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05/05/2016 10:49 EDT | Actualisé 06/05/2017 05:12 EDT

Notre télé, nos jeunes... Il est minuit moins 5... ans!

YouTube et Netflix occupent aujourd'hui une place centrale dans notre consommation culturelle.

Beaucoup parmi nous se souviendront avec nostalgie de ces grosses télés sur roulettes, phare de la modernité des années 70, que l'on roulait dans les classes d'écoles primaires pour voir tous les enfants s'asseoir au pied de cet outil de communications diffusant les Oraliens en noir et blanc! De retour à la maison, tout ce petit monde prenait la collation en écoutant Bobino et autres Boîte à surprises.

Aujourd'hui, force est d'admettre qu'il serait difficile d'imaginer nos jeunes se fixer un tel rendez-vous devant le téléviseur, alors que les tablettes et téléphones intelligents permettent de regarder ce qu'ils veulent, quand ils le veulent. Prenez un moment pour jeter un coup d'œil par-dessus l'épaule de votre jeune. Que regarde-t-il? Probablement la même chose que n'importe quel jeune en Amérique du Nord. Paw Patrol, mais pas Passe Partout...

Le système en péril

Nous sommes tous familiers avec le système de quotas, administré par le CRTC, qui a imposé une programmation de contenu d'ici à nos radios et à nos télés. Nous ne pouvons que constater aujourd'hui que ce système a fonctionné en enracinant culturellement et sur le plan éducatif plusieurs générations. Notre projet de société a permis de s'approprier notre juste part au cinéma, à la télé et à la radio, créant un star-système bien à nous, une identité vivante et des dizaines de milliers d'emplois; plus que la foresterie, les pêcheries et les mines réunies!

Mais les temps changent! Il faut reconnaître les défis de ce système face à la multiplication des offres à la demande et constater que YouTube et Netflix représentent déjà à eux seuls, plus de la moitié de la consommation sur Internet en début de soirée. Ces plateformes occupent aujourd'hui une place centrale dans notre consommation culturelle.

Minuit moins 5... ans

Si en 2011, après la descente aux enfers de l'industrie de la musique, on sentait le vent tourner en télévision, on peut dire que le consommateur lui n'a pas attendu pour adopter les nouvelles plateformes de diffusion: marginale en 2011, l'écoute télévisuelle sur tablette et appareils intelligents est devenue usuelle, voire privilégiée par le jeune public. Cinq ans plus tard, on ne peut que déplorer que nos législateurs n'aient strictement rien fait pour adapter nos politiques publiques à cette réalité. La ministre Joly a définitivement du pain sur la planche.

Il est désormais urgent de faire le point de manière sérieuse sur ce nouvel environnement, spécialement pour notre jeune public. L'Association québécoise des Producteurs Média tient son congrès cette semaine (AQPM) et célèbre son 50e anniversaire, il est de notre responsabilité collective de rattraper le temps perdu, s'assurer que nous ayons les moyens de raconter nos histoires. J'appelle nos travailleurs, producteurs et distributeurs, mais aussi les diffuseurs comme Netflix, Google ou Radio-Canada, à participer activement à la grande discussion. Nous avons tous le devoir moral de nous asseoir à la grande table de l'industrie conviée par la ministre pour veiller sur l'ancrage culturel de nos jeunes.

Le temps presse et si nous ne développons pas leur goût et leur intérêt pour des histoires de chez nous, nous les perdrons comme auditoire, possiblement pour toujours.

Il est minuit moins 5.

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