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Le tweet de Trump et les déclarations de Trudeau passeront, le F-35 restera

Même si Donald Trump, avec son tweet, agita la blogosphère et fit couler beaucoup d'encre, le F-35 chemine pour devenir l'avion de combat de référence. Une cinquantaine de F-35 auront été livrés en 2016 alors que quelque 200 exemplaires volent déjà.

Personne n'aurait cru que le président élu Donald Trump était aussi un expert en aéronautique.

Après s'être dernièrement attaqué dans un tweet à Boeing, le plus important avionneur au monde et numéro deux mondial dans le secteur de la défense, pour sa gestion du contrat d'acquisition des successeurs des deux Boeing VC-25A, l'avion le plus emblématique et reconnu au monde, servant au transport du président des États-Unis, le milliardaire new-yorkais s'en est pris ensuite à Lockheed Martin, numéro un mondial de la défense et à son avion de combat de cinquième génération, le F-35 Lightning II.

Quelle sera sa cible, la semaine prochaine? Le Boeing KC-46A Pegasus, le Sikorky VH-92A Marine One, le Northrop Grumman B-21 Spectre...? Dieu seul le sait.....

Quoi qu'il en soit, Donald Trump, avec ce tweet aussi idiot qu'inutile, a malheureusement éclipsé un moment bien plus important dans l'histoire du F-35 qui se déroulait exactement au même moment à 9200 km de la tour Trump de New York. Il s'agissait de l'arrivée tant attendue des deux premiers F-35A Adir (qui signifie «puissant» en hébreu), d'Heyl Ha Avir, les forces aériennes israéliennes, sur la base de Nevatim près de Beer-Shev'a, à une centaine de kilomètres au sud-ouest de Jérusalem.

Après deux escales, ponctuées de ravitaillements en vol, une à Lajes Field aux Açores puis une autre à la base de Cameri, à 25km à l'ouest de Milan, en Italie, qui abrite le Final Assembly and Check Out (FACO) Facility, une ligne d'assemblage et des ateliers de maintenance du F-35 assurant la production des F-35A de la Aeronautica Militare, des F-35B de la Marina Militare, et des F-35A de la Royal Netherlands Air Force, les deux premiers F-35I se posèrent en Israël à 20h16, heure locale, à une minute d'intervalle. Juste avant, ils avaient tous deux effectué un passage à basse altitude en honneur des président et premier ministre israéliens, Reuven Rivlin et Benjamin Netanyahu, du ministre israélien de la Défense, Avigdor Lieberman, du secrétaire américain à la Défense Ashton Carter, du chef d'état-major des forces aériennes israéliennes Amir Eshel et des 4000 invités présents.

L'État hébreu a déjà confirmé l'achat de 33 F-35I sur les 50 projetés qui équiperont deux escadrons d'Heyl Ha Avir.

Ce jour-là, à Ottawa, Justin Trudeau, interrogé sur le tweet de Donald Trump portant sur le F-35 ressortit la cassette voulant que le remplacement des CF-18 de l'Aviation royale canadienne se ferait d'une «timely manner by an open and transparent competition». Il en profita pour blâmer le gouvernement précèdent, celui du conservateur Stephen Harper, concernant l'impossibilité pour le Canada de respecter ses engagements envers ses alliés, d'où l'annonce du 22 novembre dernier de l'achat par son gouvernement de 18 F-18E/F Super Hornet. Néanmoins, revenant sur sa déclaration fracassante du 20 septembre 2015 à Halifax en pleine campagne électorale, le premier ministre annonça que le F-35 sera considéré dans le cadre du programme de remplacement des CF-18 Hornet malgré les critiques, aussi bien au Canada qu'à l'international.

Même si Donald Trump, avec son tweet, agita la blogosphère et fit couler beaucoup d'encre, le F-35 chemine pour devenir l'avion de combat de référence alors qu'il est maintenant en service au sein de l'US Marine Corps et de l'US Air Force et que les forces militaires du Royaume-Uni, de l'Italie, d'Israël, de la Norvège, de l'Australie, du Japon, des Pays-Bas ont vu leur premier F-35 effectuer leur vol inaugural.

Une cinquantaine de F-35 auront été livrés en 2016 alors que quelque 200 exemplaires volent déjà. Plus de 60 seront construits l'an prochain et en 2020, ce chiffre sera de l'ordre de 170 à 180.

D'ici là, Donald Trump aura oublié son tweet du 12 décembre 2016, tout comme Justin Trudeau, sa déclaration du 20 septembre 2015 même si, le Canada n'aura pas encore choisi le remplaçant de ses CF-18 dont les plus jeunes seront entrés en service en 1988 et que le F-35 s'affirmera comme le choix évident.

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