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25/12/2016 09:15 EST | Actualisé 25/12/2016 09:15 EST

Le Jésus blanc et le Jésus noir

S'il lit les évangiles au complet, le lecteur est décontenancé par les deux personnalités de Jésus. Un Jésus blanc qui prêche l'amour du prochain et le pardon aux ennemis, la paix et la douceur. Puis le Jésus noir qui prêche la guerre, la violence, la vengeance, qui ne pardonne pas à ses ennemis, qui justifie la torture, l'Inquisition et l'esclavage.

S'il lit les évangiles au complet, le lecteur est décontenancé par les deux personnalités de Jésus. Un Jésus blanc qui prêche l'amour du prochain et le pardon aux ennemis, la paix et la douceur. Puis le Jésus noir qui prêche la guerre, la violence, la vengeance, qui ne pardonne pas à ses ennemis, qui justifie la torture, l'Inquisition et l'esclavage.

Comment expliquer ces contradictions ? C'est que le Jésus historique était un petit prophète violent, fanatique, intolérant et ce Jésus est à la base des premiers textes évangéliques. Les évangélistes trouvaient tout à fait normal que Jésus soit un prophète violent comme tous les prophètes dans l'Ancien Testament. Probablement que pour rendre Jésus plus acceptable aux Grecs et aux Romains, Paul a construit le mythe d'un Jésus désincarné. Les évangélistes qui ont écrit après Paul ont ajouté le Jésus blanc pour les mêmes raisons. C'est pourquoi nous nous retrouvons avec deux versions de Jésus dans les évangiles.

Depuis des siècles, l'Église a prêché à ses fidèles le Jésus blanc pour s'assurer de leur soumission, mais elle a pratiqué le Jésus noir : Inquisition, tortures, esclavage, antisémitisme, guerres de religion, chasses aux sorcières, conversions par la force, etc. C'est pourquoi il est faux de dire que le christianisme doit revenir à ses sources parce qu'il reviendrait au Moyen Âge et à ses horreurs criminelles. L'Église a tellement bien réussi à implanter son Jésus blanc dans les esprits que même des athées aujourd'hui, sans croire en sa divinité, le considèrent comme un grand moraliste.

Or, justement, la lecture attentive des évangiles nous révèle que Jésus ne pratiquait pas la morale qu'il prêchait. On ne trouve pas dans ces textes un seul exemple où Jésus pardonne à ses ennemis, même pas sur la croix : il demande au Père de pardonner, mais lui il ne pardonne pas. Au contraire, il lance ses malédictions à sa génération, à trois villes, aux pharisiens, à Pierre et à Judas. Pire, il ne tend pas la joue lorsque le serviteur du grand prêtre lui donne une gifle.

Il prêche la guerre : « Je ne suis pas venu apporter la paix, mais la guerre. » Il prêche la vengeance : « Celui qui me reniera devant les hommes, je le renierai devant mon Père. » Il prêche l'intolérance : « Qui n'est pas avec moi est contre moi.  » Il est même violent en actes en chassant les vendeurs du Temple à coups de fouet. Il pratique l'esclavage envers ses apôtres : « jusqu'ici, je vous ai appelés serviteurs, maintenant je vous appelle amis.  » Il justifie la torture dans la parabole du Serviteur infidèle. Il fait des miracles maléfiques en causant la perte de 2 000 porcs et celle d'un figuier. En plus, il ne répare pas ses méfaits ce qui est un vol. Ses paraboles sont remplies de meurtres, d'esclaves, d'égorgements qu'il ne condamne pas.

Sa mère, ses frères et ses sœurs le recherchent parce qu'ils croient qu'il a perdu la raison. On le croirait à entendre certaines de ses paroles : «  Laissez les morts enterrer les morts » ; «  On enlèvera à celui qui n'a pas » ; « Je parle en paraboles pour qu'ils ne voient pas, n'entendent pas et en se convertissent pas. »

Jésus dit qu'il ne faut pas juger, mais il juge continuellement tout le monde : les scribes, les pharisiens, ses apôtres, sa génération. Il approuve la peine de mort à plusieurs reprises. Il ment au moins à 32 reprises. Il a surtout de la considération pour les grands criminels de la Bible : Moïse, Élie, Élisée, David et Salomon. Il est antijudaïste : «  Votre père est Satan.  » Les évangiles sont à la source de 2 000 ans d'antisémitisme sanglant et meurtrier. Il se montre xénophobe en traitant les Grecs et les Romains de païens.

Jésus détruit la famille : « Si vous voulez devenir mon disciple, il faut haïr ses parents, ses frères et sœurs, sa femme et ses enfants. » Il est misogyne : il ne choisit aucune femme comme apôtre, ne donne à aucune femme le pouvoir de prêcher et de faire des miracles, même pas à sa propre mère, mais il le fait pour Judas. Pourtant il se fait vivre par les femmes. Il ne condamne aucune coutume juive contre les femmes : pas d'instruction, mariages forcés, impureté de la femme, etc.

Jésus approuve l'Inquisition lorsqu'il dit qu'il faut couper et jeter au feu les sarments qui ne portent pas de fruits. Il n'est pas un bon pasteur puisqu'il ne va pas à la recherche de sa brebis perdue, Judas. Au contraire, il porte sur lui le pire jugement : «  Il eut mieux valu qu'il ne fût pas né. »

Bref, il faut lire mon livre Monsieur Jésus pour comprendre en profondeur que Jésus non seulement n'était pas Dieu, mais qu'il n'était qu'un petit prophète dont le seul mérite aurait été de libérer son peuple de la domination romaine, mais là encore il a échoué sur la croix.

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