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04/06/2017 12:15 EDT | Actualisé 04/06/2017 12:16 EDT

Merci, Maxime!

Au lendemain de la défaite crève-cœur de Maxime Bernier aux mains d'Andrew Scheer lors de la course au leadership du Parti conservateur du Canada, les partisans du politicien beauceron se sentent probablement comme les membres du camp du « Oui » lors du référendum de 1995 : si près de la victoire, mais si loin en même temps.

Au lendemain de la défaite crève-cœur de Maxime Bernier aux mains d'Andrew Scheer lors de la course au leadership du Parti conservateur du Canada, les partisans du politicien beauceron se sentent probablement comme les membres du camp du « Oui » lors du référendum de 1995 : si près de la victoire, mais si loin en même temps.

En effet, Maxime Bernier sera passé extrêmement près de l'emporter, ayant mené lors des douze premiers tours de vote, et s'inclinant lors du 13e tour par une marge de moins de 2%. Bien des indicateurs donnaient Maxime Bernier gagnant : en plus de la quasi-totalité des sondages réalisés lors des dernières semaines de la campagne, Bernier avait supplanté ses adversaires en matière de collecte de fonds, et hormis Kevin O'Leary, était le seul candidat avec une notoriété dépassant les rangs du Parti conservateur. Au moment d'écrire ces lignes, sa page Facebook compte près de 10 000 fans de plus que celle d'Andrew Scheer.

Contrairement au référendum de 1995, par contre, la défaite de Maxime Bernier n'est pas due à « l'argent et aux votes ethniques », pour reprendre l'expression tristement célèbre de Jacques Parizeau. Sans vouloir faire une analyse détaillée des causes de sa défaite, tout semble indiquer qu'une mobilisation de producteurs agricoles opposés à sa politique prônant l'abolition de la gestion de l'offre aura été déterminante. Et c'est là où le bât blesse : la plupart de ces producteurs agricoles ne sont pas des militants conservateurs et n'auront joint le parti que temporairement pour bloquer la candidature du député de Beauce.

Bernier n'est pas le type de politicien qui se complaît dans les demi-mesures.

Ceci étant dit, Maxime Bernier mérite les éloges de l'électorat conservateur - et de la population canadienne en général - pour avoir mené une campagne d'idées. Bernier n'est pas le type de politicien qui se complaît dans les demi-mesures. Il en aura fait la preuve lors de sa campagne en s'attaquant à des vaches sacrées de la politique canadienne, tels la gestion de l'offre, le CRTC, les subventions aux entreprises et le programme de péréquation.

Bernier ne s'est pas borné à faire la promotion de ses idées sur son site web ou dans des courriels destinés aux membres du parti, à l'instar des autres candidats dans la course. Au contraire, il les a claironnées sur tous les toits, que ce soit en organisant des conférences de presse sur la colline parlementaire à Ottawa ou en rédigeant des lettres d'opinion parues dans les grands journaux du pays.

Plusieurs se rappelleront de sa lettre au Président Trump publiée dans le Globe and Mail en avril dernier, dans laquelle il reconnaissait que le président américain avait raison de dénoncer le caractère inéquitable du régime canadien de gestion de l'offre, tout en l'apostrophant concernant l'attitude cavalière du gouvernement américain dans le dossier du bois d'œuvre.

Ou de sa proposition visant à geler temporairement les paiements de péréquation en attendant qu'une nouvelle formule plus juste soit adoptée. Ou celle visant à réduire de cinq à deux le nombre de paliers d'imposition.

Peu importe ce que l'on pense des idées de Maxime Bernier, force est d'admettre qu'elles n'étaient pas conçues à la va-vite et provoquaient de solides débats d'idées parmi la classe politique canadienne. Grâce à Maxime Bernier, des milliers de Canadiens ont appris l'existence du régime de gestion de l'offre, et du coût que ce régime représentait pour les ménages canadiens, particulièrement les plus pauvres. Sans son intervention, les débats concernant ce système injuste bénéficiant à un pourcentage infime de la population seraient demeurés confinés dans les sphères académiques.

De plus, la candidature de Bernier aura permis à plusieurs Canadiens d'abandonner leurs stéréotypes à l'égard des politiciens québécois. À tort ou à raison, certains membres de l'électorat canadien - particulièrement dans l'Ouest - perçoivent les politiciens québécois d'un œil soupçonneux, et les accusent de sans cesse réclamer plus de transferts et de subventions pour leur province. Maxime Bernier leur aura prouvé qu'il est fait d'une autre étoffe. Qui aurait cru, en début de campagne, qu'un politicien québécois remporterait la majorité des comtés en Alberta?

Bref, la campagne de Maxime Bernier n'aura pas été en vain, malgré sa défaite. Grâce à lui, une nouvelle génération de conservateurs canadiens aura été galvanisée par ses idées audacieuses, et continuera à l'appuyer dans sa quête de réformes visant à réduire la taille du gouvernement et libérer le potentiel économique du Canada.

Pour tout cela, il faut saluer les efforts du député de Beauce. Merci, Maxime!

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