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08/08/2015 11:16 EDT | Actualisé 08/08/2016 05:12 EDT

Bon anniversaire, Monsieur Parizeau

Pour honorer la mémoire de Jacques Parizeau et porter dignement son héritage, il n'y a qu'une façon de le faire: adopter sa posture préférée, celle de la droiture, en se tenant debout, surtout dans l'adversité.

Le 9 août 1930, Jacques Parizeau venait au monde. Il aurait eu 85 ans aujourd'hui.

Sa mère, Germaine Biron, et son père, Gérard Parizeau, ne savaient pas encore qu'ils venaient d'offrir aux Québécois un leader imparable, un personnage historique d'une envergure qui reste encore à définir. Celui qui ne connaissait pas la peur allait affronter toute sa vie les fossoyeurs de la nation. Cet économiste du bien commun allait désarticuler les mécanismes fourbes d'une Finance trop souvent manipulatrice.

Jacques Parizeau allait déloger les possédants, ceux qui faisaient chanter tous les gouvernements élus du Québec depuis des décennies. Ce solide attaquant, ce maître de la franchise et des grands jeux politiques allaient ébranler la certitude des tuteurs traditionnels du Québec et mettre fin à leurs regards impériaux.

Ce fut notre chef d'État, préparant les contours d'un État véritable, qui reste toutefois à nommer.

Celui qui a pris une bonne distance avec notre réalité depuis maintenant 70 jours est toujours en nous. Son souffle lumineux nous atteint encore. Sa splendeur intellectuelle transperce nos esprits. Nous grandissons par la présence de géants comme lui. Il avait compris la vulnérabilité parfois émergente d'une nation longtemps dominée. Il n'a eu de cesse de lui inoculer un virus politique contre la peur et les hésitations.

Le professeur était généreux dans la transmission de son savoir. Jacques Parizeau recherchait le regard des plus jeunes afin de les nourrir. Il avait un faible pour les plus combattifs, ces esprits indomptables. Sa fierté s'emballait quand il voyait ces nouvelles générations d'entrepreneurs essaimer leur savoir sur les bordures du monde avec leurs nouveaux récits créatifs. Pour lui, la stature du Québec était manifeste. Sa richesse, son originalité, sa solidarité, sa persistance à vouloir exister en faisait un acteur international incontournable.

Jacques Parizeau portait un rêve et ne cessait, infatigable, de travailler à sa réalisation. Il a su donner de la noblesse et de l'intelligence à la politique.

Galvaniser notre fierté en faisant fuir les ombres de l'angoisse fut sa destinée. Le combattant refusait la défaite et savait triompher dans la victoire. Ambitieux, il repoussait la fausse modestie des faibles.

Pour honorer sa mémoire et porter dignement son héritage, il n'y a qu'une façon de le faire. Il suffit d'adopter sa posture préférée, celle de la droiture; se tenir debout, surtout dans l'adversité. Laissons-nous inspirer par son inaltérable volonté d'agir en faveur de la liberté. Rappelons-nous son entêtement à vouloir ouvrir l'horizon.

Monsieur Parizeau, il n'y a qu'un immense élan de gratitude qui puisse couvrir vos larges épaules.

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