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05/03/2018 09:00 EST | Actualisé 05/03/2018 12:24 EST

Dernier débat de la course à la chefferie du Parti conservateur de l’Ontario

Ce fut un débat rempli de consensus où aucune occasion ne fut perdu pour détruire le bilan du gouvernement libéral.

La Presse canadienne
Tanya Granic Allen, Caroline Mulroney, Christine Elliott et Doug Ford, les candidats à la chefferie du Parti conservateur de l'Ontario.

Le débat de la dernière chance des candidats de la course à la chefferie du Parti conservateur de l'Ontario avait lieu mercredi dernier dans la capitale fédérale. Cet affrontement spectaculaire était diffusé en direct de la page Facebook du HuffPost Canada Politics. Sans la moindre surprise, les agissements passés de Patrick Brown étaient sur toutes les lèvres.

Les dernières semaines mouvementées au Parti conservateur de l'Ontario

En amont du 24 janvier, tout allait comme sur des roulettes pour le Parti conservateur de l'Ontario et son chef. Depuis 2015, sous le leadership de Patrick Brown, le Parti conservateur de l'Ontario avait inscrit un nombre record de 188 000 membres. De ce pas, les conservateurs devançaient les libéraux et les néo-démocrates en matière de financement politique. De plus, le parti était en avance sur les libéraux de Wynne dans les intentions de vote.

Des accusations d'inconduites sexuelles, soulevées par une enquête du réseau CTV, ont soudain vu le jour à l'endroit de Monsieur Brown. Ce dernier avait dû démissionner sur-le-champ: la soirée même où était diffusé le reportage journalistique. Dorénavant, le parti doit élire un nouveau chef. Le tout est alors à refaire et vite en plus de cela puisque les élections provinciales se tiendront le 7 juin.

Qui sont les candidats à la succession de Patrick Brown ?

La campagne actuelle est un sprint, bien plus qu'une course. Celle-ci est composée d'une impressionnante brochette de candidats différents l'un de l'autre. Il va de soi que trois des quatre candidats sont connus du public pour cause de leur lien familial. Je parle, ici, de Doug Ford, Christine Elliott et Caroline Mulroney. D'ici l'annonce des résultats, la quatrième candidate, Tanya Granic Allen, n'a que de faible chance de créer la surprise. Elle peut cependant se faire un nom et ainsi devenir une étoile montante à l'intérieur du parti.

Doug Ford, longtemps conseiller municipal à Toronto, a une certaine notoriété grâce au tempérament bouillant qu'avait son défunt frère Rob. La famille Ford a la politique dans le sang et maintenant ne fait pas exception à la règle puisque le neveu de Doug, Michael Ford, est un élu à l'hôtel de ville. À ne pas oublier, Doug Ford s'était présenté à la mairie de Toronto lors des dernières élections municipales.

Quant à elle, Caroline Mulroney est pratiquement méconnue du public ayant passé la majeure partie de sa jeune carrière professionnelle dans le secteur privé. Cela dit, son nom de famille lui colle à la peau étant la fille de l'ancien premier ministre canadien Brian Mulroney. D'une visée optimiste, sa candidature n'est pas à prendre à la légère.

Christine Elliott s'avère à être une politicienne depuis un certain temps déjà ayant été élue à Queen's Park auparavant. Cette dernière est l'ancienne conjointe du ministre des Finances sous le gouvernement Harper, Jim Flaherty. Ce n'est point la première fois que celle-ci se présente à la tête du Parti conservateur de l'Ontario (2009 et 2015). La troisième fois sera-t-elle la bonne ? Et au dire des derniers sondages, cette dernière serait coude-à-coude, dans les intentions de vote des membres conservateurs avec nul autre que Doug Ford.

Un sommaire de la dernière joute électorale

Fait inexplicable, le français fut le grand absent du débat. En une heure et demie, une seule phrase en français fut prononcée. C'était par Caroline Mulroney lors de son discours de clôture. En 2011, Statistiques Canada recensait environ 561 155 Franco-ontariens. Il est donc surprenant que les candidats n'aient pas davantage parlé dans la langue de Molière. Peut-être n'y a-t-il pas suffisamment de francophones à l'intérieur du parti, qui sait ?

La soirée a commencé sur le qui-vive avec une question portant sur l'intention des candidats à se présenter en tant que simple député, peu importe, le résultat de leur course à la chefferie. Curieusement, les quatre candidats ont fait la promesse solennelle d'être candidats dans leurs comtés respectifs. Lors des premières minutes, la possible future candidature de Brown, en tant que simple député, a fait surface. La plupart se sont dits ouverts à l'accueillir dans son équipe s'il dément les accusations à son égard.

Cette mise en phase de l'ancien chef nous démontre sans conteste que le passé politique ne s'efface pas de sitôt.

À n'en plus finir, les aspirants chefs ont mis l'accent sur l'enjeu fédéral de la taxe de carbone. Ceux-ci s'opposent sans réserve à une telle taxe en évoquant les pertes d'emplois engendrés par une telle mesure. Selon les candidats, la taxe sur le carbone n'aiderait pas à combattre les changements climatiques. Ce n'est également pas la façon pour l'État d'aller chercher et de mettre de la monnaie dans ses coffres. Si Trudeau parvient à implémenter une taxe de carbone, certains se sont dits ouverts à la contester devant les tribunaux.

D'autres enjeux ont été abordés dont la taxation, le système de santé, la hausse des frais d'électricités ainsi qu'une teinte du mouvement « Me too ». En ce sens, des méthodes additionnelles de taxation sont vues d'un mauvais œil par tous les candidats. Bref, on veut taxer les Ontariens le moins possible sous prétexte qu'ils le sont déjà assez. En ce qui a trait au système de santé, les conservateurs adressent des critiques semblables aux autres provinces canadiennes. En Ontario, le temps d'attente est de trop longue durée et le prix des médicaments provoque de graves mécontentements. Les candidats soulignent qu'il faut améliorer la situation présente sans avancer des mesures concrètes de l'avant.

Les aspirants chefs s'en sont donné à cœur joie sur le thème des frais d'électricités qui ont augmenté substantiellement sous Wynne.

Les aspirants chefs s'en sont donné à cœur joie sur le thème des frais d'électricités qui ont augmenté substantiellement sous Wynne. Madame Elliott s'est même dite prête à réduire les frais d'électricités de 12% pour les propriétaires de résidence. Une brève parenthèse sur le mouvement « Me too » était de mise où les différents candidats ont répété l'importance de dénoncer les actes sexuels qualifiés d'inappropriés et illégaux.

D'un point de vue global, ce fut un débat rempli de consensus où aucune occasion ne fut perdu pour détruire le bilan du gouvernement libéral. C'était en parlant du cas Brown que des flammèches se faisaient ressentir. La grande absente du débat demeure sans équivoque Caroline Mulroney qui est demeuré en vase clos des autres. Son temps de parole semblait à priori inférieur à ses collègues et lorsque cette dernière s'exprimait c'était avec hésitation. Il reste à voir qui aura fait le travail nécessaire pour succéder au controverser Patrick Brown.

Le nouveau chef du Parti conservateur sera connu le 10 mars soit un peu moins de trois mois avant les élections provinciales du 7 juin.