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21/02/2018 09:00 EST | Actualisé 21/02/2018 10:18 EST

Les infirmières sont à bout de souffle

Depuis des années, vous nous avez abandonnés à notre sort et avez tout donné à vos collègues médecins.

Getty Images

Monsieur le Premier ministre, Dr Couillard,

Monsieur le ministre de la Santé, Dr Barrette,

Depuis trop longtemps, les infirmières* sont à bout de souffle. Vous ne pouvez plus faire comme si vous l'ignoriez, pourtant vous ne faites rien. Depuis trop longtemps, les infirmières ont accepté de «patcher» les trous de votre réforme. Pourquoi? Parce que quand on choisit de devenir infirmière (oui oui, j'ai bien dit choisi) on a en nous cette force tranquille qui pourrait déplacer des montagnes, mais on ne le fait pas parce qu'il faudrait pour cela abandonner derrière nous les plus faibles, c'est-à-dire les patients.

Depuis des années, vous nous avez abandonnés à notre sort et avez tout donné à vos collègues médecins. Parce que pour vous, nous sommes le maillon faible. Eh bien non. Au contraire... Nous sommes le maillon fort des hôpitaux, c'est nous qui sommes là 24/24, 7 jours sur 7.

1) nous sommes là pour consoler nos patients et leur famille quand vous leur annoncez que vous ne pouvez plus rien faire.

2) nous sommes vos yeux et vos oreilles quand vous n'êtes pas là parce que vous savez, cher Docteur, le cours d'infirmière ne se donne plus dans les hôpitaux depuis plus de 50 ans et on étudie à peine moins que vous maintenant

3) c'est souvent nous, avec notre «pif» de nurse ( parce que nous connaissons bien nos patients) qui vous demandons de venir revoir votre patient «parce que Docteur, j'ai comme un feeling...»

Il y a trois ans, on vous a presque cru quand vous avez dit, Monsieur le premier Ministre, que vous n'aviez plus d'argent pour la santé. Le public aussi vous a presque cru. Sauf que maintenant, on sait que plus de 20% de tous les budgets du Québec sont donnés aux médecins et que s'il y avait un «ministère de la médecine» ce serait le troisième plus gros poste budgétaire gouvernemental . Ne me dites pas, docteurs, que vous trouvez ça normal ou acceptable.

Nous, les infirmières, n'avons jamais réclamé de «prime de jaquette» (66$)

Nous n'avons jamais eu besoin d'une prime pour arriver à l'heure (105$). Au contraire, on arrive à l'avance pour relever nos dossiers et la plupart de nous ne réclamons même pas notre temps supplémentaire quand on termine plus tard.

J'ai une question pour vous, Dr Barrette, ministre de la Santé: votre 12 000$ de «rattrapage salarial» en avez-vous VRAIMENT besoin, vous et vos collègues?

La semaine passée, vous et le premier ministre aviez dit que c'était à nous, les infirmières de trouver des solutions pour abolir les TSO et ramener les ratios patients/infirmière plus sécuritaires.

Des solutions, j'en ai pour vous (et je n'aurais même pas besoin d'utiliser tout votre demi-milliard!).

Des solutions, j'en ai pour vous (et je n'aurais même pas besoin d'utiliser tout votre demi-milliard!).

PS Je vous invite tous les deux à venir passer un quart de travail avec moi ou une autre infirmière dans l'hôpital et le département de votre choix.

P. "Nos bras meurtris vous tendent le flambeau, aidez-nous (à continuer )à le porter bien haut"

* le terme infirmière englobe également les infirmiers

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