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18/04/2019 10:45 EDT | Actualisé 19/04/2019 08:10 EDT

Autopartage: constructeurs et concessions automobiles ont un rôle à jouer

Considérant que la plupart des véhicules personnels demeurent inutilisés 95% du temps, le choix de l’autopartage représente une alternative judicieuse pour un certain segment de la population.

Mike Blake/Reuters
Beaucoup de constructeurs y voient non seulement un phénomène réel, mais également une occasion d’affaires suffisamment intéressante pour vouloir y jouer un rôle significatif.

Le phénomène de l'autopartage est relativement récent et pour l'instant plutôt marginal, du moins selon notre point de vue. Il demeure que ce type d'entreprise est sur le point de connaître un certain essor, notamment en milieu urbain. L'autopartage est effectivement appelé à jouer un rôle de plus en plus important dans l'écosystème de la mobilité urbaine au cours des prochaines années.

Ce service permet à plusieurs personnes qui n'ont pas de véhicule, par choix, par manque de moyens ou d'espace, d'avoir accès à des autos pour une période de quelques heures ou de quelques jours à un coût relativement faible.

Considérant que la plupart des véhicules personnels demeurent inutilisés 95% du temps, le choix de l'autopartage représente une alternative judicieuse pour un certain segment de la population dans le but d'effectuer des déplacements spécifiques.

Toutefois, nous ne pouvons dire de quelle façon ce phénomène va participer à modifier le comportement des consommateurs face à leur désir ou à la nécessité de posséder un véhicule personnel.

Cela dit, ce courant est assez important pour que certains manufacturiers automobiles y jouent un rôle de premier plan. Daimler (Mercedes-Benz) est propriétaire de Car2Go, Groupe PSA (Peugeot Citroën) a investi dans Communauto, tandis que Toyota a investi massivement dans Uber. Bref, beaucoup de constructeurs y voient non seulement un phénomène réel, mais également une occasion d'affaires suffisamment intéressante pour vouloir y jouer un rôle significatif.

Nul doute donc que l'autopartage joue un rôle important dans l'offre de mobilité urbaine, reste à savoir si ce service fait en sorte de seulement retarder l'acquisition d'un véhicule qui devient utile lorsque les besoins d'un utilisateur changent: famille, loisirs, lieu de résidence et autres motifs. D'un autre côté, peut-être s'installe-t-il comme mode de vie à long terme et met carrément un terme à la nécessité de posséder un véhicule pour certains individus. Chose certaine, la question mérite d'être posée!

Nous pensons que les deux hypothèses sont réelles et qu'à terme, l'autopartage aura un impact sur les ventes de véhicules personnels telles que nous les connaissons aujourd'hui.

Nous croyons cependant que certains manufacturiers et certains groupes de concessionnaires pourraient jouer un rôle beaucoup plus actif en matière d'autopartage auprès de leur clientèle actuelle et future, en leur proposant des options correspondant à leurs besoins, à leurs désirs et, surtout, à leurs moyens en matière de mobilité.

Nous avons vu récemment les balbutiements de cette nouvelle réalité avec la venue, entre autres, des abonnements qui permettent aux consommateurs de changer de véhicules tout au long de la durée de leur contrat. Ce phénomène est toutefois marginal et nous croyons qu'il ne correspond pas aux besoins réels des consommateurs qui cherchent à optimiser leur temps, leur budget et leurs déplacements.

Les manufacturiers et les concessionnaires doivent s'impliquer dans la recherche de solutions et d'offres concrètes et réalistes, le tout, dans un contexte où la propriété traditionnelle d'un véhicule personnel sera de plus en plus remise en question par des consommateurs constamment sollicités par des offres originales et innovatrices, comme le véhicule autonome.

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