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08/09/2018 08:00 EDT | Actualisé 11/09/2018 12:26 EDT

Élections 2018: la CAQ plafonne et le débat des chefs sera décisif

Le débat des chefs du 13 septembre et les deux autres risquent d’être un moment décisif, car presque 38% des Québécois sont encore indécis en ce moment.

Les litanies de promesses faites par les quatre partis depuis le 23 août ont de quoi nous rendre cyniques, pantois ou sceptiques.
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Les litanies de promesses faites par les quatre partis depuis le 23 août ont de quoi nous rendre cyniques, pantois ou sceptiques.

La campagne électorale 2018 ne passera pas à l'histoire, du moins pour le moment. Les litanies de promesses faites par les quatre partis depuis le 23 août ont de quoi nous rendre cyniques, pantois ou sceptiques.

Aucun projet de société n'est présenté par les partis et les annonces au compte-gouttes visent des clientèles et non l'ensemble de la société. C'est très décevant sur le plan des idées. Un vrai bar ouvert de promesses. Et on parle très peu du grand sujet de l'heure: l'environnement et le réchauffement climatique.

On constate que la CAQ a probablement plafonné dans les intentions de vote, ce qui fait qu'un gouvernement caquiste minoritaire est de plus en plus envisageable.

Par ailleurs, on constate que la CAQ de François Legault a probablement plafonné dans les intentions de vote, ce qui fait qu'un gouvernement caquiste minoritaire est de plus en plus envisageable. Les sondages de la CAQ sont à la baisse selon Mario Dumont même, fondateur de l'ADQ devenu ensuite la CAQ.

Selon QC125, la CAQ est assurée à 99% de remplacer le PLQ le 1er octobre... mais la campagne est loin d'être terminée. On ne peut pas exclure que le vent tourne après les débats des chefs: il y aura le grand débat des chefs en français, diffusé par la grande majorité des médias québécois, sauf Québecor, le 13 septembre; le débat anglophone le 17 septembre et les face à face de TVA avec les quatre chefs le 20 septembre.

La CAQ a perdu quelques candidats controversés au cours des deux dernières semaines et sa politique sur la réduction de l'immigration ne fera pas l'affaire de toutes et tous. Il sera la cible des autres partis et de bien des acteurs des milieux économiques.

Que M. Legault parle aussi de vote stratégique un 6 septembre à quatre semaines du vote du 1er octobre en dit long sur l'état des lieux. Cet argument est généralement utilisé dans la dernière semaine de campagne.

Lors du débat du 13 septembre, le principal de la campagne, le chef du PQ Jean-François Lisée n'aura rien à perdre et tout à gagner. Le PQ se bat pour sa survie et se doit de conserver au minimum 12 sièges s'il veut conserver son statut de parti à l'Assemblée nationale. En bas de six sièges, le parti pourrait même devoir se saborder ou encore changer de nom et lancer une nouvelle course au leadership.

Force est d'admettre que M. Lisée mène le combat de sa vie en ce moment et que sa campagne est fort énergique, voire dynamique.

Mais, force est d'admettre que M. Lisée mène le combat de sa vie en ce moment et que sa campagne est fort énergique, voire dynamique. Sur le terrain, je l'ai constaté de mes yeux lors de deux événements du PQ à Montréal: on y voyait des jeunes, des anglophones et des immigrants lors des rassemblements partisans. On voit la différence avec le vieux PQ.

M. Legault sera pour sa part au coeur de toutes les attaques et a tout à perdre. En avance dans les sondages depuis un an, un faux-pas ou une phrase maladroite le 13 septembre au soir pourrait faire basculer les intentions de vote.

Les prochains sondages auront aussi une influence sur le public, surtout si la course se resserre entre les libéraux de Philippe Couillard et la CAQ.

M. Couillard mène une campagne prudente, mais efficace depuis le début.

M. Couillard mène une campagne prudente, mais efficace depuis le début et n'hésite pas à diaboliser la CAQ, qui est plus que jamais son ennemi juré. Lors du débat, M. Couillard se devra d'être plus naturel afin de convaincre les Québécois du bien-fondé de son programme.

Québec solidaire, a été habile dans les médias sociaux depuis le début de la campagne, malgré l'absence quotidienne des médias nationaux sur leur terrain.

Reste Québec solidaire, qui a été habile dans les médias sociaux depuis le début de la campagne, malgré l'absence quotidienne des médias nationaux sur leur terrain. Si QS fait une percée hors Montréal le 1er octobre, leur crédibilité en sera rehaussée. Mais tout le monde sait qu'ils ne peuvent pas penser à former le gouvernement. Au mieux, QS aura entre cinq et neuf sièges, ce qui ne lui conférera pas le statut de parti à l'Assemblée nationale. La présence de Gabriel Nadeau-Dubois aux débats des chefs des prochaines semaines pourrait jouer en faveur de QS.

Somme toute, on constate cette fois-ci que le débat des chefs du 13 septembre et les deux autres risquent d'être un moment décisif dans la campagne. Presque 38% des Québécois sont encore indécis en ce moment. Rien n'est gagné pour la CAQ.

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