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criminalite

Le petit Markenzi Ă©tait chez lui paisiblement, lorsqu'il rĂ©alisa que son portable n'avait plus de batterie et qu'il avait oubliĂ© son chargeur chez un ami qui habite Ă  quelques pas. Il dĂ©cida donc d'aller le rĂ©cupĂ©rer. Il n'aura mĂȘme pas fait quelques pas avant d'ĂȘtre percutĂ© par la voiture d'Éric Richer qui ne prendra mĂȘme pas la peine de lui porter secours. Mais comment un homme qui prend la vie d'un adolescent innocent peut-il ĂȘtre relĂąchĂ© 48h aprĂšs avoir commis un crime si odieux suivi d'un dĂ©lit de fuite?
RĂ©pression policiĂšre, bavure policiĂšre, profilage racial, brutalitĂ© policiĂšre, conspiration du silence, omerta: dĂ©cidĂ©ment la litanie est longue, tout y passe lorsqu'il s'agit d'enquĂȘter de façon indĂ©pendante, sur les Ă©vĂ©nements Ă  l'issue desquels un civil est blessĂ© ou tuĂ©. La commission parlementaire qui entend toutes les parties intĂ©ressĂ©es par le projet de loi 46 du Ministre de la sĂ©curitĂ© publique n'a pas fini de nous en fournir la dĂ©monstration quasi empirique. On demande aux policiers de protĂ©ger, d'intervenir, mais de ne jamais faire d'omelette, mĂȘme s'ils marchent constamment sur des Ɠufs.
Souvenez-vous de cette Ă©poque oĂč un premier ministre canadien parlait de bĂątir une « sociĂ©tĂ© juste ». Rien de tel de la part de l'actuel gouvernement fĂ©dĂ©ral, obsĂ©dĂ© par la punition, le chĂątiment et la prison. Et lĂ  est le problĂšme. Cette approche ne fonctionne pas. Nous ne rĂ©duirons pas la criminalitĂ© sur le long terme simplement en mettant plus de gens, plus longtemps, en prison.
Vous avez sĂ»rement entendu ou lu les critiques de l'opposition concernant les peines minimales ainsi que celles touchant le projet de loi C-30, lequel vise Ă  adapter les pouvoirs d'enquĂȘte des services policiers en matiĂšre de cyber criminalitĂ©. Mon billet aujourd'hui n'a pas pour but de prendre position en faveur ou non de l'un ou l'autre de ces enjeux, mais plutĂŽt de mettre en Ă©vidence deux contradictions plutĂŽt gĂȘnantes pour l'opposition libĂ©rale.
L'attrait des peines minimales obligatoires est facile Ă  comprendre: elles sont prĂ©sentĂ©es comme des mesures sĂ©vĂšres qui dissuaderont les criminels et il semble contre-intuitif de penser diffĂ©remment. Pourtant, la recherche et la littĂ©rature en sciences sociales concluent essentiellement que les peines minimales obligatoires sont inefficaces, injustes et prĂ©judiciables, ne prĂ©viennent pas la criminalitĂ©, et crĂ©ent peut-ĂȘtre plus de problĂšmes qu'elles n'en rĂšglent.
Depuis le début de l'étude du projet de loi C-10, une chose m'a particuliÚrement frappé, soit le fait que plusieurs personnes se prononcent contre ce projet de loi sans véritablement le connaßtre. Plus souvent qu'autrement, on le critique sur la base de faits erronés. Les dispositions du projet de loi C-10, qui concernent la Loi sur la justice pénale pour adolescents, sont celles qui attisent tout particuliÚrement ces débats
Ce projet de loi omnibus est une question de principes et de prioritĂ©s. Il est au fond une question de valeurs. Si nous affectons des milliards de dollars Ă  la construction de prisons inutiles alors que la criminalitĂ© diminue et que nous mettons plus de gens en prison pendant plus longtemps, cet argent ne peut donc ĂȘtre utilisĂ© pour investir dans le programme de justice sociale, dans les garderies, dans les soins de santĂ©, dans la prĂ©vention de la criminalitĂ©, ni dans le logement des aĂźnĂ©s ou dans le logement social.