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22/04/2016 10:46 EDT | Actualisé 23/04/2017 05:12 EDT

Orphelins politiques: plus de ce qui ne marche pas

Les Orphelins politiques de Paul Saint-Pierre Plamondon ne gagneront pas la palme de l'innovation avec cette proposition éculée, déjà mise en pratique par le PQ depuis près de vingt ans.

Mettre l'indépendantisme au rancart en pensant ainsi mieux concurrencer le Parti libéral : les Orphelins politiques de Paul Saint-Pierre Plamondon ne gagneront pas la palme de l'innovation avec cette proposition éculée, déjà mise en pratique par le PQ - puis par François Legault, dans un mode plus assumé - depuis près de vingt ans.

De Sortie de Secours, livre de Jean-François Lisée publié à la fin des années 1990, jusqu'à Paul Saint-Pierre Plamondon (PSPP), Stéphane Gobeil et Camil Bouchard, en passant par le chef de la CAQ et la quasi entièreté de l'establishment péquiste, le démissionnisme indépendantiste ne cesse jamais de se trouver de nouveaux visages. Chacun, bien sûr, y va de sa nuance de démission préférée : un peu plus à gauche, un peu plus à droite, plus à gauche que celui-ci mais moins que celui-là, dans la profession de foi souverainiste désespérée ou dans le repli nationaliste provincial total, etc.

Tous déplorent la «division du vote», mais tous réinventent sans cesse ce qui la voit prospérer.

Rêver et discuter d'indépendance empêche le règlement de problèmes plus urgents, disaient cette semaine certains Orphelins, reprenant de ce fait une vieille marotte libérale. À cet égard, Paul Saint-Pierre Plamondon dénonçait, mercredi à la radio montréalaise, l'«empressement» référendaire du Parti québécois. Bruit de salle qui croule de rire. Vous avez bien lu : le PQ est encore trop pressé pour PSPP.

Il faudrait quand même être sérieux et arrêter de dire n'importe quoi : depuis vingt ans, l'indépendance ne fait pas débat au Québec. On parle plutôt d'intendance provinciale, de finances publiques, d'infrastructures, du système de santé, d'accommodements raisonnables, de corruption, d'exploitation des hydrocarbures, de charte des valeurs, etc. C'est exclusivement sur des questions comme celles-là que les principaux partis politiques québécois font campagne. Tout au plus évoque-t-on parfois, du bout des lèvres et avec tous les atermoiements possibles et imaginables, un hypothétique référendum dans un horizon très lointain.

Un vrai changement, dans le contexte actuel, consisterait plutôt à mettre une proposition d'indépendance sur la table.

Entre temps, si la question nationale demeure certes un facteur de départage électoral important, ce n'est pas parce que les indépendantistes sont actifs, tant s'en faut, mais bien parce que le dentifrice de l'indépendance est sorti de son tube quelque part dans les années 1960, qu'on ne peut plus l'y remettre, et que par conséquent, tant que l'indépendance ne sera pas faite, le PLQ jouira pour l'avenir prévisible d'un vote inconditionnel et monolithique lui assurant un avantage concurrentiel important.

Disons-le franchement : tant que les sondages donneront des taux d'appui significatifs à l'indépendance, ou qu'une volonté d'affirmation nationale québécoise demeurera perceptible, certaines communautés voteront en bloc pour le Parti libéral, quand bien même celui-ci gagnerait le championnat mondial de la malversation compulsive.

Combattre le problème (le monopole électoral du PLQ) tout en refusant d'en combattre la cause (la non-souveraineté du Québec) est une idée toxique et défectueuse qui ne cesse de démontrer sa contre-productivité. Sortons-en au plus (sacre de votre choix).

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