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marie-claire girard

Comme premier spectacle de sa saison, c'est un curieux objet, cet Opening night que nous propose le théâtre de Quat'sous.
Il y a plusieurs bonnes idées dans la pièce de Roland Schimmelpfennig présentée sur la scène du Prospero, mais ces bonnes idées se perdent dans un salmigondis d'histoires parallèles et de pistes narratives qui ne mènent à rien.
Cinq beaux jeunes gens, une scène couverte de vêtements épars et un écran comme toile de fond. Un texte de Guillaume Corbeil d'une rare intelligence mis en scène par un Claude Poissant au sommet de sa forme qui a compris combien cette pièce est à la fois séduisante et pernicieuse. Cinq visages de Camille Brunelle,, c'est tout ce dont on a besoin.
Rouge est mis en scène de façon fort efficace par Serge Denoncourt. Dès le lever du rideau, on se retrouve à l'intérieur de l'atelier du peintre. Et tout y est, le désordre, les objets hétéroclites, les canevas, les pinceaux et les pots de peinture. Il n'y manque que l'odeur de la térébenthine.
La métaphore du compacteur est puissante dans As is (Tel quel) de Simon Boudreault, la mécanique sans appel qui broie les objets et qui s'établit en parallèle avec le lieu de travail de ces êtres poqués dont on suit avec ferveur les destins contrariés.
Le décor de L'architecture de la paix présentée à L'Espace Go est magnifique. Hélas, c'est à peu près le seul élément de ce spectacle qui m'a plu.
Il y a une gravité qui se dissimule sous le masque de la futilité dans cette pièce. À travers des rebondissements tous plus invraisemblables les uns que les autres, se fait jour une réflexion sur la place de cette technologie qui nous demande d'exister par et pour elle.
Je vous préviens tout de suite: vous allez assister à un morceau de bravoure en allant voir Tu te souviendras de moi : un très bon texte desservi par d'excellents comédiens au-dessus desquels plane Guy Nadon.
J'emprunte cette métaphore de la planète sans atmosphère à Donna Tartt dont je viens de terminer The Goldfinch . Elle s'applique très bien à cette création de Robert Lepage qui a voulu mettre en scène un univers à qui il manque le principal: une respiration.
On est d'accord que du théâtre, c'est d'abord un texte, une mise en scène et des comédiens. Lorsqu'il manque un de ces éléments, ça ne va pas bien. Lorsque deux sur trois se révèlent inadéquats, ça va mal. Et quand les trois manquent au rendez-vous, c'est la catastrophe. Et c'est hélas ce qui se produit avec L'esprit de famille