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26/08/2018 06:00 EDT | Actualisé 26/08/2018 06:00 EDT

«Sur le matelas»: osez jouer avec pas de casque!

Soyons honnêtes, il n'y a pas eu de véritables faux départs des quatre principales formations politiques au Jour J.

Presse canadienne
Allez les chefs et les candidats, faites-nous rêver!

Soyons honnêtes, il n'y a pas eu de véritables faux départs des quatre principales formations politiques au Jour J. Legault a ouvert sa campagne avec le couteau entre les dents. Le duo Lisée-Hivon a fait une liste d'épicerie. Massé a levé le poing en parlant du peuple. Et Couillard a souri, l'oeil rêveur, en nous rappelant les constats de la vérificatrice générale.

Baon...

Je ne sais pas si vous êtes comme moi, mais perso, j'aime qu'on me fasse rêver. Je suis comme ça. Quand je jouais au basket-ball, je rêvais d'aller aux Olympiques. Quand j'allais aux Nordiques, je rêvais de Coupe Stanley. Quand j'ai rencontré mon conjoint, je rêvais d'amour éternel. Est-ce que je croyais à la pensée magique? Pantoute. J'ai sué ma vie sous les paniers. J'ai «forcé du mental» avec Dale Hunter et les frères Stastny. Et j'aime toujours mon chum.

De toutes les époques, des femmes et des hommes ont rêvé d'un Québec meilleur. Plus fort, plus juste, plus sain. Plus libre. Un Québec fier, debout.

Donc, pas étonnant que ce trait de caractère fasse également partie de ma façon d'envisager la politique. Je ne suis pas la seule. De toutes les époques, des femmes et des hommes ont rêvé d'un Québec meilleur. Plus fort, plus juste, plus sain. Plus libre. Un Québec fier, debout. Ce n'est même pas une chasse-gardée des indépendantistes! Avez-vous déjà entendu un parti politique faire campagne sur un Québec plus faible, plus pauvre, isolé et pollué? Bien sûr que non.

Récemment, j'ai relu un article de Vincent Marissal, désormais candidat de QS. Sans être d'accord avec certaines de ses conclusions - principalement sur le redondant et faux constat voulant que les Québécois ne veulent pas entendre parler d'indépendance, on y reviendra - je me pose la même question qui tue que lui: les politiciens peuvent-ils encore être des vecteurs de rêve?

«C'est sans doute la première condition pour faire rêver en politique: avoir une vision, défendre des idéaux nobles et de grands principes qui dépassent largement les intérêts et les gains politiques à court terme. Au risque de se faire assassiner, emprisonner ou détester par une portion non négligeable de la population.»Vincent Marissal, 2015, La Presse

Faire rêver, inspirer, allumer, stimuler et appeler à l'action concrète. Rien à voir avec la courte vue, la politique à la petite semaine et la gestion économe d'idéaux. Rien à voir non plus avec les lunettes roses, le pelletage de nuages et la tromperie.

Alors au Jour 2 de la campagne 2018, qui vous fait rêver? Qui vous donne envie de vous dépasser, de donner le meilleur de vous-même? Que vous soyez indépendantiste ou pas, qui vous dessine un Québec pour lequel vous seriez prêt à suer et offrir votre 110%?

Pour le moment, perso, j'ai l'impression que chacun des partis m'offre un «p'tit kekechose» pour me séduire dans un avenir très très rapproché. Pas de grand projet de société. Des petites économies, un petit peu de temps, un petit bain de plus...

Quelque part, au Panthéon socio-politique du Québec, j'entends les Thérèse Casgrain, Jacques Parizeau, Madeleine Parent, Jean Lesage et René Lévesque soupirer en disant: «Nos bras meurtris vous tendent le flambeau, à vous toujours de le porter bien haut» .

Bref, allez les chefs et les candidats, faites-nous rêver! Osez jouer avec pas de casque!

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