Projet de loi 70

En matière de lutte à la pauvreté, le gouvernement du Québec actuel est un champion... du pire. Dans une société aussi riche que la nôtre, il est proprement scandaleux que plus d'un million de personnes vivent dans la pauvreté.
Nous devons dénoncer les sanctions, mais aussi la lâcheté et le mépris pour la démocratie dont le gouvernement a fait preuve dans la dernière année.
Ce n'est pas d'un beau forum ou d'un nouveau slogan que le Québec a besoin, mais d'une action globale et concertée pour combattre la pauvreté, réduire les inégalités et contrer les préjugés envers les plus pauvres.
François Blais refuse de divulguer les données qui pourraient aider à juger de la pertinence des mesures qu'il préconise pour les personnes assistées sociales. Cette rétention d'information semble s'inscrire dans un processus de désinformation.
Monsieur le ministre, lorsque les prestations d'aide sociale seront suffisantes pour couvrir les besoins de base des personnes, que les ressources pour l'aide à l'emploi seront suffisantes, que les écoles auront les moyens de faire une vraie lutte au décrochage scolaire, que l'alphabétisation sera une vraie priorité... nous pourrons discuter de sanctions financières.
La réciprocité en matière d'assistance sociale constitue aujourd'hui une norme internationale bien établie et que l'on retrouve tant dans des sociétés sociales-démocrates d'Europe du Nord que des sociétés moins interventionnistes sur le plan social. Cette pratique n'appartient donc en soi ni à la droite ni à la gauche.
Au Québec seulement 8 % des prestataires d'aide sociale acceptent de s'engager dans une démarche après avoir été contactés. Le site d'Emploi-Québec offre pourtant un nombre record d'emplois en ce moment.
Le ministre se doit de relire ce qu'il a lui-même écrit dans son livre Un revenu garanti pour tous.
Le ministre Blais, plutôt que de donner un coup de main aux personnes parmi les plus pauvres du Québec, préfère leur donner un coup de pied au derrière, renforçant au passage cet être fantasmé du «BS» assis sur son cul toute la journée.
Le gouvernement fait le choix d'une politique qui va creuser les écarts entre les personnes immigrantes et celles qui ne le sont pas. Du même coup, le gouvernement néglige d'implanter des mesures concrètes pour combattre la discrimination, le racisme mais aussi l'exploitation qui sont monnaie courante sur le marché de l'emploi.