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06/07/2018 13:09 EDT | Actualisé 06/07/2018 13:09 EDT

Cannabis: promesse électorale tenue

Notre premier ministre Justin Trudeau a réussi là où plusieurs de ses comparses échouent lamentablement.

Laszlo Balogh / Reuters

Enfin, un politicien qui s'est tenu debout devant l'adversité, devant l'inlassable démagogie des partis de l'opposition et qui a tenu tête aux tractations sénatoriales. Notre premier ministre Justin Trudeau a réussi là où plusieurs de ses comparses échouent lamentablement. Le 17 octobre prochain, une odeur de cannabis flottera sur la colline parlementaire, car ce produit sera désormais légal.

Mais quelle est cette insistance à vouloir légaliser le cannabis au détriment d'enjeux beaucoup plus urgents et importants?

Je ne peux que me prosterner devant une telle résilience de notre premier ministre à vouloir se battre pour la classe moyenne et ainsi que de pourvoir à ses enjeux de divertissements, au-delà de tout autre enjeu politique. À plusieurs reprises l'aspirant premier ministre a réitéré lors de la campagne électorale de 2015: «Nous légaliserons le cannabis.» Chose promise, chose faite. N'allons surtout pas lui en tenir rigueur, car cela serait aussi futile que de lui demander une reddition de compte sur son pèlerinage en Inde. La classe moyenne ne peut évidemment comprendre ce genre de périple à l'autre bout du monde.

De plus, le parti de l'aspirant premier ministre, sur son site Internet, a eu l'audace de déclarer probablement en croyant que les provinces se plieraient sans rechigner à ce projet social d'envergure: «Nous créerons un groupe de travail fédéral-provincial qui, en collaboration avec des spécialistes en santé publique, en toxicomanie et en application de la loi, mettra en place un réseau strict de vente et de distribution de marijuana qui sera dûment soumis aux taxes d'accise provinciales et fédérale.»

L'argument économique

Cependant dans les débats autour de la légalisation du cannabis, il me semble que nous avons rarement, ou à peine, vu ou entendu les lobbys ainsi que les organisations de santé publique décrier cette loi qui aura des conséquences et des coûts sociaux sur l'ensemble de la population canadienne. Est-ce que les coffres de l'État sont à ce point vides qu'il faille légaliser une drogue avec l'argument que des milliards de dollars en taxes bénéficieront à la classe moyenne? Pourquoi ne pas l'avoir tout simplement décriminalisé? Ah oui, l'argument économique.

Or depuis un peu plus de vingt ans que les gouvernements provinciaux font des campagnes publicitaires sur les dangers du tabagisme et que de plus en plus les données nous démontrent une baisse constante de la consommation des produits du tabac, notamment la cigarette. Par contre, le cannabis nous fera voir le tout sous un angle beaucoup plus tripant.

Mais quelle est cette insistance à vouloir légaliser le cannabis au détriment d'enjeux beaucoup plus urgents et importants? Nous n'avons qu'à penser à la pauvreté chez les enfants, eh oui, cela existe encore, même dans notre cour.

Finalement, les contradictions du premier ministre sont bien présentes pour nous rappeler son inconsistance sur ce qui préoccupe la classe moyenne: la nationalisation d'un pipeline qui devient un enjeu national et un budget totalement hors contrôle qui plongera le pays vers des déficits historiques. Bref, un autre égoportrait avec cela.

Merci, monsieur le premier ministre, et merci d'avoir rempli votre promesse électorale.