LES BLOGUES
24/07/2018 11:51 EDT | Actualisé 24/07/2018 12:14 EDT

Quelle est la signification d'un engagement civique?

Un engagement civique des citoyens est le point de départ dont tous les politiciens devraient tenir compte, afin de façonner le paysage politique de demain.

Steve Debenport via Getty Images

Comment peut-on faire une différence sur des enjeux publics et politiques? L'engagement civique des citoyens est le point de départ dont tous les politiciens devraient tenir compte, afin de façonner le paysage politique de demain.

Voyons deux définitions de ce qu'est un engagement civique, tout d'abord avec un extrait du livre Civic Responsibility and Higher Education (paru dans leNew York Times, traduit ici):

«L'engagement civique signifie travailler pour faire une différence dans la vie civique de nos communautés et développer la combinaison des connaissances, des compétences, des valeurs et de la motivation pour faire la différence. Cela signifie promouvoir la qualité de vie dans une communauté, à travers des processus politiques et non politiques.

Un individu moralement et civilement responsable se reconnaît comme membre d'un tissu social plus large et considère par conséquent que les problèmes sociaux sont au moins en partie les siens; un tel individu est disposé à voir les dimensions morales et civiques des problèmes, à formuler et à justifier des jugements moraux et civiques éclairés, et à agir le cas échéant.»

Pour le gouvernement du Québec, un engagement civique se résume à: «La participation citoyenne et l'engagement civique contribuent à intégrer les jeunes dans la collectivité tout en faisant bénéficier l'ensemble de la société d'un apport crucial pour l'avenir.»

Un engagement civique lié aux jeunes

Ceci étant dit, en consultant plusieurs autres pages de sites Internet, dont celles du parlement canadien, une grande proportion de la définition d'un engagement civique est intrinsèquement liée aux jeunes. Il est évident qu'une jeunesse qui s'intéresse aux enjeux sociaux et politiques ne peut que contribuer à l'essor d'une démocratie en santé.

Cependant, qu'en est-il des autres segments de la population pour qui un engagement civique est de façonner les enjeux au quotidien, de remettre en question l'immobilisme des instances publiques, afin justement de préparer l'avenir de cette jeunesse qui profitera des réformes qui seront mises en place?

Il est sain et juste de se demander quel est notre place dans cet engagement civique dont les gouvernements, et autres parties prenantes, nous incitent à prendre part.

Nous pouvons à un moment ou un autre, être outrés, révoltés et voir même désillusionnés des institutions politiques et des politiciens. D'autant plus que certains d'entre eux nous rendent cette tâche assez facile. Par contre, ne rien faire et se lamenter que le système est pourri et injuste, laisse inévitablement le champ libre à des mécréants d'agir à leur guise et gangréner un système qui leur accorde une tribune qui doit, en principe, servir les citoyens.

Comment combattre le statu quo et l'immobilisme lorsque tout semble être joué d'avance?

Il faut de la résilience, de la persévérance ainsi que de la ténacité. Mais surtout faire preuve de patience, ce qui n'est pas une mince tâche. Il faut laisser nos convictions nous guider et faire fi des commentaires et des opinions des autres. Avancer toujours avancer. Particulièrement aujourd'hui, lorsque le monde file à la vitesse grand V et que le changement, telle une illusion, ne peut pas se matérialiser en moins de 140 caractères.

Faire une différence prend du temps. Il y aura toujours des gens pour mettre des bâtons dans les roues, il y en aura toujours aussi pour qui leurs intérêts personnels ou pécuniaires passeront avant celui de faire progresser la société. Ainsi ceux et celles qui portent en eux un idéalisme et un désir sincère de renouveau peuvent y parvenir.

La Fondation Ford, une fondation privée basée à New York et dont le but est de faire progresser le bien-être humain, l'explique bien: «Les gouvernements ont le potentiel de remédier à l'inégalité ou de la renforcer. Si les gouvernements doivent faire partie de la solution plutôt que du problème, ils doivent servir le bien commun, ce qui signifie que les personnes qu'ils servent doivent tenir leurs dirigeants et leurs institutions responsables, les poussant à être réceptifs et à tenir leurs promesses. Les gens ne peuvent le faire que s'ils s'organisent ensemble et ont des voies d'action et sont engagés dans les décisions qui affectent leur vie.»

Ainsi, peu importe la cause endossée par votre engagement civique ou politique et peu importe la génération à laquelle vous appartenez, il n'est jamais trop tard pour s'investir. Certains ont intérêt à ce que les choses demeurent telles quelles et c'est à ce moment qu'il faut combattre leur inertie, car derrière chaque cynique se cache un idéaliste frustré.

À LIRE AUSSI:

» La rectitude... tueuse de démocratie

» Pas de paix mondiale sans investissement dans l'éducation

» Les dangers du «présentisme» en politique canadienne