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12/08/2015 10:42 EDT | Actualisé 12/08/2016 05:12 EDT

La puissance des...

Vous croyez que j'ai manqué d'inspiration pour mon titre? Vous vous demandez de quelle puissance il s'agit? Détrompez-vous. Il ne manque rien. Je parle des ... Oui, oui des ... !

Des points de suspension !

La tendance de ne plus communiquer verbalement mais de façon écrite (technologie aidant) n'est pas étranger à leur recrudescence.

Vous connaissez tous la communication verbale et non verbale, mais celle-ci, sous une autre forme, est sans aucun doute dérangeante et, à l'ère où l'on vit, elle est encore plus puissante. Sans vous en rendre compte, vous les avez tous et chacun déjà assurément et même volontairement utilisés, et même très souvent. Par contre, j'aimerais m'en excuser dès maintenant car, dans quelques minutes, vous les remarquerez davantage...

Ces ... parlent plus qu'ils en ont l'air. Ces ... qui laissent présager que quelque chose ne va pas. Ces ... qui indiquent clairement qu'on ne veut pas en parler. Ces ... qui mentionnent qu'on veut délibérément laisser savoir à l'autre qu'on aimerait en ajouter davantage mais qu'on le fera pas parce qu'on est en tab... Oh ! Voyez-vous aussi leur utilité ? Pour censurer sans enlever l'essence même du mot ! À moins que l'on veuille laisser savoir qu'on est en tableau. Moins d'impact. Bref, ils sèment le doute ! Ils créent la confusion !

Moi, ces ... me font capoter, réfléchir, craindre le pire. Ça frise carrément la paranoïa ! Tu m'écris une lettre d'amour et tu la termine comme ça :

«Signé : La femme de ta vie qui ne veut que ton bien... XX»

Ton bien... ? Ça me tue. Pourquoi la terminer avec des... ??? Je l'interprète comme: «Je ne veux que ton bien (mais saches que t'as besoin de ne pas me faire chier si tu ne veux pas finir attacher par les testicules au ventilateur de plafond avec 3 dobermans affamés en dessous qui n'attendent que tu décroches de là...)

Hiiiiiiiiii! (Bruit de fillette)

Paranoïa, je disais ? Ben c'est ça. Ils servent aussi à manipuler. L'autre jour, mon amie Amélie me demande:

«On vas-tu dîner au resto ce midi ?»

Je lui réponds: «Hey ! Salut ! Non, malheureusement je ne pourrai pas ce midi, je dîne déjà avec Isabelle. On se reprend demain ?»

Elle me répond : «Ok...»

Ok... ?? Bon ça y est, elle est fâchée, elle croit que j'aime mieux être avec Isabelle (elle n'a pas tort...) ou bien c'est un genre de : «Ok, c'est beau, je vais m'en souvenir quand t'auras quelques chose à me demander.»

Je laisse ça mort... seulement pendant 2 minutes.

Je lui réponds : «Parfait, je vais passer te prendre avec mon auto, on se stationnera au même endroit que l'autre fois, tu te souviens...»

Ça ne lui a pas pris 30 secondes à me répondre : «Euhhh... qu'est-ce que tu veux sous-entendre???» (Ti-bonhomme perplexe)

Moi : «Rien...» (Ti-bonhomme clin d'œil)

Ou les ... qui veulent dire «titille-moi jusqu'à ce que je crache le morceau».

«Salut ! Ça va ?» (Ti-bonhomme sourire)

Réponse : «Ça va...»

Mes ... «agaces» préférés qui signifient que ça ne va pas tant que ça. Si tu ne réponds pas, tu passes pour quelqu'un de pas attentionné, mais si tu réponds, tu embarques à pieds joints dans son jeu de «bouhou ! J'ai quelque chose de pas plaisant qui m'arrive mais j'aime mieux qu'on me demande c'est quoi...» (Ti-bonhomme qui pleure toutes les larmes de son corps.)

Donc, je me lance (contre mon gré) avec un «Oh toi t'as quelque chose qui cloche ??»

Elle : «Non non...»

(Soupir) Calv... Imaginez. Pas juste un «NON ». Deux «NON» !

Assez clair, non ?...Ben non ! Elle ajoute ... qui viennent les annuler subito-presto ! Ils sont forts ces ...

Tout ceci est attribuable au fait que nous sommes jusqu'au cou dans l'époque où la communication de voix à voix est pratiquement devenue une rareté, bien qu'elle soit encore la meilleure. On communique essentiellement par messages textes qui sont, avouons-le, plus pratique, mais qui peuvent laisser souvent place à la confusion.

Si l'on devait réglementer l'utilisation des messages textes, on les limiterait à quoi ? «Babe, y restes-tu du lait ?», «S'tu fais à soir, le gros ?» ou «J'finis ma bière pis j'm'en viens !» (Celle-là il serait préférable de la garder par texto si tu veux la finir ta bière... et les deux suivantes). Des messages simplistes quoi, mais gageons qu'ils finiraient par créer les mêmes résultats.

Des mots que l'on lit ne donnent pas l'émotion exacte de la personne qui te les a envoyé. Qui n'a pas déjà répondu à une blague de son interlocuteur: «HAHAHAHA» sans avoir réellement émis le moindre rire ? Qui n'a pas déjà pensé que l'émetteur du texto était bête ou fâché parce qu'il n'avait pas mis de bonhomme sourire ? Cette façon de communiquer laisse donc place à l'interprétation, car on n'a pas l'intonation de la personne, ni le contexte. Ajoutez à tout cela les ... et vous obtenez un beau mélange...

Ils créent le doute et la peur mais peuvent aussi être coquins et aguichants. Ils sont utilisés plus qu'ils ne le devraient. Ils représentent l'inachevé et l'inaccompli. Utilisez-les ! Ils sont aussi uniques et différents ! (Comme le goût de chacune des bouchées d'un nachos.) Vous aurez des réactions instantanées ! Propageons l'utilisation des ... Promouvons-les ! Semons la confusion. Créons le doute ! Jouons les «agaces» ! Je les utilise moi-même. Ils me fascinent, me dérangent, me perturbent, mais j'adore leurs subtilités. Ils émeuvent et ne laissent personne indifférent...

Le ferez-vous encore plus ? Ils sont puissants...

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