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09/02/2014 09:06 EST | Actualisé 11/04/2014 05:12 EDT

L'industrie musicale se stabilise-t-elle grâce à une meilleure compréhension des outils numériques?

L'industrie de la musique reprend des couleurs en 2013, avec une stabilisation des revenus des professionnels de la musique et parfois même une hausse dans certains marchés spécifiques. C'est donc cette tendance enthousiasmante, qui a été confirmée pendant le festival MIDEM qui s'est tenu à Cannes du 1er au 4 février.

La piste privilégiée, pour expliquer cette «reprise de l'activité», est une meilleure intégration des codes du numérique dans la promotion et la stratégie marketing des artistes et producteurs. Cela aurait permis une meilleure monétisation des œuvres via les leviers en ligne et donc davantage de profits pour les maisons de disque. Il est alors intéressant d'analyser la stratégie de trois artistes internationaux, qui ont su tirer leur épingle du jeu en 2013, et jouer des leviers offerts par Internet et les réseaux sociaux pour renforcer leur notoriété ainsi que leurs revenues.

Beyoncé :

L'artiste américaine ne s'était pas particulièrement illustrée cette année jusqu'au début de décembre avec le lancement de son 5e Album solo, Visual Album, un parfait exemple de l'efficacité de «l'effet de Halo». Toutes les chansons (14) et les clips vidéos (17) de son album n'étaient visibles que sur iTunes, les chansons sont vendues au prix de l'Album pendant tout le mois de décembre à 15,99 $. Pour beaucoup d'observateurs, elle a prouvé que le business model de l'album est encore valide à l'heure du numérique grâce à cette stratégie de monétisation novatrice. Par ailleurs, les retombées médiatiques de cette stratégie sont colossales, avec une exposition dans les journaux télévisés du monde entier, sans aucun investissement de communication. Sur les réseaux sociaux, c'est la déferlante avec 1,2 million de tweets générés en seulement 12h! Et la vente de 430 000 albums en 24h, record du monde de ventes en volume et en valeur d'un contenu numérique sur Internet dans ce laps de temps.

Pharrell Williams :

Il a participé, en 2013, aux trois duos les plus marquants de l'année avec DaftPunk, Robin Thicke et Miley Cyrus (il a notamment co-produit son album). Le 20 novembre 2013, Pharrell sort son dernier simple Happy, avec le clip le plus long de l'histoire (24h, homologué comme record du monde). Le clip est réalisé par le duo de français We are from LA, il contient 340 plans séquence qu'il est possible de partager distinctement via les réseaux sociaux. Le site Internet dédié au clip de 24h a reçu, le 15 janvier, le prix FWA du meilleur site Internet de 2013. Par ailleurs, le clip a été diffusé sans publicité ni interruption sur MTV Base entre le 31 décembre et le 1er janvier. Pharrell Williams a connu la consécration au Grammy Awards avec quatre nominations, deux prix partagés avec Daft Punk ainsi que le prix du meilleur producteur de l'année. Sa compréhension des codes du numérique lui a permis de générer le buzz tout au long de l'année et de promouvoir à moindres frais l'ensemble de ses œuvres et productions.

Justin Bieber :

Après sa tournée mondiale Believe Tour qui a engrangé des revenus records, Bieber a annoncé, le jour de Noël, sa retraite à 19 ans. Beaucoup y ont vu, à juste titre, un très beau coup de communication de l'icône de la génération Z. En effet, il a réussi à s'assurer gratuitement une large couverture médiatique le jour de Noël, ce qui coïncidait aussi avec la sortie de son second film autobiographique Believe... Quoi qu'il en soit, Justin Bieber est le plus technophile des super stars actuelles de l'industrie musicale, sa chaîne YouTube, qu'il a lancée à l'âge de douze ans, est l'une des plus populaires au monde. Ces dernières frasques avec la justice n'ont pas écorné son image auprès de sa base de Core-fans, les Beliebers, qui continuent à le soutenir très fortement sur les réseaux sociaux tout comme chez les disquaires...

Il semble que l'année 2014 soit un tournant dans l'intégration de la stratégie numérique comme composante essentielle du mix marketing des artistes. Qu'ils soient des superstars ou de nouvelles pousses. Ce que l'on a pu observer au MIDEM, c'est que les maisons de productions et autres labels, sont près à donner davantage de liberté à leurs artistes pour créer un buzz et engendrer le maximum d'interactions sur les réseaux sociaux pour renforcer leur profil d'audience et optimiser leur monétisation.

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