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09/06/2016 10:10 EDT | Actualisé 10/06/2017 05:12 EDT

Le gouvernement Trudeau aurait jeté son dévolu sur le F-18E/F

Selon un article du 5 juin du The Citizen, le gouvernement libéral de Justin Trudeau aurait une préférence marquée pour le Boeing F-18E/F Super Hornet pour remplacer les actuels 77 F-18 Hornet encore en service des 138 livrés entre 1982 et 1988.

Selon un article du 5 juin 2016 du quotidien d'Ottawa The Citizen, le gouvernement libéral de Justin Trudeau aurait une préférence marquée pour le Boeing F-18E/F Super Hornet pour remplacer les actuels 77 F-18 Hornet encore en service des 138 livrés entre 1982 et 1988.

Rien d'étonnant de la part d'un gouvernement dont une partie de la campagne électorale de l'automne dernier a reposé sur le rejet du chasseur de cinquième génération Lockheed Martin F-35 Lightning II, bien que le Canada joignit le programme Joint Strike Fighter (JSF) en 2007 en tant que 'Level 3 Participant' au même titre que l'Australie, la Norvège, le Danemark et la Turquie, sous le gouvernement libéral de Jean Chrétien dès 2007. Celui du Conservateur Steven Harper avait annoncé en 2010 l'achat de 65 F-35 sans appel d'offres.

Rien d'étonnant en comparant les activités des divers prétendants soit Boeing, Lockheed Martin, Dassault Aviation, Eurofighter et Saab lors des salons CANSEC 2015 et 2016.

En 2016 contrairement à 2015, Lockheed Martin a mis en évidence ses systèmes destinés aux frégates en dépit d'une maquette de bonne taille du F-35 arborant un empennage double aux couleurs de l'unifolié. Quant à Dassault Aviation, aucune activité publique ne traita du Rafale tandis que le responsable du programme qui fit le voyage depuis la France pour l'édition 2015 brilla par son absence cette année. Eurofighter avec son Typhoon et Saab avec son Gripen furent tout aussi discrets.

À l'opposé, Boeing amena une fois encore son simulateur mobile du F-18E/F et organisa une conférence de presse réunissant le pilote d'essai en chef du programme Super Hornet et ancien pilote des Forces armées canadiennes Riccardo Traven ainsi que Roger Schallom, responsable, Canada Industrial Participation Program, Integrated Defense Systems et Roberto Valla, vice-président Canada, Defense, Space & Security.

En optant pour le Boeing F-18E/F Super Hornet, le gouvernement Trudeau pourra ainsi remplir une promesse électorale et surtout du même coup gagner du temps.

Rappelons-nous qu'au matin du deuxième jour de CANSEC 2016, le ministre de la défense canadien, Harjit Sajjan, déclara que «Canada will soon be looking at a capability gap due to the aging CF-18 fleet.... We are risk-managing a gap between our NORAD and NATO commitments and the number of fighters available for operations». Il ajouta que «We can foresee a growing capability gap, and this I find unacceptable and it's one thing that we plan to fix».

Le ministre ne pouvait être plus clair.

Justin Trudeau gagnerait du temps avec une solution intérimaire qui consisterait en un achat d'un nombre réduit de F-18E/F afin de remplacer les plus vieux CF-18.

En fait, il n'a rien inventé et pourrait simplement suivre l'Australie qui bien qu'elle se joigna au Joint Strike Fighter dès juin 2002 pour assurer la relève de ses McDonnell Douglas F-18, passa commande en mai 2007 de 24 Boeing F-18E/F Super Hornet pour remplacer ses General Dynamics F-111 Advaark puis de 12 EF-18G Growler en mai 2013 sans tourner le dos au F-35.

En octobre 1981, l'Australie opta pour le biracté F-18 de préférence au monoréacté General Dynamics F-16 Fightning Falcon, un gage de sécurité afin de survoler le vaste territoire national quasi-désert et les immenses étendues d'eau qui l'entourent. Les 57 F-18A et 18 F-18B entrèrent en service au sein de la Royal Australian Air Force entre 1980 et 1990.

L'Australie devrait réceptionner ses deux premiers F-35 d'ici 2018, 26 d'ici 2020 et la totalité des 72 aéronefs commandés d'ici 2023.

Ainsi l'Aviation royale canadienne pourrait, dans un premier temps, passer commande d'une trentaine de F-18E/F qui auraient l'avantage d'être des bimoteurs pour le survol des grandes étendues de neige du Canada et pour assurer la défense de l'espace aérien nord-américain dans le cadre de NORAD.

Dans un second temps, alors que le F-35 aura atteint sa pleine maturité et son coût unitaire aura été réduit par une cadence de production élevée, le Canada pourrait en acquérir au moins une trentaine pour remplir ses obligations outre-mer auprès de l'OTAN qui les amènerait au-dessus de terrains d'opérations des plus hostiles.

Quant à ceux qui pensent que le Canada ne peut entretenir deux flottes d'avions de combat, ils n'auront qu'à se tourner vers l'Australie. Si elle en est capable, pourquoi le Canada ne le serait-il pas?

De surcroit dans le passé, l'Aviation royale du Canada a bien maintenu parallèlement deux flottes d'avions de combat: dans les années 1970 et 1980, les Lockheed F-104 Starfighter, les McDonnell Douglas F-101 Voodoo et les Northrop F-5 Freedom Fighter et dans les années 1990, les McDonnell Douglas F-18 Hornet et les Northrop F-5 Freedom Fighter.

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