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27/09/2018 06:00 EDT | Actualisé 31/05/2019 09:22 EDT

Au diable l'environnement!

Comment se fait-il que les enjeux environnementaux soient délaissés, malgré l'urgence de la situation?

David Mercado / Reuters
Nous nous retrouvons en 2018 devant des gouvernements et des politiciens qui repoussent le dossier des changements climatiques par crainte électoraliste.

Pierre Mc Nicoll

«Il y a deux problèmes pour la survie de notre espèce - la guerre nucléaire et la catastrophe environnementale - et nous nous précipitons vers eux. Sciemment», Noam Chomsky.

Il aura fallu une tornade dévastatrice à Gatineau pour rappeler aux chefs des partis politiques que l'environnement est un enjeu qui devrait être central dans cette campagne électorale. Mourir à petit feu semble être une devise cabalistique qui émane parfois de la bouche des politiciens et qui rôde derrière certaines politiques environnementales.

Comment se fait-il que les enjeux environnementaux soient délaissés, malgré l'urgence de la situation?

Comment se fait-il que les enjeux environnementaux soient délaissés, malgré l'urgence de la situation? Les gouvernements ne peuvent plus désormais détourner leur attention, car présentement nous tentons tout simplement de sauver les meubles. Par exemple, il est estimé que chaque minute, 80 à 120 tonnes de déchets finissent en mer; une grande partie de ces déchets sont des matières plastiques. De plus, le réchauffement climatique fait en sorte que nous vivons des périodes de canicules plus intenses et qui s'étalent sur des intervalles plus longs lors des saisons estivales.

Par conséquent, au-delà de ces quelques faits, la crise de l'environnement amène inévitablement les politiciens à faire face aux conséquences dont: la capacité des sociétés à s'adapter à un nouveau climat, à adapter leurs infrastructures, notamment médicales, mais aussi leurs bâtiments. Le réchauffement climatique aura aussi des conséquences sur la santé publique, la capacité alimentaire des pays... etc.

Faut-il rappeler qu'il y a des décès d'hommes et de femmes qui sont en lien avec le chamboulement climatique?

La revue The Lancet a publié à cet effet des données inquiétantes en 2017: 9 millions de morts prématurées en 2015 - soit 16% de l'ensemble des décès dans le monde. Trois fois plus de morts que le sida, la tuberculose et le paludisme réunis, et 15 fois plus que ceux causés par les guerres et toutes les autres formes de violence.

De surcroît, des scientifiques et des environnementalistes tentent par tous les moyens possibles et accessibles de conscientiser la classe politique et les communautés d'affaires qu'il y a un ennemi invisible qui cause des dommages irréversibles et que nous ne pouvons ignorer.

Par contre, nous avons des acteurs politiques qui sonnent l'alarme depuis quelque temps déjà, parmi ceux-ci nous retrouvons: Barack Obama, le 44e président américain, Al Gore, l'ancien vice-président américain, Ken Livingtson, l'ancien maire de Londres et Stéphane Dion, ancien ministre de l'Environnement dans le gouvernement de Paul Martin.

Voyons voir quelques initiatives que M. Obama a accomplies en tant que président et sénateur: établir la première politique océanique des États-Unis. Il a mis sur pied un plan pour sauver les abeilles et les pollinisateurs. Il a dévoilé le plan d'énergie propre. Cela a donné lieu à une quinzaine d'initiatives environnementales.

Or, la joute environnementale n'est pas apparue dans le paysage politique par enchantement, au contraire. En 1965, le président Lyndon B. Johnson, démocrate, a déclaré au Congrès américain que «cette génération a modifié la composition de l'atmosphère à l'échelle mondiale grâce à... une augmentation constante du dioxyde de carbone résultant de la combustion de combustibles fossiles».

Au début des années 70, le président américain Richard Nixon a créé l'Agence de protection de l'environnement (EPA). Ensuite, son conseiller en affaires urbaines de l'époque Daniel Patrick Moynihan a fait la promotion d'un système mondial de surveillance du dioxyde de carbone, faisant valoir: «Il est maintenant assez clair que la teneur en CO2 augmentera de 25% d'ici à 2000. Cela pourrait augmenter la température moyenne près de la surface de la Terre de sept degrés Fahrenheit. Cela à son tour pourrait élever le niveau de la mer de 10 pieds.»

Nous nous retrouvons en 2018 devant des gouvernements et des politiciens qui repoussent le dossier des changements climatiques par crainte électoraliste.

En conséquence, nous nous retrouvons en 2018 devant des gouvernements et des politiciens qui repoussent le dossier des changements climatiques par crainte électoraliste, par souci de ne pas se mettre à dos des groupes de pression économique, ou bien par aveuglement volontaire.

Ainsi, l'environnement requiert un leader, voire un premier ministre, audacieux, dans le but de faire face aux différents lobbys et entreprises qui sont, bien souvent, la cause de ce déficit environnemental. Cependant, il faut établir un dialogue et mettre en place des engagements concrets avec les parties prenantes et d'y aller dans une optique selon laquelle la finalité n'est pas qu'il y aura un perdant ou un gagnant.

En ce moment, nous sommes tous perdants. Le portrait actuel est que les citoyens doivent faire l'effort nécessaire avec des moyens limités pour relever de tels défis. Alors il serait tout de même logique d'amener les grandes entreprises à agir avec impétuosité et dès lors nous pourrions constater les effets bénéfiques de leurs actions sur une plus grande échelle.

Finalement, il faut exiger des citoyens, des grandes entreprises et des gouvernements à travailler de concert pour innover, légiférer et mettre en branle des solutions constructives, ainsi la collectivité y sera la grande gagnante, de même que les générations futures.

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