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29/09/2018 06:00 EDT | Actualisé 29/09/2018 08:04 EDT

Élections 2018: tout ça, pour ça?

Le HuffPost ne prend pas position dans le débat et laisse les citoyens décider pour eux-mêmes. Ce qui est essentiel, c’est d’aller voter lundi.

Christopher Morris - Corbis via Getty Images
On ne veut pas vous entendre critiquer au cours des quatre prochaines années si vous ne votez pas! Aux urnes, citoyens du Québec!

Tout ça, pour ça? C'est un peu le goût amer qui nous reste en bouche en cette fin de campagne électorale au Québec. Une campagne avec une semaine de trop et plein de mini-controverses.

Il s'agit aussi d'une élection historique dans le sens où elle n'a suscité aucun intérêt dans le reste du Canada, devenu de plus en plus indifférent à la cause du Québec en raison de l'absence de menace indépendantiste. Cette absence de rapport de force du Québec est devenue de plus en plus évidente. Même le PQ n'a presque pas parlé de souveraineté durant la campagne, préférant attendre en 2022.

Les quatre partis ont passé le clair de leur temps à faire des promesses électorales hyper ciblées visant des clientèles spécifiques avec des milliards de dollars qui ne seront jamais disponibles, en fait. C'est Québec solidaire qui a fait sauter le bouchon le plus avec des promesses de plus de 12 milliards$ dans un grand nombre de domaines (éducation gratuite, transport en commun gratuit, soins dentaires gratuits, salaire minimum à 15$, etc.).

L'environnement a presque été évacué de la campagne, tout comme la culture et l'avenir du français au Québec.

Mais chaque parti a péché durant la campagne, avec ses annonces électoralistes sans projet de société aucun. On a l'impression d'avoir déjà joué dans ce mauvais film. En plus, l'environnement a presque été évacué de la campagne, tout comme la culture et l'avenir du français au Québec.

Devrait-on continuer à autoriser les sondages dans les jours précédant le vote? Les citoyens se fient trop aux sondages pour voter et c'est malsain.

Il y a aussi la question des sondages incessants, voire quotidiens, qui ont aussi changé la donne de la campagne. Il faudra un jour se poser la question sur l'utilité des sondages d'opinion lors de la dernière semaine de campagne électorale en particulier. Devrait-on continuer à les autoriser dans les jours précédant le vote? Les citoyens se fient trop aux sondages pour voter et c'est malsain.

Bilan de la campagne électorale

Les mini-controverses se sont succédé à un rythme effarant grâce au pouvoir des médias sociaux (candidats qui ont été éjectés en raison de leur passé ou de leurs propos, la controverse sur Michelle Blanc du PQ, etc.).

Jean-François Lisée du PQ est parti en lion avec une campagne dynamique et intelligente, mais le débat des chefs à TVA a tout changé.

Jean-François Lisée du PQ est parti en lion avec une campagne dynamique et intelligente, mais le débat des chefs à TVA a tout changé. Les attaques incessantes contre Manon Massé et Québec solidaire ont semblé hors champ et ont réduit les appuis au PQ en fin de campagne. M. Lisée aurait dû passer plus de temps à attaquer la CAQ et le PLQ. La semaine de trop comme je disais au début. Mais M. Lisée semble avoir sauvé les meubles et le PQ se dirige vers une récolte de plus de 12 comtés (donc un statut officiel à l'Assemblée nationale). On n'aurait pas dit ça avant le début de la campagne électorale.

M. Couillard n'a pas bien expliqué pourquoi un 2e mandat devrait lui être donné et en quoi le Parti libéral du Québec serait un bon véhicule pour les Québécois.

