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18/03/2018 08:00 EDT | Actualisé 18/03/2018 08:00 EDT

«Love, Simon»: un film qui fera du bien

À mes 17 ans, un tel film où j'aurais pu me reconnaitre dans les personnages n'avait jamais croisé mon chemin.

Pollyana FMS via Getty Images

C'est avec impatience que plusieurs Américains attendaient la sortie du tout nouveau film Love, Simon faisant part des péripéties d'un jeune adolescent gai. Cette œuvre cinématographique du réalisateur Greg Berlanti est dans une classe à part mettant l'attention première des intrigues sur le personnage principal et son orientation sexuelle.

Fait anodin, Greg Berlanti, lui-même étant de la communauté LGBT, est marié au joueur de Soccer Robbie Rogers. En 2013, ce dernier avait écrit une page d'histoire en devenant le premier homme ouvertement LGBT dans un sport majeur nord-américain. Quelques mois ensuite, c'était au tour du joueur de Basketball, Jason Collins, de suivre le tracé. À la suite de sa sortie du placard, Rogers avait par le fait même écrit Coming Out to Play, un roman sur son parcours de vie vers sa pleine acceptation de soi.

Sans équivoque, les deux membres du couple peuvent laborieusement se dissocier de ce film évoquant des faits de leur vie respective. Le réalisateur du film hollywoodien puise loin et tente d'aider les jeunes adolescents se questionnant sur leur identité sexuelle. La bande-annonce laisse présager un film comique dans l'ensemble. Ça donne assurément le gout de voir ledit enregistrement télévisuel. J'ai l'impression que ce ne sera pas un film révolutionnaire et très profond, mais toutefois d'une très grande importance.

L'Histoire en abrégé

Simon, jeune typique de 17 ans, a un secret que personne ne connait sauf lui. Il est au courant de son orientation sexuelle. Ce film, d'un peu moins de deux heures, suit les péripéties courantes de cet adolescent qui doit venir à terme avec son identité. Vivant sous le même toit que sa sœur et ses deux parents, il doit, par le fait même, s'ouvrir à ses proches et ses amis(e)s. Sur le net, par l'entremise d'un blogue, il aperçoit une confession anonyme venant d'un autre étudiant. Par cette vue, il commence à converger avec cet inconnu à qui il peut s'ouvrir. Bien loin d'être une histoire complètement fictive, cette pièce évoque le fameux questionnement sexuel avec lequel bien de jeunes adolescents doivent faire face. Cette histoire ne touche pas uniquement les jeunes personnes gaies, mais bien tous les adolescents ayant des incertitudes en grandissant. Et en grandissant, Dieu sait que nous rencontrons tous des doutes. Contrairement à d'autres films LGBT, tels Moonlight ou bien Call Me by Your Name, celui-ci est bien moins intense en émotion étant une comédie dramatique.

Il faut préciser que cette œuvre est une adaptation du livre Simon Vs The Homo Sapiens Agenda écrit par Becky Albertalli. Un livre que je n'ai pas encore eu la chance de dévorer. Je devrai m'y mettre puisque l'on comprend toujours mieux un film lorsque nous avons en possession son adaptation littéraire.

L'importance d'un tel long-métrage

Certains diront : pourquoi donner une telle importance à un film LGBT ? Décidément, nous ne sommes pas rendus à un moment où l'acceptation des personnes gaies ou lesbiennes s'avère à être chose accomplie. Et sans directement répondre à la question, alors pourquoi y'a-t-il encore des problèmes d'intimidations dans les écoles ? Peut-être qu'en théorie, nous allons tous nous dire tolérants et acceptants : c'est voir si la pensée se concrétise lorsque confronter à une différence quelconque.

Plus spécifiquement, aux États-Unis, la tolérance et l'acceptation de la communauté visée tardent bien que mal à venir. Les lois sont bien mieux adaptées qu'avant bien que ça soit dans nos vies de tous les jours où l'homophobie peut causer des ennuis. Au Sud de notre frontière, les thérapies de conversion sont encore légales dans 41 des 50 États. Ces cures, souvent opérées sous prétextes religieux, tentent, tant bien que mal, de convertir les « coupables » LGBT à des gens hétérosexuels dits « normaux ».

Ce film peut très bien être considéré comme marquant une nouvelle ère étant le premier film, du très prestigieux studio 20th Century Fox, à avoir comme personnage principal quelqu'un de la communauté gaie.

Ce film peut très bien être considéré comme marquant une nouvelle ère étant le premier film, du très prestigieux studio 20th Century Fox,à avoir comme personnage principal quelqu'un de la communauté gaie. Dans la généralité des cas, ces personnages LGBT ne jouent qu'un rôle de soutien sans être à l'avant-scène du scripte cinématographique. À mes 17 ans, un tel film où j'aurais pu me reconnaitre dans les personnages n'avait jamais croisé mon chemin. Pour les futures générations d'adolescents, il sera donc plus facile de pouvoir se comparer à des gens semblables à eux-mêmes. Chose certaine, de tels films ont un réel pouvoir de briser certaines isolations émotionnelles pouvant survenir dès un jeune âge. Avec de telles histoires, ce peut très bien que certaines anxiétés reliées à l'identité seront amenées à disparaître.

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