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30/06/2015 11:35 EDT | Actualisé 30/06/2016 05:12 EDT

Le 1er Juillet, journée nationale de... l'abstinence

C'est un fléau de société méconnu que déménager et taux de natalité, ne font pas bon ménage.

Ah! Le fameux 1er juillet! Qui dit 1er juillet dit... la journée du déménagement? Non! Le 1er juillet est la journée de l'année où les gens font le moins l'amour!

Pourtant, c'est aussi la journée où des milliers et des milliers de gens se nettoient, entrent et sortent, changent de places, rentrent par l'arrière.

Là, je parle de déménagement. Vous pensiez à quoi?

Oui ok, attendez. Je m'explique.

T'es tanné de ton logement, ton avis de départ a été donné en mars, tu sais alors que dans quatre mois, tu lèveras les feutres et ira habiter dans un autre endroit le 1er juillet? Il n'en reste pas moins que la veille du déménagement, vingt-sept trucs importants et nécessaires à régler arriveront, et ça, c'est quand tu es à ton affaire. Quatre mille trois cent huit , sinon

Donc le 30 juin, tu as déjà fait des boîtes depuis une semaine, question de ne pas trop être à la dernière minute. Tu en as ouvert quelques-unes toute la semaine en te disant: « Me semble que je l'avais pas serré parce que je savais qu'on allait s'en resservir?» Oui, tu l'avais serré, parce que tu t'en servais pas.

Tu planifies de ne pas te coucher trop tard, dû à la grosse journée du lendemain. Ça devrait être possible car, de toute façon, visiblement, il ne te reste que quelques boîtes à faire et à débrancher les gros appareils. Faux.

Finalement, s'apercevoir qu'on en a trois fois plus à faire que prévu, car c'est fou tout ce qu'on utilise jusqu'à la dernière minute. Remplir trop les boîtes. Les mettre sur le bord de la porte. Voir que le lustre de la chambre de la p'tite n'a pas été enlevé. Enlever le lustre en sacrant parce que la petite vis ne veut pas se défaire et se demander: «Il est où le lustre qui était là avant?» Ne rien mettre pour le remplacer en se souvenant que le p'tit Tommy avait trop exagéré sur un solo de guitare au Rock Band. Ne pas se rendre compte de l'heure. Vouloir aller se coucher. Ne pas aller se coucher. Continuer à ramasser. On finit la garde-robe et on va se coucher. Deux heures du matin, se coucher. Mal dormir avec les jambes qui bougent toutes seules par convulsions, car trop brûlé. Enfin le 1er juillet!! C'est le grand départ vers un meilleur endroit!

Lever à 6 heures. Réveillé par le soleil qui entre par la fenêtre dénuée de rideaux. Aller chercher le café au resto parce que les filtres en cône, le café et la machine sont paquetés. Boire son café pas de sucre car c'est des livres qu'il y a dans la boîte où il est inscrit au crayon-feutre «garde-manger». Ben coudonc...

Aller porter les enfants chez les grands-parents. «On revient les chercher vers midi quand tout va être fait.»

Revenir, recevoir un appel: «Pourrais-tu arrêter chercher du tape, j'pense qu'on va en manquer.»

Arrêter à la quincaillerie et ramasser quelques trucs utiles.

«322,91 $, Monsieur. C'est payable de quelle façon?»

De la même façon que les 17 fois depuis hier et les 22 autres fois d'ici la semaine prochaine. T'es connu maintenant à la quincaillerie et tu passes le même commentaire à chaque visite: «Ça coûte cher déménager, hein?!» Un classique qu'ils font semblant de ne jamais avoir entendu.

Vers 8 heures, revenu à la maison, tu constates que: toujours pas de camion.

Attendre le camion qui était prévu à 8 heures jusqu'à 9 heures.

Voir arriver ceux qui prennent ton logement à 9 heures après s'être dit: «Au cas où ils auraient fini à 10.» On aura pas fini à 10.

Se faire des sourires polis en se croisant dans les escaliers voulant dire: «On est dans la même galère.»

Le beau-frère et les amis arrivent au ralenti et un autre qui pouvait juste être là à midi espérant que les électroménagers seront faits. On t'attendait.

Dire à tes aidants «pas naturels»: «Bah! Deux voyages, trois, maximum! Je n'ai pas grand stock!»

Il y a aussi celui qui ne peut pas forcer après les gros meubles et qui finira par en essayer un en «forçant pas trop». Ce gars, il y en a un dans chaque déménagement. Mais bon, c'est lui qui te fournit son camion.

Commencer en force, un abat-jour sur la tête, une partie de Tetris s'installant tranquillement dans la boîte du 15 pieds. On se croise, on se fait des blagues, le rythme est bon.

Monter et descendre les escaliers en forçant un peu, beaucoup, du nez, crampé, bougonnant, en vous enfargeant, deux par deux, en choisissant d'y aller d'avant, en y allant de reculons, en regrettant d'avoir choisi de reculons. Vous me suivez? Pas dans le déménagement! Dans mon histoire! Ok, parfait.

Il est 17h15, après le cinquième et dernier voyage «comme prévu», tes aidants s'assoient tu lâches la phrase qui tue: «Je pensais pas avoir autant de stock. Pis j'en ai beaucoup jeté, imaginez. Y reste juste le cabanon, pis on a fini.» C'est à ce moment que le gars qui ne peut pas forcer, force.

«Voulez-vous une bière? Elle est chaude, je n'ai pas pensé à la glace dans la glacière. Va dans le camion, ouvre la porte du congélateur et regarde s'il en reste! Héhé.»

Vers 11h30, elle aurait pu être drôle celle-là. Pas six heures plus tard.

Dix-neuf heures. Décharge les dernières boîtes. «Call d'la pizz'». Fais manger ton monde. Remercie ton monde. Tu t'assois sur ton divan entre la pile de linge sur des supports et la boîte de jouets pour enfants.

Oh, les enfants!

Retourne les chercher, les ramène, tu leur fais leur simili-chambre avec leur simili-lit. Un matelas par terre. Y veulent pas, y pleurent, ils ont l'air énervés? Ah oui, le plat de bonbons de grand-maman!

Pendant que tu fais un minimum de rangement, tu les retrouves endormis, l'une sur le bras du divan et l'autre sur son poney en peluche, les fesses en l'air, la tête par terre. Tu vas les coucher. Pas l'envie qui manque de t'étendre aussi sur le poney. Faut pas.

Le pire est passé. C'est un nouveau départ dans ta nouvelle maison! Deux semaines plus tard, le rangement, la peinture, la déco sont faits.

La vie reprend son cours (ta vie sexuelle aussi) et tes bras ankylosés sont enfin capables de lever à 90 degrés. Ma théorie est donc que s'il y a un déménagement, l'activité «jouer aux fesses» est momentanément interrompue.

Donc, si tu es né durant le mois d'avril, soit 38 à 42 semaines de grossesse plus tard que le 1er juillet, tes parents n'ont assurément pu déménager l'année d'avant! Ah! Impossible! Dû à l'abstinence sexuelle temporaire qui s'installe suite au déménagement. C'est un fléau de société méconnu que déménager et taux de natalité, ne font pas bon ménage! Tu l'auras appris ici-même par moi, ton blogueur divertissant!

Sur ce, bon déménagement!

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