Philippe Couillard a fait une campagne prudente, sans enthousiasme, mais bien huilée, qui a servi surtout à dépeindre François Legault comme un leader brouillon qui a mal conçu et expliqué sa politique de réduction de l'immigration, son test des valeurs, le test de français aux immigrants et le processus d'expulsion des immigrants. Mais M. Couillard n'a pas bien expliqué pourquoi un 2e mandat devrait lui être donné et en quoi le Parti libéral du Québec serait un bon véhicule pour les Québécois. Mais rien n'est perdu, selon Qc125, il reste plus de 30% de chances que lundi, le PLQ forme un gouvernement minoritaire. En effet, les sondages d'opinion mettent le PLQ au coude à coude avec la CAQ de M. Legault. La soirée risque d'être longue lundi soir.

Parlant de M. Legault, il n'a pas su se démarquer comme un grand leader durant cette campagne électorale.

Parlant de M. Legault, il n'a pas su se démarquer comme un grand leader durant cette campagne électorale. Il n'a pas réussi à vendre son programme sur la réduction de l'immigration, se faisant contredire dans deux visites d'usines juste cette semaine. La pénurie de main-d'œuvre fait mal au Québec et le besoin d'immigrants est criant, en particulier dans les régions. M. Legault ne s'est pas imposé au débat des chefs de Radio-Canada ni au débat en anglais. Il s'est un peu repris au débat de TVA et a donc stabilisé sa chute dans les intentions de vote depuis. Il lui reste 48 heures pour bien expliquer la raison d'être de son parti, mieux mettre en valeur son équipe et convaincre les Québécois qu'il incarne vraiment le changement.

QS ressort gagnant de cette campagne dans la mesure où on entrevoit une percée hors de Montréal dans le comté de Taschereau avec la candidate Catherine Dorion et possiblement une ou deux autres victoires de plus sur l'île de Montréal.

Du côté de Manon Massé de Québec solidaire, le parti a été en mesure de bien présenter ses orientations et mieux se faire connaître durant ces 39 jours. Manon Massé a été la vedette du débat des chefs à TVA et a bien fait aux deux autres débats. Elle a cependant mal paru lorsqu'elle n'a pas assumé ses convictions marxistes, alors qu'elle avait indiqué le contraire en entrevue à CBC.

QS ressort gagnant de cette campagne dans la mesure où l'on entrevoit une percée hors de Montréal dans le comté de Taschereau avec la candidate Catherine Dorion et possiblement une ou deux autres victoires de plus sur l'île de Montréal. Quant au programme de QS, on sait qu'il ne sera jamais appliqué, puisque le parti n'a aucune chance de prendre le pouvoir. Par ailleurs, il est triste de constater que QS se voit en opposition au PQ plutôt que d'attaquer les libéraux ou la CAQ. Une union des forces souverainistes PQ-QS aurait donné des munitions à ces deux partis. Une occasion historique manquée.

Dans ce contexte, le HuffPost Québec a très bien expliqué les enjeux de la campagne tout au long avec des dossiers étoffés sur l'immigration au Québec, l'identité des Québécois, le point de vue des Milléniaux, le point de vue des régions (on a fait une belle tournée du Québec) et les grandes entrevues avec les quatre chefs (vidéos ci-dessous).

Nous avons interviewé les chefs des partis moins connus également (Parti conservateur du Québec, Parti vert, NPD Québec, etc.), présenté les candidats de l'ombre et dressé le portrait de batailles de comté captivantes au Québec. Notre journaliste Catherine Lévesque a également passé du temps dans l'autobus des quatre partis dans un souci d'équité et de travail sur le terrain.

Le HuffPost ne prend pas position dans le débat et laisse les citoyens décider pour eux-mêmes. Ce qui est essentiel, c'est d'aller voter lundi. Vous n'avez aucune bonne raison de ne pas voter. Ce vote est un devoir de citoyen et non un luxe. Cette démocratie se bâtira sans vous, sinon. Et on ne veut pas vous entendre critiquer au cours des quatre prochaines années si vous ne votez pas!

Aux urnes, citoyens du Québec!

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