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24/05/2015 09:12 EDT | Actualisé 24/05/2016 05:12 EDT

J'aime les femmes

Lui, chantait «J'aime les filles» et son éternel cigare ne pouvait tromper.

Moi, j'écris «J'aime les femmes » et ma plume doit s'expliquer. Autrement, attention danger: quand un homme s'exprime ainsi, on entend le macho, le dragueur, le baise-main (j'édulcore...) et l'aventurier d'alcôve.

En un mot, difficile pour un homme d'affirmer qu'il aime les femmes sans que ses propos ne soient qualifiés de discours viril, ce qui n'est pas mon propos.

Depuis le début des millénaires, d'une manière ou d'une autre, dans un siècle comme dans un autre, ici, là-bas ou ailleurs, la femme a été repoussée par le chaos des hommes. Ces derniers ont cependant accepté «de faire corps avec elle», soit par dictature de leur virilité, soif du plaisir, et souvent, inconsciemment mais obligatoirement, parce que sans elles il n'est pas de descendance, de suite, de lendemain. Car, on l'a écrit, la femme c'est le Temps, celui d'avant, de maintenant et d'après.

Heureusement, ce Temps change: aujourd'hui, la femme décide seule d'avoir un enfant ou pas, de concevoir en couple ou au moyen du «baiser de la cigogne», c'est-à-dire par insémination artificielle. Dans tous les cas, si le monde peut tourner sans elle, la race humaine ne peut sans elle continuer d'exister.

J'aime les femmes, parce qu'elles se déploient en mille nuances. Simultanément. On a dit et démontré que l'homme est compartimenté. Il est père avec ses enfants, patron avec ses employés, fan sportif avec ses amis, etc. De la même manière, il est d'évidence commune que la femme, elle, est mère en tout temps, à chaque heure du jour, en tout lieu et dans l'exercice de toutes ses activités ou fonctions.

J'aime les femmes parce que leur ténacité intarissable a permis, enfin! une dévirilisation de la société qui impose aujourd'hui l'humanisation à l'encontre de l'humanisme, cette reconnaissance glorifiée des capacités intellectuelles de l'homme par l'homme pour s'attribuer la quasi-exclusivité de la production artistique jusqu'au 20e siècle.

La testostérone ne fait plus recette. Depuis quelques années beaucoup d'hommes sculptent leur corps pour être objet de désir, oubliant que ce n'est pas ce dernier qui parle, mais la tête, se comportant par là comme ces blondes qu'ils ridiculisaient tout en salivant de désir.

La drague mâle agressive est maintenant, et à juste titre, portée au palmarès des violences larvées. Et l'épithète «virilité » se conjugue de plus en plus sur un mode ironique. Le rugueux cède la place au raffiné alors que les véritables gentlemen laissent leurs costumes de balèze au vestiaire.

Il demeure cependant du chemin à faire pour ancrer dans le grand livre des droits égalitaires ceux des femmes et des hommes. Ainsi, ce n'est que l'an dernier que la ville de Paris a levé l'interdiction qu'il leur était faite de porter le pantalon...

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