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19/09/2018 10:59 EDT | Actualisé 19/09/2018 11:04 EDT

Une joute politique à repenser

Peu de gens auront la chance de rencontrer en personne les candidats de leur circonscription, ce qui leur permettrait pourtant de se «faire une tête» et de voter de manière un peu plus éclairée.

Les électeurs du Québec méritent plus de la part de leurs politiciens (élus et prétendants) que des combats de coq, comme on l’a vu au dernier débat des chefs. Ils méritent qu’on respecte leur intelligence.
THE CANADIAN PRESS/Allan McInnis
Les électeurs du Québec méritent plus de la part de leurs politiciens (élus et prétendants) que des combats de coq, comme on l’a vu au dernier débat des chefs. Ils méritent qu’on respecte leur intelligence.

Au cours de la présente campagne électorale, nous entendons parler des candidats et des partis, surtout par l'intermédiaire des médias de masse, qui traitent et diffusent l'information, et des pancartes jalonnant nos circonscriptions.

Malheureusement, bien peu de gens auront la chance de rencontrer en personne les candidats de leur circonscription, ce qui leur permettrait pourtant de se «faire une tête» et de voter de manière un peu plus éclairée. Et, quoiqu'en pensent certains membres de la vieille classe politique, ce n'est certainement pas une séance de sourires et de poignées de mains à la va-vite qui va s'avérer éclairante pour les citoyens.

En l'absence d'informations concrètes sur leurs candidats, certains Québécois en viennent à les juger selon les sondages, la couverture médiatique, et même leur apparence, plutôt que selon leurs valeurs, leur personnalité ou leur authenticité.

En l'absence d'informations concrètes sur leurs candidats, certains Québécois en viennent à les juger selon les sondages, la couverture médiatique dont ils font l'objet, et même leur apparence, plutôt que selon leurs valeurs, leur personnalité ou leur authenticité. Ma mère, qui n'était pas très informée au sujet de la politique, se faisait prendre au jeu: pour elle, une belle personne était une bonne personne. Les élections ne devraient pas être un concours de beauté ni du plus grand nombre de mains serrées, mais plutôt basées sur des échanges signifiants entre les candidats et les citoyens.

Les électeurs méritent plus de la part de leurs politiciens que des combats de coqs, comme on l'a vu au dernier débat des chefs. Ils méritent qu'on respecte leur intelligence.

La joute politique à laquelle jouent certains politiciens, pourtant expérimentés, et qualifiée par certains de «lançage de bouette», est improductive et irrespectueuse envers les électeurs. Elle jette un discrédit sur leurs confrères et, surtout, détourne l'attention médiatique de nombreux enjeux tout aussi importants les uns que les autres. Dans le cas de la présente campagne, ce sont l'environnement et les changements climatiques. Les électeurs du Québec méritent plus de la part de leurs politiciens (élus et prétendants) que des combats de coqs, comme on l'a vu au dernier débat des chefs. Ils méritent qu'on respecte leur intelligence.

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C'est un aspect essentiel à considérer dans le contexte actuel, où le taux de participation aux élections pourrait passer sous la barre de la majorité. Il est donc urgent de prendre des mesures concrètes pour ranimer, voire élever le débat politique.

Que le Directeur général des élections du Québec (DGEQ) veuille faire voter les enfants pour aiguiser leur sens démocratique est une initiative louable. Mais si le contexte actuel ne change pas, cela n'empêchera pas nos enfants, plus vieux et en âge de comprendre et de voter, de se désengager, tout comme leurs parents, devant l'offre politique qui leur est présentée.

Pistes de solution

Une façon d'engager les électeurs et les électrices dans la campagne électorale serait de promouvoir la tenue de débats non partisans des candidats locaux dans toutes les circonscriptions du Québec, voire dans plusieurs zones de ces circonscriptions, à différentes heures et à différents endroits, question de favoriser les rencontres et les échanges avec le maximum de gens. Cela pourrait prendre la forme de séances d'informations et de questions cordiales, plutôt que de débats basés sur des confrontations. Cette tâche organisationnelle pourrait être dévolue au DGEQ et déléguée aux Directeurs de scrutin.

Ces évènements permettraient aux gens de voir, d'entendre et de discuter avec tous les candidats et toutes les candidates au sujet des propositions de leur parti, de les questionner au sujet de leurs valeurs et préoccupations, et d'affiner ainsi leur choix pour la personne qui les représentera et défendra leurs intérêts pendant les quatre prochaines années.

Les adultes amenés à s'intéresser à la politique et à s'y impliquer activement seront d'autant plus enclins à inciter leurs enfants à s'y intéresser et à s'y impliquer également.

Ne serait-ce pas là une façon de dynamiser les échanges et les débats, et de les élever au-dessus de la mêlée? Avec, comme seule gagnante, la démocratie?

Car, à cet égard, le désistement des candidats du Parti libéral et de la CAQ d'un débat d'idées, lundi dernier à l'ENAP, est déplorable et plutôt inquiétant.

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