histoire de flic

Notre-Dame-de-Grâce, 1985. Nous sommes dans la période de Noël et comme je suis un des plus jeunes enquêteurs, je deviens le volontaire de soir, en fait presque de nuit. Un tas de paperasse m'entoure et c'est le bon temps de le mettre à jour.
Je venais d'être affecté au poste de police 25, celui du centre-ville. Je laissais à regret celui de Notre-Dame-de-Grâce, Nick, Marty et un tas d'amis. J'y laissais aussi mes ennemis, pas les bandits, pas les revendeurs, mais des officiers qui tentaient de me faire rentrer dans le rang.
Même à Noël, les cellules se remplissent, pas croyable. J'ai deux gars qui viennent de passer l'alcotest; je devrais dire, qui n'ont pas passé. J'ai Thérèse, qui vient d'écraser le nez d'un client et une petite de 16 ans en fugue.
Nous sommes en décembre 2007. Une femme agente d'immeuble est passée de l'autre côté du miroir. Elle a eu le malheur de goûter à la cocaïne.
Il y a quelques temps, Patrick Lagacé nous informait dans La Presse qu'il avait été intimidé par un policier de la SQ, qui voulait connaitre le nom d'une de ses sources. Cette façon de faire l'avait complètement surpris et décontenancé. Ceci m'a ramené directement en arrière, en 2005 pour être exact.
Bang ! Encore une fois, un homme vient tout juste de se jeter sur le capot de notre voiture. C'est pas du nouveau, mais ça surprend toujours un peu. Mon partenaire, toujours aussi nerveux, fait presque une embardée sur le trottoir.
En cette nuit de vendredi, j'ai la chance de travailler avec le gentil géant Jean Guy B. Ce bonhomme toujours joyeux, toujours présent, prêt à aider et joueur de tours au surplus fait partie des vétérans qui nous enseignent les rudiments d'une vraie police de quartier.
Nous sommes sur la rue Somerled, il est tôt le matin. Un bonhomme se cache dans des bosquets tout près d'une pharmacie. Il attend quelques instants et d'un seul coup, il passe à l'attaque. Ramassant une brique, il défonce la porte avant et court vers la caisse.
J'aime pas ben ben stooler à la police, mais là, il faut que je le dise à quelqu'un. La dame nous parle de son voisin qui garde un enfant de deux ans, une petite fille. La petite ne cesse de pleurer et elle entend régulièrement le bonhomme crier et frapper l'enfant.
Une jeune femme se promène dans le parc Jarry, elle sort de la piscine. Un homme noir dégageant une forte odeur d'urée s'approche d'elle et l'agrippe violemment. La jeune femme se débat, mais le violeur est décidé, il pousse sa victime dans les fourrés et l'agresse.