histoires de flic

Notre-Dame-de-Grâce, 1985. Nous sommes dans la période de Noël et comme je suis un des plus jeunes enquêteurs, je deviens le volontaire de soir, en fait presque de nuit. Un tas de paperasse m'entoure et c'est le bon temps de le mettre à jour.
Je venais d'être affecté au poste de police 25, celui du centre-ville. Je laissais à regret celui de Notre-Dame-de-Grâce, Nick, Marty et un tas d'amis. J'y laissais aussi mes ennemis, pas les bandits, pas les revendeurs, mais des officiers qui tentaient de me faire rentrer dans le rang.
Bang ! Encore une fois, un homme vient tout juste de se jeter sur le capot de notre voiture. C'est pas du nouveau, mais ça surprend toujours un peu. Mon partenaire, toujours aussi nerveux, fait presque une embardée sur le trottoir.
En cette nuit de vendredi, j'ai la chance de travailler avec le gentil géant Jean Guy B. Ce bonhomme toujours joyeux, toujours présent, prêt à aider et joueur de tours au surplus fait partie des vétérans qui nous enseignent les rudiments d'une vraie police de quartier.
J'aime pas ben ben stooler à la police, mais là, il faut que je le dise à quelqu'un. La dame nous parle de son voisin qui garde un enfant de deux ans, une petite fille. La petite ne cesse de pleurer et elle entend régulièrement le bonhomme crier et frapper l'enfant.
Déjà arrivé, Luc, mon partenaire de la soirée, a le nez rivé sur le livre de bord. Moi, c'est plutôt la liste des clubs à visiter qui me fait tiquer. Il faut dire que dans le secteur, ils ne manquent pas : nous visitons pas moins de douze établissements par soir et dans certains, il arrive que ça brasse.
1980. Je me suis trouvé un travail en or: le recensement de commerce, une job du tonnerre. De jour, en civil, pas de bagarres, pas de putes, pas d'ivrognes, la vraie vie quoi. Tout ce que j'ai à faire, c'est de me déplacer de commerce en commerce, vérifier le nom des personnes à appeler en cas d'urgence, parler de sécurité, vérifier les alarmes.