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24/04/2019 12:54 EDT | Actualisé 24/04/2019 12:59 EDT

Génocide en Arménie: le devoir de mémoire

Encore aujourd’hui, la haine et la peur de l’autre poussent des dirigeants à inciter des groupes à tuer, à violer et à massacrer.

ASSOCIATED PRESS
L'acteur américain George Clooney, d'origine arménienne, a assisté à une cérémonie commémorant les Arméniens tués par les Turcs ottomans à Erevan, en Arménie, en 2016. L'assassinat de plus de 200 intellectuels arméniens le 24 avril 1915 est considéré comme le début de la massacre, largement considéré par les historiens comme un génocide. Mais la Turquie moderne, le successeur de l'Empire ottoman, rejette avec véhémence cette accusation. Clooney a joué un rôle de premier plan en faveur des pays qui reconnaissent ces meurtres comme un génocide, ce que les États-Unis n’ont pas fait.

104 ans. Voilà le nombre d'années qui se sont écoulées depuis le génocide d'un million et demi d'Arméniens, perpétré par les Turcs ottomans. Malgré que ces derniers aient échoué leur projet d'annihilation et d'extinction des Arméniens, se souvenir de ces atrocités demeure un devoir de mémoire pour que l'humanité ne permette plus jamais de tels actes.

Depuis le début du XXe siècle, à maintes reprises, les mots «plus jamais» ont résonné aux quatre coins du monde. Holocauste. Cambodge. Rwanda. Srebrenica. Plus proche de nos jours, les crimes contre l'humanité au Darfour visaient également la destruction physique de groupes ethniques ciblés.

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Dans cette perspective, il est intéressant de se rappeler de la question posée par Adolf Hitler, en 1939, à ses généraux: «Qui se souvient aujourd'hui de l'extermination des Arméniens?», pour justifier sa décision d'extermination des Juifs d'Europe. Comme si la non-condamnation et l'impunité étaient des prétextes pour commettre l'irréparable...

Encore aujourd'hui, la haine et la peur de l'autre poussent des dirigeants à inciter des groupes à tuer, à violer et à massacrer.

Dans les actualités, nous nous désolons et nous nous sentons impuissants devant les images de corps mutilés de femmes yézidies ou d'autres actes barbares affligés à des populations (Syrie, Irak, Afghanistan, Yémen, etc.).

Pourtant, comme citoyens, nous possédons la plus puissante des condamnations, celle de la mémoire. En commémorant et en n'oubliant pas les atrocités du passé, nous envoyons un message collectif fort aux chefs d'État sanguinaires de ce monde et aux groupes extrémistes.

Tant qu'il le faudra, je me souviendrai du génocide de 1915, un crime contre l'humanité commis par les Turcs ottomans. Toute une région, soit l'Anatolie orientale, s'est vue dépouiller de sa population arménienne. Un patrimoine historique et une richesse culturelle ont été détruits.

Des femmes, hommes, vieillards et enfants ont été déracinés de leurs villes et villages ancestraux pour connaître les pires horreurs dont l'Homme est capable.

Par ces actes, le gouvernement de l'époque poursuivait un projet d'extermination de ses citoyens arméniens chrétiens. Par leur négation continuelle, les gouvernements de la République de la Turquie perpètrent le crime de leurs ancêtres.

Par ailleurs, je demande que des puissances internationales, comme les États-Unis et Israël, reconnaissent le génocide arménien et condamnent les crimes du gouvernement des Jeunes Turcs. Cela permettrait aux descendants des victimes d'avoir une petite lueur d'espoir et encouragerait le gouvernement turc à emboîter leur pas.

Que les mots «plus jamais» restent dans le passé. Une fois pour toutes!

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