Cet article fait partie des archives en ligne du HuffPost Québec, qui a fermé ses portes en 2021.
Les blogues

Un homme d'exception

Aujourd'hui, l'héritage de Jacques Parizeau est visible dans toutes nos institutions et dans tous les secteurs de notre société. Pour toutes les Québécoises et tous les Québécois, il est un modèle d'engagement, un passeur et un bâtisseur.

J'ai connu M. Parizeau comme professeur durant ma maîtrise en administration des affaires à l'École des HEC à Montréal. Il n'avait pas 45 ans et c'était déjà un géant.

J'étais fascinée de le voir partager généreusement son savoir, mêlant enthousiasme et sévérité, créativité et rigueur. M. Parizeau ne tolérait pas les approximations. Il avait pour ambition de doter le Québec d'une nouvelle génération de décideurs. Une telle quête ne pouvait souffrir aucun raccourci.

Quelques années plus tard, alors ministre des Finances, il m'a proposé de devenir son attachée de presse. Comme patron, j'ai retrouvé l'homme courtois et exigeant que j'avais connu. Il attendait de son personnel une loyauté absolue et exigeait la même rigueur qu'il s'imposait à lui-même. Toutes celles et tous ceux qui ont travaillé avec lui vous diront que son engagement envers le Québec était absolu.

Vers le projet de pays

J'ai ensuite côtoyé M. Parizeau comme collègue au conseil des ministres puis lorsqu'il devint chef de l'opposition officielle, dans les moments les plus exaltants et les plus difficiles.

Après les élections de 1989, nous sommes revenus à l'Assemblée nationale, confiants de voir le Québec prendre son avenir en main. M. Parizeau avait su tendre la main à Robert Bourassa pour tracer un nouveau chemin visant à sortir le Québec de l'impasse créée par le coup de force de 1982. Il avait mis la partisanerie de côté pour privilégier l'unité nationale du Québec.

À la suite des élections de 1994, M. Parizeau m'a demandé d'assumer le rôle de présidente du Conseil du trésor. En vue du référendum, il m'avait confié la mission de m'adresser aux femmes du Québec, de les convaincre de la nécessité de nous donner un pays pour décider par nous-mêmes et pour nous-mêmes.

Ce que nous devons garder de M. Parizeau, c'est sa rigueur dans la préparation de cette échéance. Sa détermination aura été sans faille.

Un héritage immense

Ce que cet architecte de vastes pans de l'État québécois m'a d'abord donné, c'est l'occasion de parfaire ma connaissance de ses rouages. Ce que je retiens encore plus, toutefois, c'est sa détermination à ouvrir les portes de notre avenir. Sa présence infatigable auprès des jeunes, jusqu'à la fin de sa vie, témoigne de sa volonté de transmettre le flambeau à la relève.

Ce défi de passer la main à celles et ceux qui nous suivent est le devoir des gens qui portent un grand projet. Lorsque le Parti Québécois est redevenu l'opposition officielle, après un passage comme deuxième groupe d'opposition, il m'avait dit, impressionné par la qualité de notre équipe: «Nous avons prouvé que nous ne sommes pas le parti d'une seule génération».

Aujourd'hui, l'héritage de Jacques Parizeau est visible dans toutes nos institutions et dans tous les secteurs de notre société. Pour tous ceux qui croient à un Québec maître de son destin, Jacques Parizeau a été un mentor, une source d'inspiration. Pour toutes les Québécoises et tous les Québécois, il est un modèle d'engagement, un passeur et un bâtisseur.

LIRE AUSSI SUR LES BLOGUES

- Merci Monsieur! - François Gendron

- Quel homme et quelle sagesse! - Françoise David

- La plus haute autorité: Monsieur Jacques Parizeau (1/..) - Victor-Lévy Beaulieu

- Hommage à un géant, un grand «six pieds» dans le cœur des gens - Steve Fortin

- Le sens de la mort... - Yanick Barrette

- Envergure et humilité - Claude André

VOIR AUSSI SUR LE HUFFPOST

Envoyer une correction
Cet article fait partie des archives en ligne du HuffPost Canada, qui ont fermé en 2021. Si vous avez des questions ou des préoccupations, veuillez consulter notre FAQ ou contacter support@huffpost.com.