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21/05/2018 09:00 EDT | Actualisé 21/05/2018 09:00 EDT

Mark Roswell dit Dashan, quidam ici, Chinois là-bas !

Il y est célèbre, car il fut l'un des premiers étrangers à passer régulièrement à la télévision chinoise et qu'il maîtrise, en excellent mandarin, un art de conter et raconter des histoires où les jeux de mots, fort prisés des Chinois depuis toujours, sont à l'honneur.

Fournie par Patrice Dallaire
Mark Roswell et Patrice Dallaire.

Il y a deux semaines je vous ai parlé de Norman Bethune et j'ai mentionné que lui et Mark Roswell étaient les Canadiens les plus connus en Chine, mais peu connus ou oubliés au Canada.

Roswell demeure peu connu bien qu'il y a quelques années l'ONF ait produit un documentaire à son sujet et même si quelques reportages ont été réalisés pour la télévision canadienne.

Mais Roswell est célèbre en Chine où il est connu sous le nom de Dashan (大山), qui pourrait se produire par « haute montagne » (il est très grand, d'ailleurs). Il y est célèbre, car il fut l'un des premiers étrangers à passer régulièrement à la télévision chinoise et qu'il maîtrise, en excellent mandarin, un art de conter et raconter des histoires où les jeux de mots, fort prisés des Chinois depuis toujours, sont à l'honneur. Des politiciens canadiens se servent de lui pour mousser leur image ou celle du pays en Chine. Il a ainsi servi d'ambassadeur spécial à l'occasion des Jeux olympiques de 2008 à Beijing et de l'Expo 2010 à Shanghai et a aussi été un ambassadeur de bonne volonté. Il faut donc reconnaître sa générosité et sa disponibilité.

Il prête aussi sa célébrité à des annonces d'intérêt public en Chine, par exemple pour promouvoir la protection de l'environnement.

Des millions de Chinois le suivent sur Weibo, le Twitter chinois.

Une anecdote cocasse

J'ai eu la chance de voyager avec lui en Chine, à Changchun et Xi'an, notamment, dans le cadre de campagnes publiques de lutte au tabagisme. Roswell avait accepté de mettre sa personnalité en Chine au service de ces campagnes. Malgré sa célébrité, il demeure une personne extrêmement affable et facile à aborder.

La réaction que sa présence provoquait dans des lieux publics en était une d'hystérie des foules, semblable à celles observées pour les plus grandes vedettes du cinéma ou de la chanson, nécessitant des moyens policiers pour contrôler les débordements. Les gens se précipitaient pour le toucher et avoir son autographe et ceux qui ne pouvaient l'atteindre me demandaient mon autographe à moi (qui n'étais qu'un étranger parmi d'autres étrangers en Chine), du simple fait que je l'accompagnais, et semblaient heureux d'avoir ma griffe!

Quand des Chinois me demandaient si je savais qui était Dashan et que je leur répondais que non seulement je le savais, mais que je le connaissais personnellement, ils en devenaient béats d'admiration!

Roswell était disponible pour ces campagnes antitabac, car il déplorait fortement le tabagisme et ses conséquences pour la santé. Il disait toujours dans ses discours que l'habitude de fumer serait perçue dans quelques décennies comme aussi « barbare » socialement et aussi répréhensible que l'ancienne pratique du bandage des pieds des jeunes filles ne l'est aujourd'hui.

Il offrait ses services bénévolement; d'ailleurs, nous n'aurions jamais pu nous payer un tel ambassadeur! Le temps qu'il donnait à nos campagnes et la visibilité médiatique qu'entraînait sa présence à tout endroit avaient une valeur incalculable. Ce n'était pas peu quand on pense que son nom chinois et son image servent à vendre d'innombrables produits en Chine, comme des autos, des vitamines, des applications pour téléphones portables, etc. Ces publicités ont fait de lui un homme riche. D'ailleurs, comme il serait impossible pour lui de vivre normalement en Chine tellement il est reconnu partout, il vit dans la région de Toronto depuis plusieurs années, dans un anonymat public presque complet, et ne retourne en Chine que par affaires ou pour des apparitions télévisées.