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29/10/2018 06:00 EDT | Actualisé 29/10/2018 06:00 EDT

Un Trump en Mongolie

Face aux énormes défis qui confrontent la Mongolie, le nouveau président aura fort à faire pour donner au pays une stabilité politique plus fiable.

ASSOCIATED PRESS
L'an dernier, le pays s'est donné un nouveau président, Khaltmaa Battulga, un adepte des arts martiaux et un ami de Vladimir Poutine.

Il y a des pays dont on parle peu. La Mongolie appartient à cette catégorie.

Le pays a manqué sa chance de sortir de l'ombre cet été. Sa capitale avait été évoquée comme le possible lieu de la rencontre Kim-Trump, qui a finalement eu lieu à Singapour. Avouons que les projecteurs du monde entier auraient bien servi ce pays si peu connu!

Peu de gens savent que son territoire est l'équivalent de celui du Québec, mais que sa population de seulement 2,5 millions d'habitants lui donne une densité parmi les plus basses au monde. Sa capitale, Oulan Bator, est l'une des villes les plus froides de la planète, avec des températures moyennes de -20o C en hiver.

Le pays, que l'on peut penser homogène, est en fait diversifié ethniquement, quoique les Mongols y soient majoritaires.

Sur la scène internationale, la Mongolie cherche à jouer un rôle utile en participant à de nombreuses opérations de paix de l'ONU et est le principal contributeur à ce type de mission per capita.

Coincée entre la Russie et la Chine, la Mongolie a toujours eu de la difficulté à maintenir son indépendance entre l'empire russo-soviétique et l'Empire chinois.

La Mongolie, comme bien des pays en développement, est affectée par la corruption et les problèmes économiques sont énormes.

La Chine, longtemps après l'indépendance de la Mongolie réalisée en 1911, a continué de revendiquer ce territoire et certains le reluquent encore aujourd'hui. Néanmoins, l'immense influence économique chinoise semble rendre inutile toute velléité de domination politique. La Chine ayant dans sa province de Mongolie intérieure une forte population mongole, conserve un intérêt direct dans la stabilité de son voisin comme de sa propre province, où des heurts antichinois ont eu lieu il y a quelques années.

La Mongolie, comme bien des pays en développement, est affectée par la corruption et les problèmes économiques sont énormes. Le pays est encore trop dépendant de ses riches ressources minières pour soutenir la croissance économique. Ces richesses font l'envie non seulement de ses voisins, qui la courtisent, mais de bien d'autres pays comme le Japon ou les États-Unis.

Une scène politique en effervescence

Le pays était présenté, jusqu'à récemment, comme un modèle de transition démocratique, étant passé d'une République socialiste de type soviétique à une démocratie pluraliste, dans laquelle il y a alternance régulière du pouvoir. Peut-être un peu trop, car l'instabilité politique est marquée: treize gouvernements s'y sont succédé depuis 25 ans.

En 2008, le pays a connu des violences postélectorales, qui se sont soldées par des morts.

L'an dernier, le pays s'est donné un nouveau président, Khaltmaa Battulga, un adepte des arts martiaux et un ami de Vladimir Poutine.

Comme monsieur Trump, le président mongol se présente comme homme d'affaires populiste ayant pour mission de remettre le pays sur les rails. Par contre, sans majorité parlementaire, sa tâche est compliquée, comme pourrait d'ailleurs l'être celle de M. Trump à l'issue des prochaines élections de mi-mandat, dans deux semaines.

Face aux énormes défis qui confrontent la Mongolie, le nouveau président aura fort à faire pour permettre à son pays de reprendre les niveaux de croissance économique d'il y a quelques années.

Face aux énormes défis qui confrontent la Mongolie, le nouveau président aura fort à faire pour permettre à son pays de reprendre les niveaux de croissance économique d'il y a quelques années et, surtout, de donner au pays une stabilité politique plus fiable.

Un héritage ambigu

Il est certes un peu bizarre que le nom du grand conquérant mongol Genghis Khan ait été donné à l'aéroport international et que son nom se retrouve partout. Compte tenu des ravages et des massacres qui ont accompagné les invasions mongoles du 13e siècle, c'est un peu comme si on donnait le nom d'Adolphe Hitler à des installations publiques ou qu'on lui érigeait des monuments.

Mais, pour le pays, ce nom est la source d'un flux important de touristes et, avec un revenu annuel moyen de 3000$, la Mongolie a besoin de cette manne pour apporter un peu de richesse à ses provinces pauvres.

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