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Ce billet est d√©di√© √† toutes les personnes qui sont parties en √©change √©tudiant et pour qui, le cŇďur est rest√© accroch√© quelque part...√† l'autre bout du monde! Alors que le programme d'√©change √©tudiant europ√©en Erasmus c√©l√©brait vendredi dernier ses 25 ans d'existence, l'id√©e m'est venue de mettre sur papier quelques mots sur l'esprit de cette aventure estudiantine, qui pour certains, se veut la r√©v√©lation de leur √™tre, la red√©finition de leur personnalit√© ou encore, la d√©couverte d'une passion pour le monde.
Depuis plusieurs semaines, plusieurs associations étudiantes du Québec tentent de convaincre les Québécois de s'opposer à la hausse des frais de scolarité universitaire, appuyant leur position principalement sur l'argument que l'augmentation des frais de scolarité se ferait au détriment de l'accessibilité aux études supérieures, ce qui engendrerait des conséquences néfastes à long terme sur la croissance économique.
Je ne suis pas sp√©cialiste du droit du travail, je m'y connais mieux en histoire et en linguistique, mais j'en ai contre cet argument qui veut que les √©tudiants n'aient pas le droit de faire la gr√®ve, parce qu'ils ne sont pas des salari√©s. Pour appuyer ce genre de sophisme, j'ai m√™me lu que la gr√®ve est un droit inscrit au Code du travail, donc les √©tudiants n'√©tant pas salari√©s ou employ√©s d'un organisme qui reconna√ģt le droit de gr√®ve, leur gr√®ve n'en est pas une... Hol√†!
Le d√©bat fait actuellement rage au Qu√©bec sur la d√©cision du gouvernement Charest de proc√©der √† une hausse des frais de scolarit√© pour les √©tudiants universitaires et de rattraper, sur cinq ans, les retards enregistr√©s en mati√®re de financement. Bien peu de personnes proposent de solutions et l'on attend que les √©tudiants s'√©puisent dans la rue et retournent en classe. Pour plusieurs, ce sont des enfants g√Ęt√©s. Mais si nous prenions le temps de bien les √©couter, les points qu'ils soul√®vent m√©ritent notre attention.
Il y a de ces thèmes à la mode, ces thèmes utilisés à toutes les sauces et dont on aime bien se draper à l'occasion. Que ce soit dans un élan de populisme visant à s'attirer les faveurs de la population ou simplement pour se donner bonne conscience. Malheureusement, l'éducation fait figure dominante à ce chapitre depuis plusieurs mois déjà.
Le d√©bat actuel sur la hausse des frais de scolarit√© m'interpelle. L'√©ducation joue un r√īle important en mati√®re de culture, et de citoyennet√©, mais j'aborderai la question de la place de l'√©ducation dans l'√©conomie qu√©b√©coise. Je veux ici r√©pondre aux arguments strictement √©conomiques √©voqu√©s par plusieurs. Le Qu√©bec doit performer dans l'√©conomie du savoir. Pour cela, il doit offrir une formation de pointe dans un contexte favorable. Contrairement √† ce que certains all√®guent, ce ne sont pas seulement les √©tudiants qui profiteront d'une bonne formation, mais toute la soci√©t√© qu√©b√©coise. La prosp√©rit√© √©conomique du Qu√©bec en d√©pend.
Beaucoup a √©t√© dit dans le d√©bat sur l'augmentation des droits de scolarit√© universitaires. Et c'est tr√®s bien puisque l'ampleur que prend le d√©bat d√©montre son importance pour l'avenir de notre soci√©t√© qu√©b√©coise et son orientation pour les ann√©es futures. Il existe, √† travers le monde, deux mod√®les compl√®tement oppos√©s quant aux droits de scolarit√© universitaires. Il y a le mod√®le europ√©en de la gratuit√© (ou quasi-gratuit√©), et il y a le mod√®le anglo-saxon o√Ļ les droits sont de plus en plus √©lev√©s.
Nous appelons maintenant ¬ę√©ducation¬Ľ tout ce qui est du domaine de la ¬ęformation¬Ľ. La diff√©rence? √Čduquer, c'est pousser √† la r√©flexion, former l'esprit, faire des citoyens capables de critique sociale. Une soci√©t√© qui n'√©duque pas ses √©l√®ves, mais qui les forme pour le march√© du travail, c'est une soci√©t√© en d√©clin intellectuel. C'est une soci√©t√© qui se moque de ses citoyens en nommant un s√©nateur analphab√®te, qui demande aux pauvres de payer plus pour ses services tout en continuant de r√©duire les imp√īts pour les compagnies multimillionnaires.
√Čtant moi-m√™me √©tudiant en Grande-Bretagne, je peux avertir les f√©d√©rations √©tudiantes qu'elles utilisent l'exemple anglais sans s'apercevoir qu'il joue contre elles. En sus, et probablement par inadvertance, elles prennent l'exemple qui d√©montre le mieux la n√©cessit√© de d√©r√©glementer les frais de scolarit√© et non pas seulement de les augmenter.
Je ne sais pas ce qui me prend ce matin. Mais, je me lance tout de m√™me. Et, je le dis haut et fort : ¬ęJe suis en faveur de l'augmentation des frais de scolarit√©s¬Ľ. Oui, oui, vous avez bien lu. Je suis en faveur de l'augmentation des frais de scolarit√©. Mais, avant de recevoir les insultes, je d√©sire m'expliquer.