POLITIQUE
14/06/2018 16:13 EDT | Actualisé 14/06/2018 20:31 EDT

Les calèches seront interdites à Montréal dès 2020

La saison estivale 2019 sera la dernière pour les caléchiers et les touristes.

Getty Images

La Ville de Montréal mettra fin aux calèches dans le Vieux Montréal à partir du 1er janvier 2020. Les caléchiers pourront donc opérer pendant encore deux saisons avant de plier bagage.

L'administration Plante a affiché ses couleurs plusieurs fois dans ce dossier depuis les élections de novembre 2017. Selon Craig Sauvé, Montréal doit passer à autre chose.

«Nous avons reçu de nombreuses plaintes, malgré le resserrement de l'encadrement et de la réglementation. Le constat est clair: les incidents malheureux en lien avec les chevaux de calèche vont continuer à survenir», affirme M. Sauvé.

Celui-ci ajoute qu'il croit que la période de transition se fera en douceur.

Ce n'est pas la première fois que Montréal tente de bannir les calèches. En 2016, l'ex-maire Denis Coderre avait tenté d'imposer un moratoire alors que les permis avaient déjà été octroyés. La mesure avait suscité un tollé chez les caléchiers, qui ont demandé et obtenu une injonction contre le maire.

M. Coderre a finalement abandonné l'idée d'interdire les calèches, préconisant plutôt un resserrement des règles et des investissements éventuels dans une nouvelle écurie.

L'industrie compte poursuivre... encore

Selon M. Sauvé, l'administration Plante ne risque pas le même genre de poursuite judiciaire, puisqu'elle annonce la fin des permis 18 mois avant l'entrée en vigueur de la mesure.

Or, le propriétaire de la principale écurie du Vieux-Montréal, Lucky Luc, menace déjà de poursuivre la Ville. Questionné sur l'impact de cette décision sur la rentabilité de son entreprise, Luc Desparois se montre combatif.

«Je perds tout si j'ai pas le Vieux Montréal. Mais je ne vais pas mettre la clé à la porte. On va mettre l'avocat à la Ville», lance-t-il.

«Un cheval de calèche est suivi, il est surveillé. Il y a trois niveaux de vétérinaires qui passent sur un cheval juste pour confirmer son état de santé. Qu'est-ce qu'ils veulent de plus? On a tout fait ce qu'ils veulent depuis cinq ans», ajoute-t-il.

M. Desparois affirme que la fin des calèches causera la perte de 50 emplois dans son écurie. Selon lui, les autres sources de revenus, comme les contrats privés pour des mariages et des événements, ne suffiront pas pour payer l'entretien de sa vingtaine de chevaux.

Josée Lapointe, présidente de l'Association pour la protection du patrimoine équin en milieu urbain, abonde dans le même sens. Propriétaire de trois chevaux et deux permis de calèche, elle poursuivra aussi la Ville.

«Mme Plante, qu'elle commence par donner l'exemple: qu'elle se défasse de sa cavalerie. Ils sont pas mal plus stressés que mes chevaux!», lance-t-elle.