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04/03/2015 12:02 EST | Actualisé 03/05/2015 05:12 EDT

Enflure verbale et démocratie estudiantine: retour sur un climat de guerre tranquille à l'UQAM

Nous déplorons que La Presse amalgame notre conviction (clairement exprimée dans notre lettre) qu'une vie politique démocratique se doit parfois d'être mouvementée, avec la légitimation d'actes non documentés décrits en termes orientés comme «vandalisme» ou «saccage».

Ce texte est une lettre collective, dont la liste des signataires se trouve à la fin de l'article.

«Bien sûr, ce faisant, le danger qui guette le [vice-doyen], c'est, sans le vouloir, de ''faire de la politique''» - Jean-Guy Prévost, La dialectique du général et du particulier dans la statistique canadienne, 2007.

Suite à la publication dans La Presse de l'article «Climat de tension à l'UQAM» par les journalistes Sophie Allard et Louise Leduc, il nous semble nécessaire d'apporter quelques précisions et correctifs. En tant que rédacteurs du texte À l'UQAM, l'engagement politique étudiant ne cessera pas (publié sur le site du journal Union Libre), nous nous sommes sentis mal représentés par l'utilisation peu considérée de passages de notre lettre.

Nous déplorons que La Presse amalgame notre conviction (clairement exprimée dans notre lettre) qu'une vie politique démocratique se doit parfois d'être mouvementée, avec la légitimation d'actes non documentés décrits en termes orientés ("vandalisme", "saccage", etc). Si nous demandons qu'on cesse d'«aseptiser la spontanéité politique d'un corps étudiant qui se veut divers dans ses moyens d'action comme dans ses convictions», c'est que les sorties médiatiques récentes de professeurs et cadres de l'UQAM semblent viser à réduire au silence une communauté étudiante politisée lorsqu'elle critique l'abus de pouvoir dont elle est victime par les voix concertées de Marc Turgeon (vice-recteur à la vie universitaire) et Jean-Guy Prévost (vice-doyen aux études de la Faculté de science politique et de droit).

Nous dénonçons le fait que M. Prévost mette à profit le pouvoir lié à son statut pour diffuser son opinion personnelle par des canaux institutionnels et médiatiques qui, plutôt que d'inviter au dialogue, cristallisent les tensions. Le choix de défendre sa position sur les ondes d'une radio d'opinion, lors de l'émission d'Éric Duhaime et Nathalie Normandeau du 24 février, où sur RadioX par la suite, ne pouvait être considéré que comme un manque flagrant de diplomatie. Nous sommes persuadés, par ailleurs, que M. Prévost bénéficie de la lucidité nécessaire pour s'en apercevoir. Son choix semble réfléchi et trahit une volonté d'exacerber les tensions au sein d'un environnement universitaire qu'il sait propice à l'affrontement.

Cette stratégie malsaine qui vise à instrumentaliser les divisions au sein de la communauté uqamienne a également la fâcheuse conséquence de polariser ses membres à propos de sujets qui empêchent un front commun contre l'austérité. Austérité qui se traduit par des coupures budgétaires importantes, imposées par le gouvernement québécois, mais reçues avec servilité par l'administration de l'UQAM qui s'oriente sur cette voie depuis déjà plusieurs années en poursuivant la marchandisation de l'éducation.

Nous prenons acte et nous réjouissons de la volonté de dialogue de certains signataires de la lettre à l'origine de notre article. Nous regrettons toutefois la maladresse du moment et du média choisis pour diffuser les inquiétudes des enseignants en question.

En effet, les personnes ayant diffusé la lettre savaient certainement qu'une assemblée générale facultaire de grève se tenait le lendemain. Pour des individus qui se disent en faveur d'une grande transparence dans les procédés démocratiques universitaires, cette stratégie semble pour le moins contradictoire.

Ce texte est cosigné par: Laurent Alarie, étudiant à la maîtrise en science politique, UQAM; Déborah Andrades-Gingras, étudiante au baccalauréat en relations internationales et droit international, UQAM; Julie Beauchamp, étudiante à la maîtrise en science politique, UQAM; Andréanne Béliveau-Côté, étudiante à la maîtrise en science politique, UQAM; Louis-Simon Besner, étudiant au baccalauréat en droit, UQAM; Emilie Binette, étudiante au baccalauréat en relations internationales et droit international, UQAM; Camilo Céré Escribano, étudiant à la maîtrise en science politique, UQAM; René Delvaux, étudiant à la maîtrise en science politique, UQAM; Valérie Dubuc, étudiante à la maîtrise en science politique, UQAM; Mathieu Fraser Arcand, étudiant à la maîtrise en droit, UQAM; Delphine Gauthier Boiteau, étudiante au baccalauréat en droit, UQAM; Nichola Gendreau Richer, étudiant à la maîtrise en science politique, UQAM; Olivier Grondin, étudiant au baccalauréat en relations internationales et droit international, UQAM; Thomas Laberge, étudiant à la maîtrise en science politique, UQAM; Powen-Alexandre Morin, étudiant au baccalauréat en communication politique et société; Sonia Palato, étudiante à la maîtrise en science politique, UQAM; Benjamin Pillet, étudiant au doctorat en science politique, UQAM; Anne Plourde, étudiante au doctorat en science politique, UQAM; Fannie Poirier, étudiante au baccalauréat en science politique, UQAM; Sébastien Sinclair, étudiant à la maîtrise en science politique, UQAM; Claudie Thibaudeau, étudiante à la maîtrise en science politique, UQAM; Anne-Marie Veillette, étudiante à la maîtrise en science politique, UQAM; Antony Vigneault, étudiant à la maîtrise en science politique, UQAM; Cristina Yannoussis, étudiante à la maîtrise en science politique, UQAM

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