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26/01/2017 03:27 EST | Actualisé 27/01/2018 00:12 EST

L'Axe anglo-saxon et le traité de libre-échange anglo-américain

Et voilà, c'est annoncé, Theresa May rencontrera le président Donald Trump cette semaine. Désespérée par son Brexit impossible et par la précarité de son poste de premier ministre, Theresa s'envole aussitôt vers le Donald qui lui promettrait un traité de libre-échange dans lequel les deux pays trouveraient leur compte.

Et voilà, c'est annoncé, Theresa May rencontrera le président Donald J Trump cette semaine. Désespérée par son Brexit impossible et par la précarité de son poste de premier ministre, Theresa s'envole aussitôt vers le Donald qui lui promettrait un traité de libre-échange dans lequel les deux pays trouveraient leur compte : un traité économique avantageux pour les États-Unis, mais qui sauverait politiquement la face pour les Brexiters. Dans la logique de cette espèce nostalgique de l'impérialisme britannique, il vaut mieux un mauvais traité de libre-échange anglo-saxon qu'une appartenance en tant que membre influent au plus grand marché du monde : l'Union européenne.

Et peu importe si elle a condamné fermement les propos sexistes de Trump lorsqu'il était annoncé comme le grand « loser » des élections présidentielles. Le pragmatisme anglais sera bien incarné par Theresa May dont l'ancien vilain collègue qui occupait le poste de ministre de la Justice sous le mandat de Cameron, « l'émasculé Brexiter » Michael Gove, lui avait préparé le terrain.

La prochaine venue précipitée du chef du gouvernement britannique à Washington pour quémander un traité économique est humiliante pour de nombreux Britanniques. Ils ne voient pas cette décision comme un coup de poker, mais plutôt comme un désastre annonçant la fin de l'adhésion de leur pays au continent européen, enlevant le droit à ses jeunes et à ses retraités de s'installer dans 31 autres pays du continent (UE, Espace économique européen et Suisse).

Le hard Brexit est en marche depuis qu'elle a prononcé son dernier discours à Lancaster House. Voulant imiter Margaret Thatcher, May a préféré ne pas annoncer sa politique européenne au Parlement. Mais contrairement à son prédécesseur, May n'est ni visionnaire ni réaliste. Et que disait-elle dans son discours ? Nous voulons le beurre et l'argent du beurre. Derrière toute la politesse anglaise et le ton et les gestes bien contrôlés et cordiaux, le message est que l'Europe devra signer un traité de libre-échange avantageux pour les Britanniques sinon, ils ne signeront rien.

Les Français y sont réduits en paysans, les Espagnols en pêcheurs et les Allemands en constructeurs d'autos. Aucune mention des Italiens, qui toutefois ont été qualifiés de vendeurs de Prosecco par son ministre des Affaires étrangères, l'inconstant Boris Johnson. Tout le mépris à l'égard des Européens est là et pour le souligner de manière enfantine, elle rappelle que le Royaume-Uni n'est plus au bout de la file d'attente, mais en tête de la queue. May serait donc la tête de la queue de Trump. Quelle belle image !

La politique de May est désolante, car à son insu, elle sert de pion à Donald Trump qui, à l'instar de Poutine, veut le démantèlement des institutions supranationales européennes, le ventre mou de l'Occident. Les deux hommes forts préféreraient un monde qui fonctionne de manière bilatérale entre de grands États-nations qui se partageraient leur zone d'influence. À l'heure où le président américain veut servir les intérêts de l'Amérique en premier, un traité de libre-échange avec le Royaume-Uni aurait pour vocation non pas d'aider la Grande-Bretagne, mais plutôt de détruire l'Union européenne en permettant au Royaume-Uni de sortir dignement et avec le moins possible de dommages économiques et financiers, ouvrant ainsi la boîte de Pandore.

Finalement, le Général de Gaulle avait raison dans son véto sur l'adhésion du Royaume-Uni au Marché Commun. L'Angleterre ne pouvait pas être européenne tant qu'elle était prête à sacrifier ses propres intérêts pour ceux des Américains.

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