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05/05/2014 11:25 EDT | Actualisé 05/07/2014 05:12 EDT

Il y a 150 ans, la bataille de Wilderness

Il y a 150 ans (les 5 et 6 mai 1864), le général Grant engage la dernière campagne, celle qui doit clore la Guerre de Sécession. Son objectif est de faire passer ses troupes à travers la forêt de Wilderness avant que Lee ne puisse le stopper. Mais, les évènements ne se passent pas comme prévu.

Il y a 150 ans (les 5 et 6 mai 1864), le général Grant engage la dernière campagne, celle qui doit clore la Guerre de Sécession. Son objectif est de faire passer ses troupes à travers la forêt de Wilderness avant que Lee ne puisse le stopper. Mais, les évènements ne se passent pas comme prévu.

Lee s'est déplacé avec son armée de 60 000 hommes afin d'intercepter l'armée de Grant qui en totalise plus de 120 000. À l'encontre des ordres de Lee, qui souhaitait attendre les renforts du corps de Longstreet, une offensive est lancée contre les nordistes à l'intersection des routes qui mènent vers le sud. Plus de 45 000 sudistes, commandés par le général Ewell, s'élancent contre les 100 000 nordistes du général Meade. Si la bataille est longuement incertaine, d'une violence inouïe, les nordistes prennent l'avantage et repoussent les sudistes. À ce moment, il aurait été possible d'écraser Lee définitivement; mais les troupes étant trop épuisées, elles ne sont plus en mesure de faire le moindre mouvement. Il faut remettre le tout au lendemain.

Le 6 mai, à 5 h du matin, Grant lance ses troupes à travers la forêt de Wilderness. Pour les sudistes, la situation tourne déjà à leur désavantage. Les premières lignes sont enfoncées et rien ne semble arrêter les nordistes. Lee, dont le quartier général se trouve aux abords de la ligne de feu, veut se mettre à la tête des Texans pour lancer une contre-attaque. Ceux-ci refusent d'attaquer si le général ne se met pas à l'abri. Lee y consent. Les Texans contre-attaquent et stoppent les nordistes dans la forêt. Grant fait intervenir des renforts. La bataille fait rage. Or, même si les brigades sudistes réussissent à se maintenir sur leurs positions, les pertes s'accumulent et le moral baisse rapidement. De leur côté, les nordistes ne sont pas en mesure de profiter de cet état de fait. Dans les taillis et les bois épais, les généraux ne savent plus où se trouvent leurs unités; en fait, il est impossible de coordonner les mouvements de l'armée.

À ce moment, Longstreet arrive avec son corps d'armée et attaque le flanc gauche du dispositif de Grant. Ses lignes sont enfoncées et ses troupes commencent à battre en retraite. Pour ajouter à la confusion, en pleine bataille, un incendie se déclare dans la forêt. Sans discrimination, le feu s'attaque aux blessés des deux camps. Des hommes, immobilisés et abandonnés sur place en attendant que les combats prennent fin, à travers le bruit des canons et le son des clairons, crient leur désespoir. Ils implorent vainement qu'on les sauve. Mais rien n'y fait, ils seront atteints par les flammes et brûlés vifs.

Pour Grant, avec la nuit qui est sur le point de tomber, il est temps de désengager ses troupes. À ce moment, le découragement règne à son quartier général. Les officiers de son état-major parlent de retraite vers Washington, d'autres encore, inquiets, se demandent ce que Lee va faire. Mais contrairement à ses prédécesseurs, malgré la perte de 17 000 hommes contre 10 000 sudistes, Grant va repasser à l'offensive. Il s'exprime en ses termes : « J'en ai par-dessus la tête d'entendre ce que Lee va faire ; vous avez toujours l'air de croire qu'il va nous faire un double saut périlleux et atterrir sur nos arrières et nos deux flancs à la fois. Regagnez donc votre commandement et essayez un peu de penser à ce que nous allons faire nous-mêmes plutôt qu'à ce que Lee est en train de penser. » Le lendemain, l'armée se remet en marche; mais cette fois, vers le sud.

À propos de Grant, Sam Watkin, simple soldat dans l'armée de Virginie du Nord, écrit : « Voilà un nouveau général si mal au courant des traditions militaires de notre secteur que, au lieu de se retirer, il a la témérité d'avancer pour tenter de conclure à nouveau. Nous fûmes très déçus du général Grant et très curieux de savoir combien il lui faudra de temps pour reconnaître son erreur. »

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