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journee de la femme

8 mars 2012, journĂ©e internationale des femmes. Six ans dĂ©jĂ  que vous ĂȘtes Ă  la tĂȘte de notre gouvernement fĂ©dĂ©ral. Six ans que je m'implique comme je le peux au sein du mouvement des femmes. J'aimerais faire le bilan de ces annĂ©es avec vous, monsieur Harper. Je ne voudrais pas faire preuve de flagornerie Ă  votre endroit, alors disons-le comme ce l'est, vous faites reculer les femmes. Vous m'Ă©puisez. Je suis un peu fatiguĂ©e.
La place des femmes en politique est l'un des sujets qui revient dans l'actualitĂ© au grĂ© des Ă©lections. Combien sont-elles? Que font-elles? Font-elles la politique diffĂ©remment des hommes? ReprĂ©sentent-elles vraiment les intĂ©rĂȘts des femmes? Autant de questions pertinentes qui nous font souvent oublier que le combat des femmes pour les droits politiques est une lutte inachevĂ©e et qu'il y a encore beaucoup de place pour elles dans ce monde, trop longtemps rĂ©servĂ© aux hommes.
Au Québec, sous les pressions féministe et syndicale, une loi pour assurer l'équité salariale a été adoptée unanimement par les député-es à l'Assemblée nationale en 1996; elle vise à favoriser une équité de rémunération entre femmes et hommes sur des postes équivalents. En 2006, seulement 50% des entreprises l'avaient appliquée, mais elles encourent de sévÚres amendes si elles ne le font pas en 2012.
Ma mĂšre a toujours aimĂ© les gĂ©raniums. Parce que toutes les femmes du monde, me rĂ©pĂšte-t-elle souvent, ont un gĂ©ranium Ă  la fenĂȘtre. Ou peut-ĂȘtre un laurier rose. Sauf peut-ĂȘtre dans les camps de rĂ©fugiĂ©s ou dans les rues de Homs, ce qui ne veut pas dire qu'elles n'en rĂȘvent pas. Ces fleurs sont des Ă©clats de vie, qui ne servent qu'Ă  accompagner le quotidien, Ă  embellir, Ă  adoucir. Peu d'enfants les remarquent, y accordent de l'importance, sauf pour s'en moquer peut-ĂȘtre, comme d'une autre lubie des mĂšres.
Quand seulement 50 membres sur 610 se prĂ©sentent Ă  l'assemblĂ©e gĂ©nĂ©rale annuelle, on est en droit de se demander qui la FĂ©dĂ©ration des femmes du QuĂ©bec reprĂ©sente-t-elle au juste. Pas moi, pas mes amies, et certainement pas mes filles. Pourtant, nous sommes toutes des fĂ©ministes dans l'Ăąme et dans l'action, mĂȘme si le mot est devenu ringard et gĂšle dans ma bouche. Surtout quand des extrĂ©mistes se l'approprient.
La sexualitĂ© -- ou dit plus crĂ»ment, l'idĂ©e d'avoir une vie sexuelle qui a de l'allure -- a Ă©tĂ© un combat extrĂȘmement important pour la vieille fĂ©ministe que je suis. L'orgasme a tout autant creusĂ© le fossĂ© entre ma gĂ©nĂ©ration et celle de ma mĂšre que le fait de garder son nom et travailler Ă  l'extĂ©rieur. Mais lĂ , y'en a marre.
Selon le raisonnement de Monsieur Limbaugh, si l'Ă©tudiante Sandra Fluke revendique le droit Ă  la contraception c'est parce qu'elle «est une salope qui prend part Ă  tellement d'activitĂ©s sexuelles qu'elle a besoin d'ĂȘtre payĂ©e pour les entreprendre». Pour jeter de l'huile sur le feu, dans son tourbillon d'insultes Ă©tirĂ© sur un total de trois jours, il a ajoutĂ© que si les Ă©tudiantes de l'UniversitĂ© Georgetown dĂ©siraient avoir un rĂ©gime d'assurance couvrant la pilule contraceptive, elles devraient au moins «filmer leurs exploits» pour que lui et tous les autres citoyens amĂ©ricains puissent au moins « en avoir pour leur argent».
La Journée internationale des femmes, le 8 mars, nous permettra de renouveler notre réflexion sur les progrÚs des luttes menées par les femmes d'ici et d'ailleurs. Elle ne fera pas oublier, malgré les avancées, la fragilité des droits acquis, particuliÚrement au chapitre du travail avec son lot d'emplois parmi les plus précaires. Pensons également à la violence envers les femmes, trop souvent banalisée et à ce constat désolant qu'elles sont les plus pauvres parmi les plus pauvres comme nous l'apprend la Fédération des femmes du Québec.