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01/01/2018 09:00 EST | Actualisé 01/01/2018 09:00 EST

Le diable est aux vaches! (1)

Les exemples actuels de dérives autoritaires sont trop nombreux de par le monde pour les ignorer!

Getty Images/iStockphoto

Cette vieille expression française, synonyme de confusion, de chaos et de désordre, traduit bien l'état du monde actuel.

Lorsque le leader du monde libre, les États-Unis d'Amérique, cesse d'être un phare dans la nuit des peuples, lorsque la plus grande démocratie implose sous le poids de ses propres faiblesses érigées en dogmes constitutionnels intouchables (comme le droit de porter des armes), lorsque le président de ce pays-là en vient à se conduire comme un bully de cour d'école, alors les repères moraux disparaissent et l'on se retrouve dans un monde où règne la loi du plus fort.

Loin de la Déclaration d'Indépendance et des nobles principes démocratiques qui l'inspirèrent, au lieu de servir d'étoile polaire politique, le compas moral américain, depuis la Guerre d'Irak et en particulier sous l'administration actuelle, cède la place à une girouette qui désoriente les nations du monde qui étaient pourtant prêtes à s'orienter sur l'idéal démocratique.

La loi et l'ordre

La « loi du plus fort » est généralement accompagnée d'un complément : l'ordre. On revient donc à l'idée ultraconservatrice de la loi et l'ordre, couple « enfanteur » des pires dérives autoritaires et populistes.

Et comme un refrain incantatoire, on nous répète qu'il faut maintenir la loi et l'ordre, la loi et l'ordre, la loi et l'ordre...

Mais de quelle loi et de quel ordre parle-t-on? Un ordre constitutionnel, imposé au plus faible par le plus fort, pour enfermer des peuples, aujourd'hui les Catalans et qui sait demain les Québécois, dans des prisons juridiques? Un ordre économique qui se traduit le plus souvent par l'esclavage des peuples et des individus et leur soumission aux diktats et aux intérêts des entreprises multinationales, sans nom et, surtout, sans conscience?

Quiconque remet en cause le bien-fondé de la logique économique, même si elle mène à la surconsommation, au gaspillage, au dépeuplement des régions agricoles et, on le voit trop bien, à un saignement à blanc des ressources de la planète, se fait taxer de gauchisme.

De la dictature de la croissance économique aux dirigeants dans l'ombre des agences de notation de crédit qui dictent leur conduite aux gouvernements et au peuple (avec la complicité des médias qui y font écho sans regard critique), du nouveau Dieu du produit national brut au libre-commerce (sans égard aux conséquences sur nos campagnes), tout le système est érigé en feuille de route qu'on dit incontournable pour les peuples. Quiconque remet en cause le bien-fondé de la logique économique, même si elle mène à la surconsommation, au gaspillage, au dépeuplement des régions agricoles et, on le voit trop bien, à un saignement à blanc des ressources de la planète, se fait taxer de gauchisme. Certes, il y a des ayatollahs de la rectitude aussi dans les groupuscules de gauche, comme il y a de dangereux idéologues à droite. Mais l'idée de fraternité humaine, elle, a toujours ses lettres de noblesse et cette valeur universelle campe d'abord à gauche.

Les exemples actuels de dérives autoritaires sont trop nombreux de par le monde pour les ignorer! En Europe, on voit les régimes en Autriche, en Hongrie, en Pologne, en Turquie et en Russie gruger les libertés individuelles et museler la presse. Des tentations populistes et xénophobes apparaissent en Hollande, en France et en Allemagne. En Amérique du Sud, c'est un Maduro, succédant au démagogue Chavez, qui à coup de manipulations électorales et judiciaires conserve le pouvoir malgré la volonté populaire, au prix d'un pays étouffé économiquement, où les médicaments manquent et l'inflation à 741 % ravage le pays comme un ouragan. On pense aussi à un Evo Morales qui, en Bolivie, cherche à s'accrocher au pouvoir malgré qu'il ait depuis longtemps épuisé son capital politique et qui maintenant, comme Maduro, s'en prend aux journalistes, derniers remparts de vérité. En Afrique, la chape islamique radicale est tombée sur de nombreux pays, le Zimbabwe, dirigé jusqu'à récemment par un autocrate de 93 ans au pouvoir depuis 40 ans, continue de s'enfoncer dans la spirale d'une inflation à 500 milliards pour cent (500 suivi de neuf zéros!). En Asie, les anciennes républiques soviétiques d'Asie centrale sont presque toutes dirigées par des régimes autoritaires et des dictateurs bien installés qui se maintiennent au pouvoir en réprimant toute opposition et profitant de la situation pour s'enrichir avec leurs amis. La Corée du Nord, elle, pays dit du « matin calme », devient une menace réelle à la paix du monde et on assiste à un recul des libertés dans plusieurs autres pays, notamment la Thaïlande, quoique aucun n'ait versé dans le délire aussi loin que le Trump philippin, Rodrigo Duterte. Ce dernier prouve bien qu'il faut être vigilants et se méfier des leaders populistes qui surfent sur le mécontentement des foules, ou de certaines classes de la population, pour se bâtir un pouvoir personnel dont ils abusent, se croyant tout permis parce qu'ils ont été élus.

Parallèlement, des multinationales sont plus puissantes que la plupart des pays du monde et sur le terrain, en muselant leurs opposants à coups de poursuites-bâillons devant les tribunaux, obtiennent ce qu'elles veulent des richesses des pays et exploitent carrément les travailleurs ou, plus simplement, achètent les dirigeants nationaux ou les cadres locaux.

Dans mon prochain blogue, j'aborderai la façon de réagir face au système économique qu'on nous impose bien subtilement (à suivre...)

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