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29/08/2018 12:43 EDT | Actualisé 29/08/2018 13:10 EDT

Gertrude Bourdon et les divas politiques

L'opportunisme politique est comparable à une forme de prostitution de l'esprit.

Nous avons été en mesure de constater l'arrivée dans cette campagne de la candidature de madame Gertrude Bourdon, qui s'ajoute comme prétendante à l'impudence publique.
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Nous avons été en mesure de constater l'arrivée dans cette campagne de la candidature de madame Gertrude Bourdon, qui s'ajoute comme prétendante à l'impudence publique.

Gertrude Bourdon et les divas

L'opportunisme politique est comparable à une forme de prostitution de l'esprit. Nous retrouvons de ces personnalités politiques qui croient tellement en leur ascendant professionnel, qu'ils ont des convictions et des valeurs politiques malléables au gré des propositions qui leur sont présentées. Ainsi, ces individus ont l'occasion de se donner en spectacle au point de s'élever au statut de diva.

De surcroît, ces pontifes de l'abnégation nous font part de quelques bijoux de citations comme celles de Dominique Anglade: «Il y a visiblement des élections avec trame de corruption avec le Parti libéral», a-t-elle déclaré lorsque celle-ci était présidente de la CAQ.

Une autre citation, du ministre de la Santé et des Services sociaux, Gaétan Barrette: «Le Parti libéral n'était pas une option pour moi, compte tenu de l'aura de corruption dans ce parti». Que dire de plus ? Avec ce type d'embourgeoisement politique, il est difficile de concevoir pour le citoyen que l'on veut son bien.

Laisser une trace dans l'histoire

Toutefois, il y a certains hommes et certaines femmes qui possèdent ce je-ne-sais-quoi, qui transmet une distincte impression qu'ils ou elles laisseront une trace indélébile dans l'histoire. Winston Churchill a changé de parti politique, non pas une fois, mais à deux occasions.

Plus près de nous, Lucien Bouchard est passé des progressistes-conservateurs pour former le Bloc québécois et finalement René Lévesque qui a quitté les libéraux pour fonder le Parti québécois.

Nous avons constaté l'arrivée dans cette campagne de la candidature de Gertrude Bourdon, qui s'ajoute comme prétendante à l'impudence publique.

Ceci étant dit, nous avons été en mesure de constater l'arrivée dans cette campagne de la candidature de madame Gertrude Bourdon qui s'ajoute comme prétendante à l'impudence publique. Lorsque le chef de cabinet de François Legault, Martin Koskinen, communique avec celle-ci pour lui signifier [...] que le chef caquiste, après bien des échanges, est prêt à lui garantir un poste de ministre de la Santé comme elle le veut, ainsi qu'un financement stable et prévisible au ministère, et donc à sceller l'accord pour annoncer sa candidature.

Et que par la suite par texto il ajoute: «Je crois sincèrement que nous avons l'occasion de marquer l'histoire» et qu'elle lui répond comme suit: «Je le crois aussi». De plus, lorsque vous clamez haut et fort que: «Si vous avez un peu à définir ma carrière, moi je me suis fait, ça toujours, on m'a amenée, on m'a servi, presque, mes postes sur un plateau d'argent».

Cela démontre en effet un opportunisme éhonté de la part d'une dame qui a sans aucun doute des qualités professionnelles hors pair, mais qui semble dépourvue de tout sens politique et d'un manque de cohérence quant à ses réelles valeurs politiques.

Un magasinage qui n'a rien de nouveau

Plusieurs analystes et journalistes ont expliqué que ce type de «magasinage» de la part de futurs candidats n'avait rien de nouveau et qu'il faut, semble-t-il, être de son temps. Étant donné que cette campagne électorale ne portera vraisemblablement pas sur un possible référendum, alors ceux-ci se sentent libérés d'une adhésion au parti le plus offrant. Il en va de même pour les électeurs.

Cependant, les électeurs ont, quant à eux, le privilège de magasiner leur vote, mais lorsque vient le temps pour un homme ou une femme de se joindre à une formation politique, il faut démontrer une certaine intégrité à l'égard de l'électorat.

Il est évident que dans l'environnement politique actuel, et particulièrement dans cette campagne-ci, les traits distinctifs que sont l'envergure, la personnalité charismatique et une vision audacieuse pour le Québec se feront encore attendre.

Ce genre de comportement de la part des candidats vedettes alimente bel et bien un ras-le-bol collectif.

Or, comment passer sous silence, une fois de plus, que ce type de comportement contribue au cynisme des citoyens à l'égard des politiciens? Car malgré toutes les analyses que nous fournissent les analystes et les journalistes, ce genre de comportement de la part des candidats vedettes alimente bel et bien un ras-le-bol collectif. Comme le mentionna Machiavel: «La politique n'a aucun rapport avec la morale».

Néanmoins, il est somme toute légitime de vouloir défendre la vocation de politicien. Toutefois, il ne faut pas que les divas politiques oublient que leur devoir moral est, d'abord et avant tout, d'être au service des citoyens.

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