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11/01/2015 05:20 EST | Actualisé 13/03/2015 05:12 EDT

Gagez sur Boyhood!

Ça prit un peu de temps, mais il y a finalement un favori dans la course aux Oscars, Boyhood du réalisateur Richard Linklater, une chronique familiale filmée sur plusieurs années où les personnages vieillissent devant la caméra. Le film sorti à Sundance a remporté beaucoup de succès et va sûrement mettre la main sur l'Oscar du meilleur film dans quelques semaines.

Mais avant la grande soirée au Dolby Theater le 22 février prochain, vous pouvez aussi gager sur son succès dimanche lors des Golden Globes où il remportera sûrement le prix du meilleur film dans la catégorie drame. Il concourt contre Selma, Le jeu de l'imitation, La théorie de l'univers et Foxcatcher. Je vous le dis, l'affaire est déjà classée!

Son plus sérieux rival pour les Oscars, c'est Birdman du réalisateur mexicain Alejandro Gonzalez Iñárritu. Mais aux Golden Globes, les deux films sont séparés. Birdman qui met en scène un Michael Keaton délicieusement à côté de ses pompes concourt dans la catégorie comédie/musical où lui aussi a de bonnes chances de l'emporter même si Grand Budapest Hotel de Wes Anderson est le meilleur film de l'année.

Aux Globes, Boyhood et Birdman vont se croiser dans la catégorie du meilleur réalisateur où le duel risque d'être intéressant. La presse étrangère qui décerne les Golden Globes a toujours beaucoup aimé le Mexicain Iñárritu et lui avait remis le prix du meilleur film (drame) en 2007 avec Babel, une œuvre supérieure à Birdman, selon moi.

Aux Globes, Boyhood devrait aussi remporter le prix de la meilleure actrice de soutien, Patricia Arquette qui domine clairement sa catégorie cette année. Il pourrait aussi aller chercher le prix du meilleur scénario, encore là pour Richard Linklater.

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Et aux Oscars?

Mais c'est dans quelques semaines que les choses seront sérieuses. Boyhood devrait selon toutes vraisemblances entrer dans l'histoire et remporter le meilleur film aux Oscars. C'est un choix logique, et ce, pour plusieurs raisons.

Même si le film me paraît tiède et parfois schématique avec une foule de personnages secondaires mal dessinés (les chums à Patricia Arquette, un défilé de «loosers» en puissance...), Boyhood est surtout une grande réussite technique comme aiment les votants de l'Académie des Oscars.

Tourné sur 12 ans avec seulement 2,4 millions $, Linklater suit le destin d'un jeune homme, Mason, de six ans jusqu'à sa majorité. C'est donc tout à fait fascinant de voir le gamin devenir un adolescent, puis un jeune homme. Et c'est inédit dans l'histoire du cinéma.

Toutefois, si le procédé est formidable, le film est un peu ennuyant au final. On aurait aimé une chronique piquante sur les années 2000 (on est en pleine époque George W. Bush, après le 11-septembre). On cherche l'action, l'étincelle qui allumera l'histoire, mais en vain!

Cela dit, Boyhood est un film très américain, avec ses allées de bowling, ces âmes perdues au Texas ou en Alaska, ces balades en vieille Pontiac noire, ses repas de dinde au Thanksgiving, ses soldats de retour de l'Irak...

Sans meneur comme en 2010 où avait finalement émergé un petit film indépendant, le lancinant The Hurt Locker, cette année devrait couronner à nouveau une œuvre à petit budget. Ce qui est en soi une bonne nouvelle!

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