Parti libéral est de bâtir une équipe dynamique, Murray lance et compte!

Ceci étant dit, le candidat le plus prometteur pour déloger le Parti libéral de son statut 3e place demeure Justin Trudeau.

Non, ce n'est pas à cause de sa chevelure, ni dans l'espoir que le fils est une réincarnation du défunt père. En dépit de ce que prétendent les chroniqueurs, les enfants des immigrés ne suivent pas aveuglément le nom «Trudeau».

1. M. Trudeau mérite le siège du chef parce qu'il caractérise les valeurs libérales fondamentales dont le PLC s'est répudié depuis maintenant dix ans. Trudeau prône un parti qui fait plus que réciter des platitudes sur l'égalité, la justice et le respect de tous, peu importe leur origine ethnique. Un parti qui manifeste réellement ces valeurs dans toutes ses sphères d'activité. L'approche terre-à-terre de M. Trudeau convie l'électorat de la génération Y, en plus de renouer avec de nombreux partisans désabusés qui sont prêts, sous la bonne tutelle, à rentrer dans le giron libéral.

2. Le mouvement Idle No More a souligné la nécessité pour le gouvernement fédéral de recoudre la relation avec les autochtones. Lorsque la grève de la faim de la chef d'Attawapitskat a perduré, Mme Spence a reçu peu de visiteurs. M. Trudeau était l'un des rares qui ont eu la chance de la rencontrer. Au-delà des manifs, cela témoigne que certaines personnalités politiques sont mieux placées pour rouvrir les lignes de communication constructive avec les Premières nations. C'est le genre d'élément intangible que nul autre ne peut égaler.

3. L'âge de M. Trudeau a souvent été cité comme une lacune par des songe-creux. À remarquer que de nombreux baby-boomers aient commencé dans leur vingtaine et leur trentaine, alors que Trudeau le quadragénaire est dévalorisé pour sa verdeur. Peut-être que la surreprésentation d'un certain groupe d'âge (et d'un certain sexe) faisait partie du problème persistant des libéraux. M. Trudeau a l'âge parfait pour se maintenir pendant 3 cycles électoraux. L'heure est à la transmission du flambeau depuis les boomers à la prochaine vague de leaders.

4. M. Trudeau est aussi à l'aise dans un cocktail de Bay Street que dans un bal canado-haïtien. (Et il serait tout aussi à l'aise dans un ring de boxe. Qui sait si ça pourrait lui être utile un jour?). Les électeurs ethnoculturels forment une part importante de sa circonscription montréalaise, et c'est une population grandissante dans l'ensemble du pays. Le choix d'un chef capable de les comprendre et de les défendre face à l'establishment insensible est un atout essentiel. Un atout qui a fait cruellement défaut - surtout dans le climat des "votes pris pour acquis" par le PLC. Les conservateurs se sont fendus en quatre pour courtiser le vote ethnique. Puisque M. Trudeau a réussi à gagner la pluralité dont sa circonscription multiculturelle est dotée, il serait susceptible à étendre cette manœuvre dans le reste du pays.

5. M. Trudeau a une forte volonté de remettre en question le statu quo et d'examiner les enjeux sous un angle différent. En bref, il vole de ses propres ailes. Sa combinaison de dynamisme, de savoir-faire et de magnétisme professionnel peuvent séduire un large éventail de Canadiens. L'effet Justin Trudeau n'a point d'égal.

Il n'y a aucun doute que M. Trudeau est la personne exacte pour diriger non seulement le Parti libéral du Canada , mais aussi sortir le pays des pénombres de la Grande Noirceur. M. Trudeau est apte à amener l'électorat à se blottir dans les bras des valeurs libérales classiques qu'une majorité de citoyens épousent toujours.

Le style non-conventionnel de Justin Trudeau