POLITIQUE
01/03/2018 16:37 EST | Actualisé 01/03/2018 16:49 EST

Valérie Plante, rock star ou victime?

Elle accuse les médias d'avoir été durs avec elle lors de l'épisode du budget, laissant entendre que c'est parce qu'elle est une femme.

Getty Images

Valérie Plante, première mairesse de Montréal, a été accueillie en rock star jeudi, lors d'un colloque sur les femmes en politique. Elle accuse toutefois les médias d'avoir été durs avec elle lors de l'épisode du budget, laissant entendre que c'est parce qu'elle est une femme.

Les jours qui ont suivi l'adoption de son premier budget ont été difficiles pour Mme Plante et son administration. Un sondage effectué quelques jours plus tard indique que le taux d'insatisfaction à son égard a atteint 59%.

Mais, chose certaine, l'étoile de Mme Plante n'a pas pâli aux yeux des dignitaires et des participants du colloque.

«On va se le dire, la rock star en politique en ce moment, c'est Valérie Plante» a dit l'animatrice de l'événement Josée Boileau, ex-rédactrice en chef du quotidien Le Devoir.

Critiquée parce que femme?

Lors d'un échange avec la mairesse, Mme Boileau lui a demandé si elle avait été traitée plus durement pour son budget parce qu'elle est une femme. Mme Plante a hésité avant de laisser entendre que oui.

«C'est toujours très embêtant pour une femme de répondre à cette question. Même pendant la question du budget, je n'osais pas vraiment parce que je ne voulais pas tomber dans les commentaires comme "ah, elle se victimise", ou "ah, elle n'est pas assez forte". [...] Je pense que les médias ont saisi le fait que j'ai eu une montée assez fulgurante, et disons que je les ai trouvés un peu rapides sur la gâchette», a-t-elle dit.

La question du traitement des femmes en politique a divisé les participants du colloque. La ministre responsable de la Condition féminine, Hélène David, ne voit pas de différence. Sauf en ce qui concerne l'apparence physique.

«Je ne conclurais pas du tout à une généralité pour dire que les journalistes sont plus durs avec les femmes qu'avec les hommes. [...] Mais c'est peut-être plus exigeant pour une femme du côté de ne pas avoir l'air fatiguée, de se maquiller, d'être bien coiffée, d'être bien habillée. Il faut combattre ces clichés», dit-elle en entrevue au HuffPost Québec.

Même son de cloche du côté de Doreen Assaad, qui a remporté la mairie de Brossard en novembre.

«Je pense que n'importe quel politicien qui a pris une position et qui, par après... Je ne pense pas que les journalistes ont été plus durs avec elle qu'avec un autre politicien», dit-elle.

Colette Éthier et Nathalie Boisclair, deux conseillères municipales de Longueuil, ont plutôt l'opinion contraire.

«Il faut démontrer, plus qu'un homme, qu'on a une place à faire valoir, des idées à faire valoir, des orientations», affirme Mme Éthier.

Mme Plante a récemment passé la barre des 100 jours de son administration. Dans une entrevue au HuffPost Québec, elle a souligné l'importance de son élection comme symbole de la place des femmes en politique.